octobre 27, 2020

Gingerdead Man

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Titre Original : The Gingerdead Man

De : Charles Band

Avec Gary Busey, Robin Sydney, Ryan Locke, Larry Cedar

Année: 2006

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Responsable du massacre de la famille Leigh, le psychopathe Millard Findlemeyer est condamné à la chaise électrique. Assoiffée de vengeance, sa mère jure de se débarrasser de Sarah, la seule survivante de la tuerie, en lui envoyant une pâte à gâteau maléfique concoctée à partir des cendres de son défunt petit ! En l’utilisant pour une de ses recettes, Sarah ignore qu’un bonhomme en pain d’épice possédé par l’âme de l’ex-tueur s’apprête à sortir du four, bien décidé à finir le sale boulot…

Avis:

Charles Band est certainement un génie incompris du septième art. Créateur de la boîte de production Full Moon, il participe grandement à l’élaboration de films d’horreur à petit budget, mais dont certains ont fait leur petit bonhomme de chemin à l’image de Blood Dolls par exemple. Malheureusement pour ce réalisateur, il s’avère que les trois quarts des films qu’il produit ou réalise sont médiocres pour ne pas dire imbuvables. Entre The Creeps qui réduit au nanisme les grandes figures de l’horreur comme Dracula ou encore Petrified et sa momie extraterrestre, on ne peut pas dire que qualitativement, Charles Band participe au renouveau du cinéma de genre. Cependant, difficile de ne pas voir une démarche honnête dans un univers de requins où tout a tendance à se ressembler de nos jours.

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Nanti d’une imagination fertile sans limites, Charles Band décide un beau jour d’agrandir le panthéon des tueurs en série fantastique en tentant d’imposer une nouvelle figure cynique, le petit bonhomme de pain d’épice. Mix improbable entre la taille de Chucky et l’humour de Freddy Krueger, Gingerdead Man tente tant bien que mal de se faire une place dans le cinéma horrifique. Mais on sait tous qu’il faut un minimum de savoir-faire et de budget pour imposer une nouvelle figure horrifique et ce n’est pas avec ce personnage que Charles Band va entrer dans le hall of fame des réalisateurs ayant mis en place une figure majeure de l’industrie du cinéma d’épouvante.

Le pitch de base est hautement improbable. Un tueur en série, dont la mère est une sorcière, passe à la chaise électrique après avoir tué une partie de la famille Leigh, des boulangers sans histoire. Sauf qu’une fois mort, sa mère récupère ses cendres et les mélange à une pâte de pain d’épice qu’elle envoie à la boulangerie. Il en résulte un petit bonhomme démoniaque qui ne souhaite qu’une chose, se venger. C’est alors que l’on se dit que l’on va avoir droit à un massacre en bonne règle, surtout que le film remplit correctement son cahier des charges en matière de chair à canon. Les clichés s’accumulent, les personnages inutiles se multiplient dans l’introduction afin de donner du grain à moudre au tueur. Malheureusement, ce sera la douche froide au niveau des meurtres et du gore, car hormis deux scènes légèrement gores, il n’y aura pa grand-chose à se mettre sous la dent, hormis un jeu du chat et de la souris dans une boulangerie étrangement gigantesque.

Le problème avec ce film, hormis son scénario improbable mais finalement sujet à diverses moqueries, c’est sa mise en scène et son aspect technique. Le film a été tourné en 2006 et pourtant il semble accumuler plus de dix ans de retard dans sa qualité. L’image est médiocre, le son est horrible et surtout, la mise en scène est pataude et ne recèle aucune véritable idée. C’est un peu la tristesse quand on voit que le film n’a pas d’ambition, hormis présenter un personnage de pain d’épice grossièrement animé. Mais il faut reconnaître que Charles Band fait quelques choix judicieux, en évitant soigneusement les effets numériques, préférant les maquettes et autres marionnettes pour rendre quelque chose de plus vrai et de plus honnête. On est très loin de l’arrivisme des productions Asylum. L’autre gros souci vient de la technique du film. A un moment donné, le méchant coupe l’électricité et normalement, la boulangerie doit être dans le noir total. Sauf que des lampes éclairent tout le bâtiment et que l’on y voit en plein jour. Cela montre vraiment l’aspect fauché du film et annihile tout effet de peur.

Cependant, tout n’est pas à jeter dans Gingerdead Man. Si certains le considère comme l’une des pires choses qui soit arrivée au cinéma, il ne faut pas oublier que Charles Band a réussi à faire une franchise de quatre films avec ce personnage. Cela n’est pas dû au hasard, mais certainement à l’aspect comique du tueur et à certains passages complètement « what the fuck ». Ainsi, le film possède beaucoup d’humour et il s’avère relativement drôle par moments. On pourrait presque considérer ce film comme un nanar, un mauvais film sympathique avec sa galerie de personnages en totale roue libre. On retrouvera la jeune héroïne qui se révèle, le mec loubard qui se range et devient un héros, la méchante nana qui ne pense qu’à son physique ou encore le concurrent qui ne pense qu’à la tune. Il faut rajouter à cela des passages incohérents, notamment dans les déplacements du bonhomme de pain d’épices, qui peut se trouver à quasiment deux endroits opposés en quelques secondes. Mais cela permet au film d’être sympathiquement mauvais et d’éviter de justesse la case du navet, le film imbuvable par excellence.

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Au final, Gingerdead Man est le premier film d’une licence qui ne volera jamais bien haut, mais qui s’avère drôle par son mauvais goût totalement assumé. Accumulant les tares comme des personnages inexistants, des dialogues inintéressants et des effets visuels souvent éculés, le film se permet tout et n’importe quoi, surtout dans sa fin complètement irréelle, mais l’ensemble se révèle être sympathiquement mauvais, offrant finalement un divertissement honnête et marrant. Et il ne faut pas en attendre plus. Charles Band ne ment pas sur sa marchandise et c’est bien là l’essentiel.

Note: 08/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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