avril 16, 2021

The Veil

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De: Phil Joanou

Avec Jessica Alba, Thomas Jane, Lily Rabe, Shannon Woodward

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

30 ans après le meurtre de toute sa famille, la seule rescapée, âgée de 5 ans à l’époque, retourne sur les lieux pour les besoins d’un documentaire. Elle y découvre une vérité bien plus terrifiante que ce qu’elle imaginait.

Avis:

Le film d’horreur semble être un genre privilégié pour relancer des carrières ou en débuter. Quand on jette un œil dans le rétroviseur, on se rend compte que de nombreuses stars ont commencé leur carrière dans le film d’épouvante, et bien souvent dans des films imbuvables. On retrouve donc Leonardo DiCaprio dans Critters 3, Jennifer Aniston dans Leprechaun ou encore George Clooney dans l’Attaque des Tomates Tueuses. Mais ce qui est vrai pour les acteurs est aussi vrai pour les cinéastes, le cinéma d’horreur étant un endroit de libre pensée avec peu de budget, mais des innovations plein la tête. The Veil, qui a connu une sortie directement en vidéo chez nous, est symptomatique de deux choses dans le cinéma d’épouvante. Tout d’abord il va mettre en avant deux types d’actrices, l’une qui souhaite relancer sa carrière après une maternité et l’autre qui souhaite la lancer après une paire de saisons dans American Horror Story, mais aussi un réalisateur sur l’oubli qui trouve là de quoi payer ses factures. On pourrait alors croire que le résultat serait très décevant et pourtant The Veil surprend par des choix scénaristiques intéressants, bien loin des films fadasses que l’on se compte à longueur de semaines, mais qui pêche par une structure narrative déjà vue et un final incompréhensible.

Veil, The

Le film se concentre sur une secte qui aurait réellement existé dans les années 80 aux Etats-Unis. Il y a un suicide de masse et une seule survivante. Quelques années plus tard, une équipe de télé souhaite faire un reportage sur le lieu et amène avec elle l’unique survivante qui a bien grandi depuis. On est typiquement dans le genre de film qui veut faire du survival surnaturel. Un genre pas si commun même si les lieux que l’on va visiter seront d’une banalité affligeante. Des bois, des maisons dégueulasses, une ambiance délétère et froide, bref, tous les clichés sont réunis pour ne pas perdre le spectateur avide de films d’horreur basiques. Et on ne peut pas reprocher à Phil Joanou d’essayer de faire quelque chose de plutôt classique, arpentant doucement le chemin de l’esprit démoniaque pour mieux brouiller les pistes. Cependant, il faudrait expliquer la nécessité de coller un filtre gris au film, lui donnant une teinte trop sombre et rendant quelques passages absolument illisibles, comma la fouille de la maison abandonnée. Certes cela permet d’assombrir l’image afin de rendre le tout assez glauque, mais au final, cela fait plus mal aux yeux qu’autre chose.

Le principe de l’histoire se calque un peu sur The Sacrament de Ti West, avec un prédicateur fou et une secte qui le suit. Sauf qu’ici, le cinéaste préfère s’attarder sur des évènements surnaturels, prouvant que l’on peut changer de corps et donc avoir une vie éternelle. On découvre cela dans le film au travers des vidéos que l’équipe trouve sur les lieux. On se retrouve alors dans une sorte de Sinister pour adulte avec des vidéos qui ont plus une valeur didactique que réellement effrayante. Et c’est bien là tout le problème du film, qui vise une mise en abîme qui ne sert finalement pas à grand-chose et qui ralentit le rythme du film. Pour corser tout ça, le réalisateur est donc obligé de mettre en place des jump scare, souvent téléphonés, qui entachent quelque peu l’ambiance voulue. En fait, on retombe très rapidement sur des bases connues alors que le film aurait pu être beaucoup plus intéressant

Le problème vient aussi des personnages, qui sont soit transparents, soit monolithiques. C’est bien simple, tout tourne autour de trois personnages clés, les autres ne seront finalement que de la chair à canon. Et ces trois protagonistes, on les repère rapidement puisqu’il s’agit des trois stars du métrage. Ainsi, Thomas Jane est le gourou de la secte, le fou furieux qui mène des expériences pour faire perdurer la vie. Tout le temps en surjeu, l’acteur n’arrive pas à trouver le juste milieu pour incarner un meneur d’hommes charismatique. Sorte de sous Johnny Depp version rock star, il peine à convaincre. Jessica Alba, quant à elle, est à la recherche d’une nouvelle gloire loin de ses rôles de potiche. Malheureusement, la belle ne trouvera pas de rédemption dans ce film puisqu’elle est monolithique, ne laissant passer aucune émotion. Enfin, Lily Rabe tente une carrière au cinéma après ses rôles dans American Horror Story. C’est peut-être celle qui se donne le plus de mal dans le métrage, mais force est de constater que son personnage est mal écrit et qu’elle ne peut rien y faire, on ne l’aimera pas et on se méfiera constamment d’elle.

Alors oui, le film aurait pu être un peu mieux s’il avait abordé le penchant destructeur de la secte, en parlant de la folie de Dieu et de jouer à Dieu, mais Phil Joanou préfère largement se reposer sur ses lauriers pour livrer un film simple dans sa démarche mais alambiqué sur son fond d’histoire qui ne laisse aucune place au doute sur son final. Et c’est assez dérangeant car même si le film est loin des standards du genre ou du happy end, on restera perplexe sur le message livré et surtout sur les raisons des faits. Car le final est non seulement incompréhensible, mais en plus de cela, il n’apporte qu’une vague réponse sur cette histoire de secte et de résurrection.

Veil, The

Au final, The Veil n’est pas un film inintéressant, mais il possède énormément de défauts pour pleinement convaincre. Assez lent dans son déroulement et bouffant à tous les genres pour essayer de brouiller les pistes, le film demeure classique dans ses effets de peur. Seul son thème sera assez accrocheur, avec cette secte énigmatique, et son ambiance assez délétère saura mettre mal à l’aise le spectateur. Il est juste dommage que certains partis pris n’aillent pas jusqu’au bout et que le film ressemble à un pot-pourri d’autres métrages horrifiques, entre The Sacrament et Sinister.

Note : 09/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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