octobre 30, 2020

House of Good & Evil

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De : David Mun

Avec Rae Olivier, Christian Oliver, Marietta Marich, Jordan Rhodes

Année : 2013

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Après une tragédie familiale, Chris et Maggie Conley, dans un ultime effort pour sauver leur mariage, achètent une maison isolée dans les bois. Ils découvrent rapidement que cet endroit est hanté par un mal profond.

Avis :

Le film d’horreur a souvent tendance à tourner en rond, la faute à des effets de peur éculés et utilisés à chaque fois à mauvais escient. Il faut dire que bien souvent, les producteurs et réalisateurs misent tout sur des jump scares afin de profiter d’un sursaut du jeune néophyte pour assurer un certain éveil, mais à chaque fois ces effets ne font pas avancer l’histoire. Et faire des « bouh ! » à tout bout de champ ne marche pas tout le temps et ralentit même l’histoire. Il faut vraiment arrêter de voir le cinéma d’horreur comme une attraction et non plus comme un art inventif. Les films d’épouvante misant sur l’ambiance sont de plus en plus rares car ils font de moins en moins d’entrées, ne promettant au jeune adolescent le rollercoaster émotionnel promis, même s’il y a une histoire intéressante à l’intérieur. Alors pour découvrir des films d’horreur mettant en avant une ambiance particulière, il faut se jeter sur le marché du DTV et on trouve parfois des pépites, comme The House of the Devil de Ti West, film très lent, mais avec une ambiance pesante et effrayante. House of Good and Evil essaye de surfer sur ce thème, imposant une maison fatiguée et un drame familial, mais n’arrive jamais à prendre le spectateur, la faute à des relations incohérentes durant tout le métrage.

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Quand un film d’horreur dépasse l’heure trente, il faut qu’il ait un scénario solide et des personnages en béton, sous peine de rapidement perdre son spectateur. Non seulement parce qu’il est difficile de tenir plus d’une heure sur seulement des effets de peur éculés, mais aussi parce que le film d’horreur est porté par l’empathie que l’on ressent au niveau des personnages. Et s’ils sont ratés, alors c’est la catastrophe. Ce qui est clairement le cas du film de David Mun, puisque les relations qu’entretient le couple sont totalement hors de propos. Certes, on fait face à un couple à l’amour ravageur, avec un mari qui a tendance à tâter l’alcool et qui n’hésite pas à frapper sa femme. Seulement, les réactions de la demoiselle sont totalement déplacées, car une fois qu’elle pète un plomb ou se prend une rouste, elle revient vers son homme plus amoureuse que jamais. Les dialogues sont de grand n’importe quoi, accumulant toutes les tares des disputes familiales, réduisant finalement leur relation à un imbroglio pénible et sans aucun intérêt.

D’autant plus que les acteurs sont en perpétuel surjeu, n’arrangeant en rien leur cas. Car finalement House of Good and Evil est plus un drame sur fond d’horreur que l’inverse et c’est certainement pour cela que ça ne marche pas, en plus de errances scénaristiques. Dans le même registre, mais en très réussi, Blood Island propose un vrai fond sur la place de la femme en Corée du Sud, or, ici, il n’y a aucune réflexion et même le twist final n’apportera aucune réflexion. L’ambiance du film n’aide pas non plus à l’efficacité du produit. Se déroulant dans une vieille bâtisse ou dans les bois environnants, le film ne possède aucune identité propre et la majorité de l’action se passe de jour, n’arrivant jamais à susciter l’angoisse ou  à partager celle de l’héroïne. Il en résulte donc un film vide de sens mais aussi vide de tout substrat, n’arrivant même pas à fournir une ambiance digne de ce nom. Et cela malgré une mise en scène correct qui sent plus le pognon qu’une production Full Moon par exemple.

Enfin, il est difficile d’identifier dans quelle voie veut se diriger le réalisateur. Le film débute comme un film de fantôme avec une maison que l’on suppose hantée avec une pièce mystérieuse fermée à clef. Puis le film dérive vers le home invasion avec des voisins étranges lorsque la jeune femme se retrouve toute seule. Sans oublier que le scénariste amène aussi son film dans une dimension plus délétère lorsque la nana se trimballe seule dans la forêt pour chercher du réseau. On aborde aussi le terrain de la folie avec cette femme qui est tout le temps seul et qui n’a ni télé, ni téléphone, ni voiture, et la fin s’oriente vers un mélange de survival et rape and revenge. Bref, ça bouffe à tous les râteliers sans jamais aller à fond dans les différents styles et le film a plus tendance à perdre le spectateur qu’à l’accrocher sur ce mélange indigeste et mal géré.

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Au final, House of Good and Evil est une véritable catastrophe qui trompe le spectateur sous ses aspects de film bien monté et bien filmé. Sans être non plus un exemple de mise en scène, le film a suffisamment de budget (ou le cinéaste de talent) pour fournir une image belle et quelques plans intéressants. D’autant plus qu’il n’y a pas top d’effets spéciaux numériques, ce qui permet au film de noyer le poisson. Mais ne nous y trompons pas, ce film d’horreur ne vaut pas tripette, la faute à un scénario indigeste et à des personnages antipathiques au possible. Bref, un mauvais film, qui laisse le spectateur perplexe sur ses intentions et sur son twist final qui balaie d’une main tout ce que l’on vient de voir.

Note : 02/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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