novembre 30, 2020

Robert Kirkman et Jay Bonansinga – The Walking Dead, L’Ascension du Gouverneur

9782253134824

Résumé :

Dans le monde de The Walking Dead, envahi par les morts-vivants où quelques-uns tentent de survivre, il n’y a pas plus redoutable que le Gouverneur. Ce tyran sanguinaire qui dirige la ville retranchée de Woodbury a son propre sens de la justice, qu’il organise des combats de prisonniers contre des zombies dans une arène pour divertir les habitants, ou qu’il tronçonne les extrémités de ceux qui le contrarient. Mais pourquoi est-il si méchant ? Dans L’Ascension du Gouverneur, le lecteur découvre pour la première fois comment et pourquoi Philip Blake est ce qu’il est, ce qui l’a conduit à devenir le Gouverneur.

Avis :

Les zombies ont toujours eu le vent en poupe. Depuis La Nuit des Morts-Vivants de 1968 de George Romero jusqu’à aujourd’hui, le zombie a fait vendre beaucoup de support ludique et ce n’est pas près de s’arrêter. Pourquoi ? Tout cela grâce au talent de Robert Kirkman, scénariste à ses heures perdues de l’excellente série de comics The Walking Dead. Relançant un coup de frais dans un genre putréfié, le monsieur s’est octroyé les talents de dessinateur de Charlie Adlar afin de réaliser une grande saga qui s’appuie sur des effets gores, mais surtout sur des relations entre personnages très riches. Bien entendu, vu le succès des comics, il a fallu voir cette série à la télé puis en jeu vidéo. Sentant venir la poule aux œufs d’or, voilà que des romans font leur apparition, dans le but d’approfondir certains personnages et d’éclaircir certaines zones d’ombre. L’Ascension du Gouverneur est le premier tome de la sortie des romans et raconte comment le personnage si charismatique dans le comics et si fade dans la série devient aussi méchant. Mais cela était-il bien nécessaire ? Près pour une balade à Woodsbury, le bled du gouverneur ?

L’histoire de ce roman raconte donc comment un certain Philip Blake est devenu le gouverneur, un être d’une cruauté inimaginable, qui s’amuse à dépecer des gens pour nourrir sa gosse zombie et qui organise des jeux de gladiateurs entre humains et zombies pour satisfaire son public. On va donc suivre les mésaventures d’un petit groupe, composé de Philip, de son frère Brian, de sa fille et de deux potes à lui. Errant au travers des villes plus ou moins peuplées, ils cherchent à rejoindre Atlanta et le fameux poste de secours. De fil en aiguille, ils arrivent dans la ville en ayant perdu l’un des leurs dans l’expédition et se retrouvent confrontés à une horde de zombies. Là encore, une rencontre va se faire, puis une mésaventure, et ils se retrouvent à Woodsbury. Seulement, entre temps, la fillette se fait tuer par une bande de tarés qui cherchent à prendre la villa de nos personnages principaux et Philip commence petit à petit à perdre pied.

La question que l’on peut se poser de prime abord, c’est la nécessité d’un tel bouquin. En effet, si avoir des informations importantes faisant le lien entre le comic et le roman sont les bienvenues, n’est-il pas superflu de proposer quelque chose de secondaire et qui se justifie simplement avec le comic ? Dans le support bande dessinée, on sait que le gouverneur est méchant parce qu’il en a pris plein la gueule et aussi parce qu’il a perdu toute humanité dans ce monde dévasté. Alors pourquoi ressortir un roman racontant sa vie alors que tous les éléments nécessaires sont dans le support original ? Tout simplement pour faire du fric sur une saga juteuse. Bon, tout n’est pas à jeter non, plus au contraire, car certaines surprises seront de la partie, surtout à la fin avec un joli retournement de situation, et on comprendra peut être un peu mieux la situation du gouverneur, mais cela reste assez anecdotique.

La question du style d’écriture se pose aussi. En effet, j’ai été un peu surpris au départ par l’emploi récurrent du présent. Alors que l’histoire est déjà passé et que l’on se retrouve plus loin dans le comic, j’ai trouvé l’emploi de ce temps assez bizarre au départ et parfois malhabile. Bon, rien d’alarmant car on s’y fait vite, mais certains passages deviennent parfois pénible à lire, notamment lors des phases d’action. Cela étant dit, le style de Jay Bonansinga est assez habile et on ne s’ennuie pas une seule seconde dans ce roman. Les situations s’enchaînent, on ressent la présence des morts-vivants à chaque coin de rue et on ressent aussi l’urgence de la situation. Seulement, parfois, on aura l’impression de se retrouver dans Mad Max et c’est un peu bizarre, surtout lors de l’attaque de la villa par le groupe de tarés à moitié punk. Enfin, le côté gore est utilisé, mais pas à outrance, ce qui est un plus dans une série qui s’appesantit plus sur les relations entre personnages que sur les tueries de zombies.

Au final, L’Ascension du Gouverneur est un roman bien sympathique, mais qui pose la question sur le merchandising de série juteuse. Partagé entre le sentiment que ce roman est là pour faire du fric et une volonté de bien faire en écrivant quelque chose de nerveux et de finalement sympathique, le livre ne restera pas dans les annales littéraires, mais il demeure tout de même agréable. Un livre s’articulant autour d’un personnage emblématique, mais qui ne raconte finalement pas grand-chose. Sympathique, mais dispensable pour les fans de la série.

Note : 13/20

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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