octobre 26, 2020

Patrick

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De : Mark Hartley

Avec Charles Dance, Sharni Vinson, Rachel Griffiths, Jackson Gallagher

Année : 2014

Pays : Australie

Genre : Horreur

Résumé :

Quelques années après avoir assassiné sa mère et son amant, Patrick végète dans un état comateux permanent. Hospitalisé dans la chambre 15 d’une clinique psychiatrique isolée au milieu de nulle part, il sert de cobaye à l’étrange docteur Roget, pour ses expériences tout aussi étranges sur la vie et la mort. Lorsque Kathy, l’infirmière engagée par la clinique pour s’occuper de Patrick, réalise que le meurtrier dans le coma peut néanmoins communiquer, elle découvre qu’il peut lui parler en transférant ses pensées sur un ordinateur…

Avis :

Les remakes, ça ne date pas d’hier et dès les années 50/60, certains réalisateurs ont voulu faire leur version d’un film déjà sorti dans les années 30. D’ailleurs, il arrive que certains films échappent totalement à leur statut de remake, tant il y a une différence entre le film d’origine et le remake. A titre d’exemple, peu de personnes savent que The Thing de John Carpenter est un remake car il efface complètement son inspiration à travers un film parfait. Cependant, et c’est maintenant une nouvelle norme, le remake a mauvaise réputation. Il a mauvaise réputation à cause des différentes sorties de mauvaise qualité qui ne rendent pas hommage à leurs aînés et qui dénaturent un matériau de base déjà puissant. On pourrait en citer des tonnes comme Total Recall, Evil Dead, S.O.S. Fantômes ou encore Point Break, mais c’est devenu une telle évidence aujourd’hui que rien que le fait d’évoquer un remake provoque une levée de boucliers chez les cinéphiles.

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Les américains sont bien évidemment les plus prolifiques en domaine de remake/reboot, mais l’Australie n’est pas en reste, surtout quand il faut s’inspirer de films d’horreur des années 70. Car après Long Weekend de Jamie Blanks qui reprend le film de Colin Eggleston, c’est au tour de Patrick, œuvre devenue culte de Richard Franklin, de passer par la case remake et DTV en France. Un Direct to Video totalement justifié quand on voit la qualité du produit, mais aussi et surtout quand on voit l’aspect opportuniste de l’œuvre, qui oublie tout ce qui fait le charme des films d’épouvante des années 70.

Il faut dire que le film ne bénéficie pas de la patine des années qui ont fait les beaux jours des films d’épouvante, mais en plus de cela, il ne possède pas une mise en scène efficace, la faute, dès le départ, à des effets spéciaux numériques absolument horribles. Même pour faire un plan d’une voiture vue du ciel, le réalisateur a eu recours à des effets spéciaux affreux, qui montre le faible budget du métrage. Cependant, quand on a un budget famélique, il faut faire avec et ne pas se lancer dans des séquences qui se veulent impressionnantes. A titre d’exemple, la fin est calamiteuse dans sa volonté de faire voler des objets dans tous les sens et cela sent l’amateurisme à plein nez. Il faut dire que le réalisateur manque de métier et n’arrive pas à proposer une mise en scène intéressante.

La seule chose qui fonctionne à peu près dans ce film, c’est l’ambiance presque gothique dans laquelle baigne le métrage. On pourrait presque se croire dans un film de la Hammer, puisque Patrick réunit tous les ingrédients de ce style, avec un hôpital délabré et inquiétant, de la brume tout autour et une mer sauvage qui frappe les côtes avec rage. Les teintes grises qui sont prépondérantes dans le film servent aussi cette ambiance assez délétère et qui aurait été parfaite pour un film de fantôme, ce que n’est pas Patrick. Et c’est bien là tout le problème du métrage qui s’égare complètement dans les différents sous styles du cinéma d’épouvante, pour finalement ne fournir que le cas d’un psychopathe dans un état végétatif.

Le but de Patrick, c’était de fournir une grande empathie entre une infirmière et un patient supposé mort, mais qui tombe amoureux d’elle. Très clairement, et c’est marqué sur la tagline sur film, il faut plus craindre l’amour de Patrick que sa folie et malheureusement, on ne ressentira ni l’un, ni l’autre. Les sentiments sont complètement absents de ce métrage qui essaye de façon maladroite d’entamer des relations amoureuses sans jamais y parvenir. L’héroïne essaye de se remettre d’une rupture, tombe sur un médecin charmant, mais Patrick l’intrigue vraiment. De ce quatuor de personnages, personne n’en ressort vraiment, chaque personnage étant trop peu travaillé et chaque acteur étant aussi vide qu’une huître. C’est tout le problème du métrage qui reste lisse, dans toutes les relations et qui ne suscite finalement aucun intérêt. Même l’aspect gore des meurtres laisse de marbre, la faute à un traitement attendu et classique, n’apportant même pas un peu de plaisir dans le visionnage de ce film, qui s’avère aussi plat que la ligne de vie de Patrick. Et ne parlons pas des jump scare inutiles et éculés.

Même les acteurs, constamment en surjeu ou en roue libre, n’arrivent pas à susciter le moindre intérêt. Charles Dance, pourtant si bon dans Game of Thrones, est détestable ici et essaye tout le temps de paraître très méchant, forçant un trait qui n’avait pas besoin de l’être. Sharni Vinson essaye de tout faire pour susciter de l’inquiétude, mais on n’aura finalement rien à foutre de son destin, puisque la jeune femme ne semble pas si sympathique que cela, étant même prête à mettre sa main sur la bite d’un patient pour voir s’il réagit. Pour le reste du casting, c’est la douche froide, tout comme l’acteur jouant Patrick, qui demeure aussi inquiétant qu’un nourrisson dans son couffin à l’abri d’un parc clôturé.

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Au final, Patrick version 2014 est une belle déception et un mauvais film d’horreur. Essayant de changer la donne avec l’original en puisant dans les nouvelles technologies et la possibilité de dialoguer via des ordinateurs ou des téléphones, le film se fourvoie dans un manque d’émotion et n’arrive jamais à susciter de l’empathie pour ses personnages, la faute à un traitement basique et à un triangle amoureux qui ne tient pas la route. Bref, encore une fois, un remake qui n’est pas du tout à la hauteur de l’original et qui demeure même ennuyeux à plus d’un titre en tant que simple film.

Note : 05/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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