octobre 29, 2020

Congo Requiem – Jean-Christophe Grangé

I-Grande-63425-congo-requiem.net

Auteur : Jean-Christophe Grangé

Editeur : Albin Michel

Genre : Thriller

Résumé :

On ne choisit pas sa famille mais le diable a choisi son clan.

Alors que Grégoire et Erwan traquent la vérité jusqu’à Lontano, au cœur des ténèbres africaines, Loïc et Gaëlle affrontent un nouveau tueur à Florence et à Paris.

Sans le savoir, ils ont tous rendez-vous avec le même ennemi. L’Homme-Clou.

Chez les Morvan, tous les chemins mènent en enfer.

Avis :

Si Kaïken était un roman médiocre, Lontano se révélait à peine meilleur. Long à démarrer, intrigue confuse, personnages agaçants, simplicité stylistique et autres maladresses incompréhensibles (surtout venant de la part d’un auteur comme Jean-Christophe Grangé). On en ressortait déçu par une lecture des plus laborieuses. Après cette déconvenue, il paraissait indispensable d’avoir une suite tant le final laissait la porte ouverte à bien des interrogations. Fort heureusement, il aura fallu moins d’un an pour pouvoir s’y pencher. Ce second volet s’avère-t-il aussi moyen que son aîné ou procure-t-il une impression différente ?

Tout d’abord, il est inutile de tenter l’aventure si l’on ne connaît pas Lontano. L’intrigue s’inscrit dans sa continuité à tel point que de nombreux éléments risquent de vous échapper en cours de route. D’ailleurs, il est même conseillé de lire les deux tomes d’un seul trait pour en saisir tous les tenants et les subtilités qui en découlent. Outre les événements qui ont eu lieu précédemment, c’est également l’occasion de poursuivre l’évolution des protagonistes. Cela étant dit, on oublie les atermoiements du premier volet pour s’immerger au cœur de l’action, en l’occurrence en République démocratique du Congo. On a donc l’impression d’avoir eu entre les mains une histoire scindée en deux plutôt qu’à une véritable suite.

De plus, la structure se montre plus subtile et inattendue dans sa construction. Si la trame conserve la forme d’une enquête classique, ce n’est qu’en apparence. Le cadre dépaysant intervient en début de parcours, procurant une atmosphère autrement plus saisissante à apprécier que les ruelles sordides d’une capitale au centre de toutes les attentions. Si les descriptions apportent un véritable intérêt pour accrocher le lecteur, on regrettera des écueils assez bancals, concernant la population locale. Là où on aurait eu des portraits individuels sous des latitudes plus exotiques, ici, l’auteur résume les autochtones sous le sobriquet bien pratique « les Noirs ». Un raccourci facile et réducteur auquel s’ajoutent des accents grossiers à couper au couteau.

En plus de la famille Morvan qui poursuit ses frasques en solo ou en duo, c’est donc un panel de personnages fort en gueule qui marque les pages. On a beau assumer pleinement le statut de caricatures ou de clichés, certains protagonistes sont consternants de simplicité. Les seigneurs de guerre avec des noms à coucher dehors (« Esprit des morts »), des mafieux Italiens tout droit sortis d’un mauvais polar, le Canadien employé à l’ONU et son langage perclus de termes argotiques propres à son pays… Chaque intervenant fait son office, mais s’efface bien vite. De fait, la caractérisation en dents de scie se montre inégale et bien maladroite au regard de ce qui se fait sous la plume d’autres auteurs.

Le contexte, lui, se sert de toutes les armes (au sens littéral, comme au figuré) pour asseoir l’intrigue sous des conflits interethniques assez violents. Cette approche réaliste dynamise la progression en ajoutant des interventions extérieures (ou secondaires). Certes, quelques ficelles demeurent faciles, mais l’ensemble se tient avec des révélations éparses qui entretiennent à minima le suspense. Le dernier quart du roman replonge à pieds joints dans des terres plus connues avec le retour d’Erwan en France. Procédures judiciaires propres aux boulots de flics, nouveaux rebondissements dans l’affaire de l’homme-clou et conflits familiaux ressurgissent sans ternir le bon a priori qu’on se fait de l’histoire.

Au final, Congo Requiem parvient à nous offrir ce que Lontano se contentait de promettre. En regard de ce sursaut d’orgueil, le précédent opus fait office d’un prologue interminable dont on se serait bien passé. Malheureusement, il faut le connaître pour comprendre le présent ouvrage dans ce qu’il évoque et ce qu’il implique à moyen terme. Débarrassée des présentations d’une introduction laborieuse, l’intrigue se montre autrement plus travaillée et dynamique que celle de Lontano. Point de temps mort, ambiance soignée, intrigue davantage percutante… On déplore néanmoins des personnages surfaits dont les traits sont grossis par des clichés qui confèrent parfois au pathétique, voire même à la parodie de bas étage. Il demeure pourtant un roman prenant et intéressant à plus d’un titre qui ravive l’attrait qu’on éprouve en évoquant l’œuvre de Grangé. L’auteur ne nous avait plus habitués à ça depuis Le passager.

Note : 14/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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