Le Manoir de la Terreur

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Titre Original : Le Notti Del Terrore

De : Andrea Bianchi

Avec Karin Well, Gianluigi Chirizzi, Simone Mattioli, Antonella Antinori

Année: 1981

Pays: Italie

Genre: Horreur

Résumé:

Un groupe de jeunes gens se rend dans la villa d’un riche industriel, pensant y passer un week-end agréable. Mais un professeur passionné d’archéologie séjournant dans la demeure fait réapparaître des zombies qui ne vont pas tarder à semer la terreur parmi les convives.

Avis:

Le zombie est une figure incontournable du cinéma horrifique. Utilisé à la base comme esclave servant à des meurtres, restant fidèle aux croyances vaudou, la créature est rapidement devenue un mort-vivant servant de métaphore au racisme et à la folie des hommes. C’est dans les années 60 que George A. Romero se sert du zombie pour démontrer la cruauté humaine et son racisme latent, posant ainsi les bases du film d’horreur intelligent avec une portée sociale importante. Sauf que le zombie a pris de plus en plus d’ampleur dans un autre style, le cinéma gore. Bouffeur de chair fraîche à ses heures perdues, le zombie est devenu le fer de lance du sirop de framboise et des intestins à l’air. Dans les années 80, le cinéma italien commence à subir le succès du cinéma américain et son âge d’or commence dangereusement à décliner. On retrouve alors des films de seconde zone, ne coûtant pas trop cher et essayant tant bien que mal de concurrencer le géant du septième art. Dans sa grande générosité, Andrea Bianchi décide de faire un film de zombie italien qui deviendra connu pour son amateurisme et son montage chaotique.

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Car il faut le dire d’emblée, Le Manoir de la Terreur (qui connait aussi trois autres noms comme Le Notti del Terrore, Nights of Terror ou encore Zombies 3) est un vieux nanar qui ne trouve son intérêt que dans l’hilarité qu’il provoque chez le spectateur. De base, le scénario est d’une simplicité presque insultante. Certains diront que c’est un déni de culture, mais il faut bien faire avec et les amoureux d’horreur ont bien le droit de découvrir certaines choses. On retrouvera donc trois couples qui se donnent rendez-vous dans un manoir afin de passer du bon temps, mais un savant, en grattant des pierres dans un sous-sol, délivre des zombies, qui vont s’empresser de sortir de terre pour bouffer à tous les râteliers. Avec une telle linéarité, il ne faut pas s’attendre à grand-chose, mais le film a le mérite de ne pas mentir sur sa marchandise, livrant un film binaire, stupide, mais rythmé et avec de grosses pointes gorasses.

Car ce sera le seul point intéressant du film, Le Manoir de la Terreur tient son intérêt dans le gore et les séquences de banquet zombie. Il faut dire que le réalisateur n’avait pas beaucoup d’autres choix car ce n’est pas sur le scénario et sa bêtise crasse que le film allait remporter des points. Du coup, on se rattrape sur certaines séquences qui se veulent dégueulasses et qui parviennent à faire passer le temps. Le problème, c’est qu’encore une fois, avec le peu de moyen, les effets sont assez kitschs et le film a très mal vieilli. Il a aussi mal vieilli dans sa réalisation, où l’on perçoit des scories propres à cette époque comme des zooms inutiles sur les expressions des visages ou sur des moments pas forcément importants. Ces effets visuels sont aussi utilisés sur les moments censés faire peur et cela ne marche pas vraiment, car les maquillages des zombies sont juste horribles. C’est bien simple, c’est du plastique et du carton et chaque zombie fait penser à un carnaval dans un petit village français. Il devient alors difficile de susciter de la peur avec de tels effets, surtout si on le découvre aujourd’hui.

Mais le film ne surfe pas seulement sur le gore, il essaye aussi de détourner le regard du spectateur de son mauvais scénario en usant et en abusant de scènes érotiques. Alors on est loin du film pornographique ou même érotique, mais chaque couple, à un moment de l’histoire, va tenter de baiser en s’affichant les nibards à l’air. Alors certes, ce n’est pas désagréable, mais cela ne sert absolument pas l’intrigue et pue l’opportunisme à plein nez, masquant un vide évident dans l’histoire et dans la façon dont doit se dérouler l’histoire. Une histoire qui d’ailleurs ne dénonce rien et enfonce des portes ouvertes sur des références bibliques à deux balles, où l’on pourrait y voir une façon de punir les décadences humaines. Ce n’est pas intéressant et c’est sûrement donner trop d’intelligence à un scénario qui ne possède que de la bêtise. Néanmoins, il est difficile de ne pas rire sur certains aspects, avec notamment un acteur de trente ans qui joue un gosse de dix, à cause de sa petite taille, mais son faciès suffit à voir qu’il ne fait pas son âge et cela ajoute une plus-value à l’aspect nanar du film. Un aspect non voulu au départ.

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Au final, Le Manoir de la Terreur est une purge infâme qui n’a pas volé son statut de nanar historique. Il s’agit d’un métrage complètement raté sur tous ses points, que ce soit dans la réalisation chaotique, dans le montage aléatoire et surtout dans son scénario sans aucun intérêt. Il reste un film court et dynamique, mais qui n’apporte rien au genre et qui démontre que l’on ne peut pas faire n’importe quoi avec les zombies. Bref, un mauvais film, dans tous les domaines.

Note: 02/20

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Par AqME

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