décembre 2, 2020

Damien Rice – My Favourite Faded Fantasy

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Avis :

On dit souvent que le cinéma et la musique sont intimement liés. Il faut dire que l’un ne va pas sans l’autre et qu’un film sans musique, c’est comme un crabe sans pinces, ça n’existe pas. Et l’inverse est vrai, surtout quand on voit le nombre de clips qui sort chaque jour et leur qualité qui ne cesse de grandir avec l’implication de grands réalisateurs, comme Martin Scorsese par exemple. Mais quel rapport avec Damien Rice, auteur/compositeur/interprète irlandais, officiant dans une pop folk tout ce qu’il y a de plus classique ? Et bien tout simplement parce qu’il doit sa notoriété à Bande Originale de Closer, Entre Adultes Consentants, mais aussi à sa courte relation avec l’actrice (et chanteuse) Mélanie Laurent, participant sur le premier album de la belle. Apparu à l’aube des années 2000 avec un premier album qui a côtoyé U2 dans les charts irlandais, Damien Rice s’est fait attendre pour son troisième album, puisque c’est après neuf ans de silence que l’artiste est réapparu avec My Favourite Faded Fantasy. Relativement discret et encore peu connu de par chez nous, l’artiste livre un album qui pourrait sembler assez court, du haut de ses neufs chansons (une par an, on ne peut pas dire que le gars s’est fait une entorse du poignet), mais qui pourtant prend aux tripes et arrive à véhiculer une émotion palpable.

Le skeud commence avec le titre éponyme de l’album, à savoir My Favourite Faded Fantasy. Le ton est donné dès le départ avec une petite guitare légère mais très mélancolique, puis une voix de tête assez douce qui répond langoureusement à la mélodie imposée. Mais le plus intéressant dans ce morceau réside dans sa montée crescendo vers une orchestration plus importante, avec notamment des violons, un ajout de piano et une véritable puissance sur la fin. Et si le titre est touchant, il n’arrivera pas à la cheville du deuxième titre, It Takes a Lot to Know a Man. Véritable pièce maîtresse de l’album, le titre dépasse allègrement les neuf minutes et il tient parfaitement la route sur tout son long. Doté d’une mélodie ultra efficace, la montée crescendo sera de nouveau présente mais puissance mille, assurant une partie orchestrale avec de nombreuses cordes pour rajouter une force incroyable. Ainsi, le titre, même s’il ressemble parfois à un titre de James Bond, sera très bon et très touchant, passant par différents styles, allant du simple titre pop à quelque chose de plus lyrique et de moins conventionnel. Ce sera d’ailleurs la principale force de cet album, qui démontre que l’on peut faire de la pop sans pour autant tomber dans le mercantile à tout prix. En seulement huit titres très longs, l’artiste prouve qu’il est possible de faire quelque chose de beau, d’accessible, tout en s’éloignant de tout rajout électro ou tape à l’œil. Et on retrouvera cela avec le très folk The Box, qui démarre presque sans instrumentalisation hormis une guitare sèche très discrète.

DAMIENRICE

Cependant, tout n’est pas parfait dans l’album, même si cela reste du très haut niveau. En effet, il manque tout de même de la variation dans l’album. Si l’ensemble tient la route et possède vraiment une ligne directrice, les complaintes de Damien Rice peuvent vite devenir lassantes sur la longueur. Alors certes, c’est beau, il y a un réel savoir-faire et une vraie sensibilité à fleur de peau, mais parfois, cela peut agacer, comme sur le titre The Greatest Bastard où le chanteur se laisse aller à quelques geignements parfois assez pénibles. D’ailleurs, certains titres, même s’ils sont relativement efficaces, sont moins marquants que les autres. On peut par exemple citer I Don’t Want to Change You ou encore le lénifiant Long Long Way qui clôture l’album d’une jolie façon, mais qui a du mal à emporter l’auditeur alors que d’autres titres sont bien meilleurs. On pourra aussi râler sur Trusty and True, beaucoup plus folk que le reste mais qui, pour une fois, s’avère bien trop long pour pleinement satisfaire celui qui écoute. Enfin, Colour me In est un titre très agréable, mais qui explose en toute fin après un long moment d’attente et c’est vraiment dommage.

Au final, My Favourite Faded Fantasy, le dernier album de Damien Rice, est une jolie réussite. Entre pop et folk, l’artiste arrive à prouver que l’on peut faire des albums longs et complets sans pour autant tomber dans le piège du merchandising à outrance. Il signe là un bel album touchant et bourré d’émotions, et même s’il peut manquer de variations par moments, ce troisième album montre un artiste bourré de talent qui n’est malheureusement pas mis assez en avant.

  1. My Favourite Faded Fantasy
  2. It Takes a Lot to Know a Man
  3. The Greatest Bastard
  4. I Don’t Want to Change you
  5. Colour me In
  6. The Box
  7. Trusty and True
  8. Long Long Way

Note: 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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