octobre 26, 2020

Prisonnières de la Vallée des Dinosaures

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Titre Original : Nudo e Selvaggio

De : Michele Massimo Tarantini

Avec Michael Sopkiw, Suzane Carvalho, Milton Morris, Marta Anderson

Année : 1985

Pays : Italie

Genre : Horreur, Aventure

Résumé :

Un avion s’écrase en pleine jungle amazonienne. Les survivants vont devoir combattre cannibales, marchands d’esclaves, animaux sauvages et piranhas pour s’en sortir.

Avis :

« Prisonnières de la vallée des dinosaures » de Michael E. Lemick ou « Massacres dans la vallée des dinosaures » de Michele Massimo Tarantini ou encore « Cannibal Ferox 2 » du même Lemick, sont en réalité le même film, tout dépend de l’édition dans laquelle vous allez le trouver. Michele Massimo Tarantini utilise le pseudonyme de Michael E. Lemick sur plusieurs films. L’information est plutôt bonne à savoir, comme ça, ça évite de prendre trois fois le même film.

Une fois cette information passée, nous pouvons revenir à ces « Prisonnières de la vallée des dinosaures » et à son réalisateur Michele Massimo Tarantini qui est un réalisateur italien spécialisé dans le nanar érotique parsemé de comédie. S’il s’est bien essayé à d’autres genres comme le film policier ou encore le film « cannibale » avec ces « Prisonnières de la vallée des dinosaures« , c’est bien dans la comédie érotique que le réalisateur se sent le mieux et va bâtir sa carrière.

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Prisonnières de la Vallée des Dinosaures est un nanar rare, grotesque et absurde de bout en bout. L’histoire que nous raconte Michele Massimo Tarantini ne tient pas la route une seule demi-seconde et c’est avec un plaisir immensément coupable qu’on va aller jusqu’au bout de cet improbable film qui multiplie les rebondissements tous plus « surprenants » les uns que les autres.

Un avion de touriste emmené par un professeur d’université de renom s’écrase dans une vallée interdite. Cette vallée porte le doux nom de la vallée des dinosaures et elle est peuplée par des tribus indiennes cannibales. Les survivants vont alors devoir traverser cette vallée afin de se rendre au fleuve le plus proche sans se faire repérer des Indiens qui, s’ils découvraient leur présence, se régaleraient de leur chair.

« Prisonnières de la vallée des dinosaures« , c’est un survival perdu dans la jungle. C’est un film en deux temps. Après une ouverture assez lamentable, sans parler de nanar, il va falloir attendre que le réalisateur mette ses pièces en place et enfin embarquer tous ses personnages dans l’avion et c’est à ce moment-là, une fois dans l’avion, qu’on va vraiment pouvoir commencer à s’amuser.

Trouvant un prétexte ridicule et incompréhensible pour crasher son avion et enfin libérer ses personnages dans la vallée des dinosaures, le film de Michele Massimo Tarantini est un véritable plaisir coupable qui n’a ni queue ni tête. Le scénario est quasi inexistant et sombre très vite, pour nombre plus grand plaisir, dans le ridicule. Ce qui est génial avec ce film, c’est l’impression que le réalisateur nous a sorti tout ce qu’il a en stock pour son film. Ainsi, alors qu’on s’attend à trouver un vulgaire et mauvais film sur le cannibalisme, Michele Massimo Tarantini va aller bien plus loin dans son aventure. Au programme de la petite heure trente que dure le film, des cannibales bien sûr, mais aussi de faux sables mouvants, des crocodiles, des attaques de piranhas qui n’attaquent qu’une seule personne (ils sont sélectifs…), des sangsues et des trafiquants d’émeraudes dont on ne saisira pas bien les motivations. Le tout donne donc un parcours assez génial à suivre et comme il est convenu, chaque obstacle ou presque verra mourir l’un des membres du groupe.

À cette avalanche d’aventures improbables, on ajoutera les traditionnels plans nichons, culottes, on aura même le droit à la fameuse scène lesbienne, que bien entendu personne ne justifie.

Pour notre plus grand plaisir là aussi, le film sera parcouru de dialogues magiques, invraisemblables, qui parfois n’auront strictement aucun sens dans l’intrigue. C’est un pur plaisir à écouter. Le réalisateur, qui est aussi le scénariste de son film, nous réserve des dialogues savoureux, balancés par des comédiens au sommet de leur art. De plus, de manière magnifique, le réalisateur nous a réuni tous les stéréotypes possibles comme personnage. L’apprenti archéologue beau gosse et tombeur avec de faux air de Terrence Hill qui cherche des os de dinosaures qui datent de plus de deux millions d’années (pas avant, ça ne l’intéresse pas…), la grosse brute qui n’a rien dans la tête, ancien mercenaire, dont on ne comprend pas ce qu’il fait ici, la jolie fille à papa toute innocente qui se confronte à la perverse en demande de cul, qui de plus, essaie de ressembler à une Marilyn Monroe vulgaire, le professeur passionnant et passionné qui ne fera pas long feu, et enfin, le méchant tout sourire glaçant de sortie. Bref, c’est là encore du très grand art.

Le grand art se propage aussi au niveau de la réalisation qui nous en met plein la vue. Le film ayant très mal vieilli, le plaisir sera encore plus palpable. Bon, autant prévenir, les amateurs de gore et de cannibalisme vont être déçus, puisque le film n’est vraiment pas généreux de ce côté-là et hormis deux ou trois scènes (qui lui ont sûrement valu l’interdiction aux moins de dix-huit ans à l’époque), vous n’aurez vraiment rien à vous mettre sous la dent. Tout comme ceux qui avaient envie de voir des dinosaures, raté, il n’y en a aucun. Par contre, si vous voulez des scènes kitschouilles au possible, un crash de maquette, ou encore des nichons à l’air qui fuitent à travers la jungle, vous serez servis.

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On remercie donc Michele Massimo Tarrantini pour ce grand moment de débilité, de non-sens, d’évasion et de poésie. « Prisonnières de la vallée des dinosaures » est donc un film lamentable de tous les instants. Ratage total, mauvais goût et aucun sens du récit, un vrai nanar comme on les adore. Un nanar hilarant, devant lequel on passe un excellent moment.

S’il est difficile de faire un bon film, il est aussi difficile de faire un bon nanar, et l’on peut dire que Michele Massimo Tarrantini s’en sort haut la main !!!

Note : 03/20

Note Nanar : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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