novembre 30, 2020

Piers Anthony – Xanth 1 Lunes pour Caméléon

xanth tome 1

Résumé :

Xanth est un pays merveilleux : chacun de ses habitants est doué d’un pouvoir magique. Il y a bien quelques inégalités. Certains peuvent invoquer des tempêtes, d’autres faire apparaître des taches de peinture sur les murs… Quant à Bink, il ne semble posséder aucun pouvoir, ce qui lui vaudra d’être exilé chez les simples mortels, en Vulgaria, le jour de ses vingt-cinq ans. Adieu pays merveilleux et belle fiancée. Son dernier espoir, trouver le magicien Humphrey qui devrait l’aider à mettre en lumière la nature de son don. Et c’est parti pour une suite de péripéties dans un monde foisonnant de créatures imprévisibles, de magiciens revanchards, avec l’aide de Caméléon, fille à l’humeur plus que changeante. Premier tome d’une série qui a dépassé les trente volumes, le cycle de Xanth est une saga pleine d’humour, de calembours et de rebondissements.

Avis :

La littérature fantastique possède une foultitude de genres et de sous-genres, surtout depuis la prolifération de certains titres et la démocratisation de ce grand domaine. Je ne dirais pas en détail l’amour que j’éprouve pour ce genre mais il me semble essentiel de voir ce genre littéraire comme un vrai courant littéraire, tant il foisonne de talents et surtout d’idées reprises par le cinéma. Entre la science-fiction, la bit-lit, la dark fantasy, les sous-genres se multiplient et commencent à avoir des livres de référence. La light fantasy est un petit sous-genre de la fantasy dans le sens où elle reprend les éléments essentiels de ce genre comme les centaures, la magie, les elfes, les combats, les quêtes épiques, mais en y ajoutant tout de même un élément nouveau qui est l’humour et une certaine légèreté dans le ton. Dans ce domaine, il y a un patron, c’est Piers Anthony, l’auteur de la saga Xanth qui dépasse maintenant les trente tomes. Mais que vaut le premier tome qui a lancé la saga ? Chaussez vos lunettes et vos bottes, parce que l’on part en territoire inconnu.

L’histoire de ce premier tome est très simple et pose des bases singulières qui serviront surement pour la suite des livres. On va donc suivre un jeune héros qui se nomme Bink. On apprend qu’il vit à Xanth, territoire immense où la magie habite tous les éléments, de la plus petite pierre, au plus grand des dragons. Seulement, il arrive que certaines personnes n’ont pas de pouvoir, ou tout du moins, que ce pouvoir ne se déclenche pas. C’est un peu le cas de Bink, qui ne peut pas faire rougir les tomates et qui ne peut pas se rendre invisible par exemple. Il décide alors de se rendre chez le bon magicien Humpfrey, qui a le pouvoir de trouver les pouvoirs en dormance. Un long périple se prépare alors pour Bink. Voilà, le début du livre, qui laisse présager le meilleur. Mais malheureusement, le livre va tomber dans un travers qui va le rendre très pénible à lire. On a l’impression que ce voyage dure des plombes tellement c’est mou et pas forcément drôle. D’ailleurs, le livre va ne faire que raconter des voyages au travers de Xanth, le voyage aller, puis le retour, ensuite, un départ avec un autre retour. C’est assez frustrant et n’importe qui peut écrire cela. Alors c’est vrai que cela pose les bases de la faune et flore local et que certains passages montre des personnages qui pourront être importants par la suite, mais l’enjeu même du livre n’est pas très important et ne m’a pas emporté. D’autant plus que les personnages n’ont pas l’air hyper travaillé. Bink semble intelligent mais n’adhère pas la sympathie du lecteur de part son côté à la fois bon et pervers mais aussi parfois stupide. Ensuite, le personnage de Caméléon reste agréable et surement plus travaillé que le héros lui-même ! Quant à Trent, comme on peut s’en douter, il demeure le personnage énigmatique qui est mauvais au départ, puis qui devient très bon par la suite. Tout cela semble bien superficiel et j’ai vraiment eu du mal à rentrer dans ce livre, tant les éléments sont trop fantastiques et tant les rapports au cul sont nombreux. Et puis toutes les créatures y passent, que ce soit la centauresse, la caméléon ou encore la sorcière qui maîtrise les illusions.

Le style de Piers Anthony reste assez lourd et rend la lecture assez pénible. Les jeux de mots, tout du moins en français, ne sont pas drôles et posent un réel problème de compréhension par moment. Ne prenant pas le temps de tout expliquer car son univers est bien trop vaste, il utilise des termes sans en expliquer davantage et on se retrouve devant une énigme. C’est frustrant et assez maladroit de sa part. Mais ce n’est pas la seule chose qui m’a chagriné, car le livre demeure inefficace par des choix de narration un peu trop linéaires et surtout un univers qui semble dépasser totalement son créateur. Les scènes inutiles se succèdent, les réflexions du héros sont souvent stériles et inintéressantes, et cela pose un véritable problème pour le lecteur qui ne peut pas s’identifier à Bink et qui ne peut pas se passionner pour ce qu’il lit. Le rapport au sexe est perpétuel, avec la sorcière qui veut baiser, Bink qui se raccroche aux nibards de la centauresse, Caméléon qui montre facilement son cul suivant sa transformation, bref, beaucoup de prétexte pour parler de sexe. Il y a aussi une chose qui m’a choqué, c’est la seule réflexion vulgaire qui apparait dans le livre, vers la fin alors que tout du long, l’écrivain s’est retenu en mettant trois petits points. Il faudrait m’expliquer cet élan de vulgarité. Les différentes créatures rencontrées sont plutôt sympathiques, mais l’ensemble du monde forme une espèce de méli-mélo informe et bordélique qui m’a laissé perplexe.

Au final, Xanth Lunes pour Caméléon est assez décevant. Voulant faire un univers vaste et totalement magique, l’écrivain semble dépassé par ce qu’il écrit et se permet des moments d’égarement qui rendent la lecture assez pénible. Long, prévisible, annonçant des suites en pagaille, le livre ne m’a pas convaincu et surtout ne m’a pas fait rire. Je pense vers une longue pause avant de lire la suite. Mais pour finir sur une note positive, le rapport en la Vulgarie (notre monde) et celui de Xanth, caché par la magie reste une idée très exploitable.

Note : 08/20

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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