octobre 26, 2020

Peter et Elliott le Dragon – Love me Like a Reptile

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Titre Original : Pete’s Dragon

De : David Lowery

Avec Oakes Fegley, Bryce Dallas Howard, Robert Redford, Wes Bentley, Karl Urban

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Fantastique

Résumé:

Depuis de longues années, M. Meacham, un vieux sculpteur sur bois, régale les enfants du coin avec ses histoires sur un féroce dragon qui vivrait au plus profond de la forêt voisine. Pour sa fille Grace, garde forestière de son état, tout ceci n’est que contes à dormir debout… jusqu’au jour où elle fait connaissance avec Peter. Ce mystérieux petit garçon de 10 ans – qui dit n’avoir ni famille ni foyer – assure qu’il vit dans les bois avec un dragon géant baptisé Elliott. Et la description qu’il en fait correspond étonnamment à celui dont parle son père… Avec l’aide de la jeune Natalie – la fille de Jack, le propriétaire de la scierie -, Grace va tout mettre en œuvre pour découvrir qui est vraiment Peter, d’où il vient, et percer le secret de son incroyable histoire…

Avis:

Disney est désormais un nom qui fait frémir la sphère des cinéphiles. Il faut dire qu’après les rachats de Lucas Films et de Marvel, la firme aux grandes oreilles fait office de bulldozer dans l’industrie du cinéma et on peut craindre une certaine uniformisation cinématographique. Sauf que Disney, bien avant tous ces rachats, possédait déjà une belle bibliothèque de bobines avec des dessins animés qui sont devenus des classiques aujourd’hui. Mais le temps fait son office et la firme souhaite coller à la modernité ambiante en mettant en avant des versions live de ses anciens films. Et après les succès d’Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton, Maléfique de Robert Stromberg, Cendrillon de Kenneth Brannagh et Le Livre de la Jungle de Jon Favreau, c’est au tour de Peter et Elliott le Dragon de se faire une seconde jeunesse.

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Sorti en 1978, le film de Don Chaffey était une révolution pour l’époque, puisqu’il alternait des prises de vue réelle avec des passages en dessin animé et des incrustations. Ayant bercé la jeunesse de beaucoup de quarantenaire, Disney voulait faire découvrir cette histoire d’amitié et de dragon aux plus jeunes d’aujourd’hui, et très clairement, le film réussit son pari de réunir les familles autour d’un métrage convivial, touchant et tout simplement humain.

Car bien que le film soit purement fantastique, il possède une véritable dimension humaine, proposant la découverte d’une créature extraordinaire avec des yeux d’enfants. Tout le début du film se focalise exclusivement sur la vision du petit Peter, perdant tragiquement ses parents (dans une superbe scène hors champ d’une douceur incroyable) et qui va trouver le réconfort auprès d’Elliott, un dragon vert qui peut se rendre invisible. Six années se passent alors et on retrouve le jeune garçon qui a construit une relation forte avec l’animal extraordinaire. Il en résulte une première partie qui fait immédiatement penser au Livre de la Jungle, surtout lorsque Peter découvre une jolie jeune fille et se fait attraper par la civilisation. Cette première demi-heure sert très clairement à poser les personnages, à montrer leur psychologie et faire ressentir une certaine empathie envers le personnage de Bryce Dallas Howard et de son mari, mais aussi de Peter et évidemment le dragon Elliott, qui ressemble à un gros chat pantouflard. Et c’est ce qui est bien dans ce métrage, car cela permet de ressentir les personnages, de se mettre à leur place et de ressentir leurs émotions. C’est d’ailleurs ce qu’il manque clairement à bien des films contemporains qui se contentent soit de faire une longue présentation stylisée (Suicide Squad) soit d’oublier complètement ses personnages pour un spectacle frénétique mais finalement assez creux.

Du coup, toute la deuxième partie prend une dimension insoupçonnée. Le jeune Peter, alors perdu dans une civilisation qu’il ne connait plus, va devoir faire avec, tout en ne voulant pas laisser son ami le dragon. A grands renforts de scènes assez touchantes, avec un jeune enfant tentant de retrouver goût à la vie avec les autres, c’est au tour du dragon de prendre une autre dimension et de toucher le spectateur. Véritable coup de génie de la part des gars de WETA, le studio d’effets spéciaux de Peter Jackson, Elliott est juste sublime et les incrustations sont à peine visible, donnant vraiment vie à ce dragon si particulier. Jouant alors sur les émotions, sur la perte d’un ami, le film devient plus intimiste et résolument plus humain, favorisant une approche timide mais spectaculaire face à trois personnages bons. Si certains trouveront cela naïf et gnangnan, il ne faut pas oublier que le film est tout d’abord familial et qu’il remplit parfaitement son office.

La troisième partie est plus énergique Si le rythme du film était bon, alliant parfaitement les moments de palabres et l’action autour d’Elliott, la fin du film se lance dans une course-poursuite impressionnante et surtout un final nerveux et qui jouera au yoyo avec les émotions du spectateur. Là aussi, le film n’oublie pas l’aspect émotif de la chose, s’amusant à créer des péripéties et raccrochant tous les liens avec tous les personnages pour fournir trois « couples » qui ont chacun quelque chose à perdre. Mais le film ne s’arrête pas là et propose même un renforcement des liens de fraternité dans un hochement de tête qui veut tout dire, sans jamais appuyer son propos. Et c’est peut-être l’une des grandes forces de ce film, qui ne force jamais sur les émotions, jouant plutôt sur les nons-dits ou sur des relations simples, mais saines et humaines. Même le « méchant » du film, incarné par Karl Urban, possède un bon côté et comprendra ses erreurs sur la fin.

Bien entendu, le film joue énormément sur les liens humains et sur la notion d’amitié. Le déchirement lorsque Peter quitte Elliott est bien présent et il faut avoir un cœur de pierre pour ne pas verser une petite larmichette. Mais ce n’est pas tout. En effet, en bon film familial, il y aura aussi un message pour les adultes. Ainsi, on aura droit à un petit pamphlet écologique et sur la déforestation qui détruit des habitats sauvages, mais aussi et surtout sur la notion de famille. Véritable pilier du film, absente pour Peter et bringuebalante pour la jeune femme qui veut recueillir Peter, le métrage essaye de démontrer qu’il est possible de se reconstruire une famille tant qu’il y a de l’amour et du partage, mais aussi et surtout du respect.

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Au final, Peter et Elliott le Dragon est un excellent film familial, qui allie à la perfection le divertissement et les émotions. Affublé en plus d’une double lecture, le métrage plaira aussi bien aux enfants, qui y verront une aventure fantastique, qu’aux adultes, qui pourront y voir un film humain simple et touchant, mettant en avant l’importance des autres et du respect que l’on doit avoir envers la nature. Bref, un enchantement scénaristique mais aussi visuel, qui ne s’éloigne pas trop des productions Disney, mais qui demeure plus travaillé au niveau des personnages et bénéficie d’un traitement assez spécial, comme la bande originale plutôt folk. Et un Disney à dimension humaine, ça se fait rare.

Note: 17/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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