février 25, 2021

Skull

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Titre Original : Chromeskull : Laid to Rest 2

De: Robert Hall

Avec Thomas Dekker, Brian Austin Green, Nick Principe, Angelina Armani

Année: 2011

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Un sérial killer masqué et féru de technologie capture ses victimes pour leur faire subir les pires sévices. Il est prêt à tout pour imposer un nouveau mode de terreur et de destruction.

Avis:

La culture française semble être à part dans le monde du cinéma. Pas seulement dans la distribution de certains films qui laisse à désirer, la faute à une volonté toujours plus prégnante de faire du fric, mais aussi dans le fait de renommer des titres de films, induisant ainsi le spectateur en erreur. Le dernier en date prête à sourire quand Lights Out, un titre qui claque, devient Dans le Noir, faisant penser à une simple comptine pour enfants. Mais ce n’est pas tout, il est parfois de bon ton de renommer un titre anglais en un autre titre… en anglais! Pourquoi? Tout simplement dans cette volonté d’attirer le chaland pour faire plus d’argent ou alors pour se démarquer des autres pays. Bref, renommer un film, même si parfois cela a du bon, respire bien trop souvent l’opportunisme pour pleinement convaincre.

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Il faut maintenant rajouter à cela les films qui trompent le spectateur dans sa continuité dans une saga. Car il ne faut pas se fier à la jaquette de ce film, Skull est bel et bien le deuxième opus de la duologie (pour l’instant), Laid to Rest. Sauf qu’au lieu de dire que ce film est la suite directe du premier sorti deux ans plus tôt sous son titre original (pourquoi là on ne change pas l’intitulé du film?), les maisons de distribution ont préféré mettre en avant un titre qui claque plus, rappelant bien évidemment le masque du tueur, un crame en chrome. Du coup, il est difficile d’écrire une chronique pour celui qui n’a pas vu le premier, surtout dans un esprit comparatif, car on sait tous que les suites, en général, sont en deçà des aînés. Et si Skull se révèle plutôt sympathique dans sa générosité et son esthétisme gore, il n’en demeure pa moins un film vide de sens et d’histoire.

Il faut dire que le film débute là où le premier s’était arrêté, et qu’une organisation secrète va ressusciter le tueur pour poursuivre ses actions auprès d’une jeune fille. On ne sait pas ce qu’est cette organisation, on ne sait pas pourquoi elle fait cela et surtout, on ne connait pas les intentions du tueur. Et si son look est plutôt sympathique, empruntant au Hitman du jeu vidéo avec un visage défiguré, il n’en demeure pas moins que Chromeskull est un tueur décevant. Certes, il manie les couteaux avec aisance et il laisse peu de chances à ses victimes, allant à l’essentiel, mais il manque de consistance et de background. Et c’est certainement là-dessus que Skull perd des points, car il n’approfondit jamais ses personnages, que ce soit le tueur, où les membres de son organisation ou encore les victimes, hormis une jeune fille qui perd la vue à cause d’une maladie. Du coup, on se retrouve face à des personnages pour lesquels on ne ressent rien et c’est assez dommage, car c’est le point d’orgue du cinéma pour créer des émotions chez le spectateur.

C’est d’autant plus dommage que le film est très généreux en gore et en acteur habitué au cinéma de genre. Car si le film est vide de sens et de substance, il n’en demeure pas moins agréable à regarder, même si Robert Hall n’est pas un génie. Certains plans de travers sont plutôt bien trouvés et les passages caméra à l’épaule demeurent assez discrets mais finalement efficace dans le déroulement de l’enquête. Mais là où le film frappe très fort, c’est dans les meurtres et les mises à mort. Très violent dès le début, le film ne lésine pas sur les moyens et préfère les maquillages aux effets numériques, ce qui est un excellent choix. Ainsi, armé d’un couteau, le tueur va s’en donner à cœur joie et défourailler les entrailles de ses victimes. Mais pas seulement, puisque décapitation, éventration et tout le toutim seront de la partie dans un feu d’artifice de sang et de boyaux plutôt bien fichus. Bref, c’est gore et c’est bien fait. De plus, on aura plaisir à voir la charmante Danielle Harris, l’une de dernières jeunes scream queen, dans un rôle assez atypique pour elle, ainsi que Brian Austin Green (Beverly Hills et accessoirement mari de Megan Fox) qui incarne un tueur voulant prendre la place du Chromeskull.

Malheureusement, cette générosité ne sera pas suffisante pour masquer les faiblesses du scénario et les balises toutes tracées que suit Robert Hall. C’est bien simple, le film n sort jamais du carcan slasher et accumule toutes les tares de ce genre, à savoir une héroïne débile aux réactions idiotes, un jeune paumé qui devient le héros ou encore un tueur qui aime faire des carnages mais se retrouve dans des situations stupides à cause d’une lubie. Skull, sans ses apparences de film trash reste dans le carcan qu’on lui a imposé pour ne jamais sortir des rails, jusqu’à sa fin, attendue et sans surprise. Et là encore, c’est bien dommage car entre une bonne gestion de la mise en scène ainsi qu’un rythme savamment dosé, Skull aurait pu être un renouveau du genre au lieu d’un énième slasher avec de bons moments gores et violents. Et si on ressent dans les meurtres la violence d’un Halloween de John Carpenter, le film n’en aura jamais l’aura, la faute à un traitement basique et creux.

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Au final, Skull n’est pas une catastrophe, mais il peut mettre très en colère. D’une part parce qu’il faut savoir que c’est une suite portant un nom différent de son aîné et d’autre part parce que le film reste assez simpliste alors qu’il a un potentiel pour devenir une nouvelle référence du slasher movie. On ne peut que penser au désarroi de son réalisateur qui doit se mordre les lèvres en pensant qu’il est passé tout près d’un exploit mais que finalement, il retombe dans les méandres de ce qui se fait d’habitude dans ce genre. Un coup d’épée dans l’eau mais qui reste agréable grâce à son rythme et sa générosité gorasse dans les meurtres.

Note: 10/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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