septembre 28, 2020

Goat

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De : Andrew Neel

Avec Nick Jonas, Ben Schnetzer, Danny Flaherty, Jake Picking

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Se remettant d’une terrible agression, un jeune homme de 19 ans s’engage dans la confrérie de son frère afin de prouver sa virilité. Ce qu’il se passe là-bas, au nom de la « fraternité », met à l’épreuve les garçons et leurs relations de manière brutale.

Avis:

Inconnu chez nous, Andrew Neel n’est pas un débutant pour autant puisque cela fait maintenant sept ans qu’il a présenté son premier film  » New World Order« . Depuis ce premier sorti en 2009, le réalisateur a livré une comédie, « King Kelly« , et il nous revient cette année, ou peut-être l’année prochaine, avec « Goat« , qui est donc son troisième long métrage.

Présenté en compétition officielle, « Goat » est un film qui ne laissera personne de marbre, car son réalisateur a décidé de s’attaquer de plein fouet au bizutage dans les universités américaines. Un sujet fort qui aurait pu donner naissance à un bon film qui aurait poussé à la réflexion et peut être bien marqué les esprits. Mais malheureusement, « Goat » va marquer les esprits dans le mauvais sens, car si le réalisateur a très bien sur nous faire plonger avec révolte dans l’enfer des bizutages, la morale et le manque d’évolution de plusieurs des personnages sont tout simplement révoltants.

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Brad a passé un été difficile, car peu après le début des vacances, il a été la victime d’une violente agression. Ayant intégré une faculté à la rentrée scolaire, Brad espère trouver des frères sur qui compter, mais comme dans la plupart des facs, avant de trouver une maison et des frères en qui avoir confiance, il faut d’abord que Brad et d’autres passent la semaine de l’enfer…

« Goat« , surement à cause de son affiche, laissait penser à une comédie et quand on lit le synopsis du film, l’idée d’une petite comédie sur le bizutage est la bienvenue, mais c’est bien un tout autre film que l’on va trouver, car « Goat » est un drame et ça, dans tous les sens du terme. Et c’est bien dommage, car Andrew Neel, son réalisateur, tenait entre les mains un vrai sujet d’actualité qui aurait pu dénoncer de manière virulente ces bizutages de l’extrême qui se produisent tous les ans.

Ce qui est d’autant plus dommage avec « Goat« , c’est que le réalisateur est arrivé à filmer ces séances de bizutage de manière dramatiquement réaliste, sans tomber dans le déjà vu. Et encore, Andrew Neel se retient, comparé à ce qui peut se produire réellement dans les facs.

« Goat » est un film qui jouit d’une ouverture prenante. D’emblée, Andrew Neel nous prend en otage, mais une fois l’ouverture dépassée, « Goat » retombe et il va mettre du temps avant de redémarrer. Mais une fois arrivé dans le vif de son sujet, « Goat » est un film qui dérange et met mal à l’aise. Andrew Neel a fait le choix du réalisme et c’est en filmant ces bizutages au plus près qu’il nous les montre dans toutes leurs débilités et leurs cruautés. Rituel de passage obligé pour appartenir à un clan, Andrew Neel a très bien su cerner l’importance que ces rituels de passage peuvent avoir sur certains des élèves. Le réalisateur dresse bien le portrait de ces jeunes adultes en mal de sensations, et leur naïveté ferait presque sourire, si l’on n’en avait pas assez de ces longues scènes de torture visuelle et morale.

Dans sa mise en scène, Andrew Neel a fait le choix du crado, du glauque, de la souffrance et ça se sent à chaque instant ou presque. « Goat » est un film en souffrance qui peut mettre vos nerfs à fleur de peau, surtout que le réalisateur a fait le choix de l’étouffer, nous laissant, comme à ses personnages, peu de répit pour souffler.

Si l’ambiance recherchée est une totale réussite, qu’elle vous mette mal à l’aise ou non, « Goat » reste un film détestable pour son histoire et la morale qu’il véhicule. Aucun remord ne vient parcourir les personnages et au final, on n’a pas l’impression que ces derniers ont évolué, ne réagissant pas, pour la plupart, sur ce qu’il vient de se passer et c’est terriblement agaçant. Plusieurs des réactions des personnages n’ont aucun sens.

De plus, le film s’aventure sur une agression en son début et c’est de manière assez brouillonne et mal fichue qu’on y revient pendant le film. D’ailleurs, l’espace de quelques secondes, on est largué par ce qui se passe. C’est flou et quand on comprend la présence de cet élément pour le reste de l’intrigue, on n’est pas convaincu. On peut même dire que ça frôle le ridicule dans le message que véhicule le film et si on lit entre les lignes, l’information que le réalisateur laisse n’est pas possible. On ajoutera à cela, une réalisation à couper au couteau, qui certes, si elle a du caractère, joue beaucoup sur la carte du sensationnalisme et du démonstratif. Bref, « Goat » avait de bons éléments, mais la séance tourne au chemin de croix pour la finir.

Reste les deux acteurs principaux, Ben Schnetzer et Nick Jonas, qui malgré l’horreur de l’histoire, démontrent une bonne présence, particulièrement Ben Schnetzer, auquel on s’attache finalement. On pourrait même dire que si l’on a envie de finir le film, c’est avant tout grâce à eux. On a envie de savoir comment, ils vont bien pouvoir évoluer et s’en « sortir ».

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« Goat » est donc un bon sujet, passionnant, mais traité de manière aberrante. « Goat » est un film qui véhicule une morale des plus douteuses au final. C’est dommage, car Andrew Neel avait vraiment de très bonnes idées, un sujet en or au départ, et même si ça pouvait être dérangeant, il était intéressant à traiter.

Note : 05/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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