février 25, 2021

Sharknado 2: The Second One

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De : Anthony C. Ferrante

Avec Ian Ziering, Tara Reid, Vivica A. Fox, Mark McGrath

Année: 2014

Pays: Etats-Unis

Genre: Nanar

Résumé:

L’invasion des requins continue et frappe New York après un dérèglement climatique.

Avis:

Il parait que lorsque l’on se délecte de mauvais films, que l’on sait mauvais par avance, est une preuve d’intelligence. C’est d’ailleurs pour cela que Sharknado constitue une curiosité pour bon nombre de cinéphiles qui se posent la question de l’existence d’un tel produit qui confine l’humanité à un résidu de capote usagé, c’est-à-dire avec le cerveau aussi mou qu’un gastéropode sans coquille. Cependant, si un tel film existe, c’est qu’il y a une demande et que le cinéma n’est pas qu’une question d’art dramatique ou d’humour à connotations sociétales, mais aussi un divertissement, un moyen d’échapper au quotidien et de se payer un rêve sur grand écran. Studio de production qui s’est fait une spécialité dans la daube et le numérique dégueulasse, The Asylum a réussi un coup de poker en proposant des films de requins qui frôlent bien souvent le n’importe quoi. Et après l’attaque du requin à deux têtes, le requin fantôme qui se faufile dans les éviers ou encore les requins d’avalanche, le studio frappe un grand coup avec Sharknado, des requins pris dans une tornade et qui vont tomber sur la ville de Los Angeles.

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Fort du succès du premier film, succès sûrement dû à la nouveauté du concept et à son pitch complètement ahurissant, le studio ne s’est pas posé longtemps la question d’une suite, remettant en avant les mêmes personnages mais dans une ville différente. Le public étant un être stupide avare de requins, il ne fallait pas trop pousser le concept trop loin et on place un dérèglement climatique pour remettre le couvert sur New York cette fois-ci. Dès le départ, le film sent l’arnaque avec un passage dans un avion qui est vraiment stupide. Non seulement l’attaque de requins arrive rapidement, mais surtout, on se retrouve avec un surfer qui arrive à poser un Boeing sans dommage. Certes, nous sommes face à un nanar qui se veut débile du début jusqu’à la fin, mais le problème vient réellement de situations qui sont de plus en plus ubuesques et qui ne collent pas avec l’idée que l’on se fait du nanar.

En effet, premièrement le film sent l’opportunisme à plein et en profite un maximum pour mettre en avant des images numériques volontairement dégueulasses afin de rendre le film encore plus mauvais. Ce parti pris aurait pu s’applaudir si ce n’est que le public sait que le studio put faire mieux, à l’image de certains nippons, comme Battelfield Baseball, qui préfèrent afficher des effets spéciaux old school pour plus de crédibilité. Clairement, avec Sharknado, on baigne dans le mauvais goût et le cynisme. Un cynisme qui se ressent dans chaque scène et dans chaque situation avec des punchlines débiles qui annoncent une volonté de réduire tout le monde à un être stupide et incapable de la moindre réflexion. L’exemple le plus flagrant est celui du chauffeur de bus qui veut devenir acteur mais qui se fait écraser par un panneau d’Hollywood. Là aussi, le film renvoie une image négative de l’industrie du cinéma plus mainstream que celui de chez Asylum et c’est légèrement mal placé quand on voit la qualité des films produits par le studio.

Ce cynisme se trouve même dans les personnages et les acteurs qui ont de suite compris qu’ils étaient dans une daube infâme. Ian Ziering en tête qui voit là l’opportunité de renouer avec le succès après sa disparition des écrans. La star de Beverly Hills en fait des caisses et prend vraiment son rôle au sérieux, n’apportant aucune nuance à son personnage et frôlant tout le temps la surenchère d’héroïsme, même dans les moments complètement débiles, comme lorsqu’il scie en deux un grand requin blanc. Il n’a clairement pas la stature d’un Bruce Campbell qui arrive à être attachant tout en étant dans un cynisme perpétuel avec son personnage de Ash. Mais ce n’est pas le seul puisque Tara Reid essaye d’être crédible en femme forte mais ne sera que l’ombre d’elle-même, avec un visage aviné au possible et une fatigue bien visible. Enfin, tous les seconds rôles ne sont là que pour cachetonner, à l’image de Vivica A. Fox qui fait une traversée du désert ou encore l’acteur qui joue le père de Jeff Goldblum dans les Independance Day et qui fait constamment des vannes stupides. Bref, tout ce joli sait sciemment ce qu’il fait et c’est moche. C’est moche pour le public, qui ne peut voir cela que comme un gros doigt d’honneur fait à leur passion, la faute à des acteurs qui font cela que pour relancer leur carrière personnelle.

Enfin, mais ça, ce n’est pas une nouveauté, la réalisation est une horreur sur tous les plans. Accumulant les effets d’accélération pour masquer un manque évident de talent, prônant sans gêne les ellipses temporelles et assumant pleinement son mauvais goût, la mise en scène est d’une laideur insoutenable et les effets spéciaux ne sont pas là pour arranger les choses. La fin demeure un grand moment de n’importe quoi, qui aurait pu passer si tout le film était sur ce ton et si Ian Ziering apportait un peu plus d’humour à son rôle de super-héros débile.

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Au final, Sharknado 2 The Second One est un film insoutenable de par sa prétention à vouloir à tout prix être un nanar. Pas drôle pour deux sous, le film peut même se targuer de rater le coche du mauvais film involontairement drôle pour devenir un mauvais film tout court. Doté d’effets spéciaux numériques horribles, d’un cynisme frôlant l’insulte au téléspectateur et d’acteurs qui ne sont là que pour cachetonner ou relancer une hypothétique carrière, Sharknado 2 est certainement ce qui se fait de pire dans le cinéma, un métrage opportuniste, abêtissant et sans aucune saveur.

Note : 00/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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