octobre 29, 2020

Preacher Saison 1

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D’Après une Idée de : Seth Rogen et Evan Goldberg

Avec Dominic Cooper, Joseph Gilgun, Ruth Negga, Lucy Griffiths

Pays: Etats-Unis

Genre: Fantastique

Nombre d’Episodes: 10

Résumé:

Au premier coup d’œil, le révérend Jesse Custer n’a rien de spécial. Après tout il n’est qu’un homme d’église d’une petite ville, perdant peu à peu ses fidèles et laissant s’éteindre sa foi. Mais il va bientôt avoir la preuve que Dieu existe bel et bien. Et qu' »IL » est un sacré fils de… Avec sa petite-amie Tulip et un vampire nommé Cassidy, le voilà parti sur les routes américaines pour le trouver…

Avis:

Adapté des comics, en dehors des récits de super-héros, est un pari très risqué, et cela pour plusieurs choses. Tout d’abord parce que les comics qui ne traitent pas de super-héros sont beaucoup moins connus et de ce fait, cela touche un public plus étriqué. Connaissant la loi des séries, il suffit que le public ne soit pas au rendez-vous pour que le show soit complètement annulé, laissant sur le carreau une partie des téléspectateurs. Ensuite, il faut savoir que le comics, même s’il marche bien en France, touche un public de niche très précis, et cela est d’autant plus vrai lorsque l’on sort des Batman, Superman ou encore Avengers. Du coup, prendre Preacher comme modèle, c’est prendre un gros risque. D’autant plus que la série papier est un pamphlet très sulfureux qui a fait couler beaucoup d’encre aux States. Il faut dire que la série de Garth Ennis est un véritable tollé contre la religion chrétienne et contre les fondements même d’une religion qui se base sur du vent et sur des évangiles arriérés. Alors qu’en ont fait Seth Rogen, plus connu pour ses comédies, et Evan Goldberg? Le résultat est bien simple, un mélange très maladroit qui se veut percutant, mais qui brasse beaucoup de vent pour pas grand-chose.

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Dès le départ, l’amateur du comics sera très dérouté. Si l’on retrouve un pasteur qui reçoit une entité surpuissante dans le corps dès le départ de la série, c’est au niveau des autres personnages que le travail sera bizarre. Les habitués retrouveront donc Cassidy, le vampire de la série, mais qui s’introduit avec une baston dans un avion et qui montre qu’il est poursuivi par des chasseurs, ce qui n’a rien à voir avec le format papier. Quant à Tulip, elle passera de la blonde bad ass dans la version papier à une black toute mince qui force tout le temps pour se rendre un aspect bad ass. C’est assez triste, d’autant plus qu’elle ne montre aucune fragilité durant la série, alors que son amour pour le pasteur est son point faible. Si l’on doit comparer les deux matériaux, le comics est bien plus intéressant et ambigu sur ses personnages. La série se contente de présenter une trinité où chacun à son rôle, mais dans laquelle les tensions évolueront à un rythme plat et où les antagonismes n’explosent pas.

Du moins pas encore, puisque cette première saison semble simplement lancer une deuxième saison qui promet beaucoup de choses. En effet, pour rester dans les personnages et leur traitement, on retrouve le Saint des Tueurs, un être invincible, sans pitié et qui doit tuer le pasteur pour retrouver une liberté inespérée, car l’homme vit sans arrêt le jour de la mort de sa femme et de sa fille. Il s’agit clairement du personnage le plus intéressant, avec Quincannon, un patron d’une industrie de viande complètement taré. Il s’agit d’un personnage qui n’existe pas dans le comics et qui est pourtant l’un des plus fous, appuyant la cause d’une non existence de Dieu suite à un tragique accident. Bizarrement, tous ces personnages deviennent plus ou moins attachants en fonction du charisme de leur interprète. Ainsi, Jackie Earle Haley qui incarne Quincannon est complètement investi dans le rôle et livre une prestation glaciale. On pourra aussi se régaler de Joseph Gilgun qui joue un Cassidy proche du comics, en dehors des conventions sociales mais terriblement attachant par sa forte amitié. Pour le reste, on sera plus réservé, surtout en ce qui concerne Ruth Negga constamment en surjeu ou encore Dominic Cooper, excellent acteur, mais qui manque cruellement de prestance et de présence dans ce rôle si important et normalement si bad ass. Il ne suffit pas de siffler du Jack Daniels à la bouteille pour paraître charismatique.

Si on s’éloigne du traitement des personnages, le scénario tourne aussi en rond et s’égare très souvent sur plusieurs pistes. Les premiers épisodes sont complètement éclatés, à un tel point qu’il devient difficile de suivre les deux premiers épisodes, ce qui ne facilite l’entrée dans l’intrigue. Mais en plus de cela, Seth Rogen et Evan Goldberg sont incapables de gérer l’intrigue sur dix épisodes. C’est bien simple, entre l’épisode 3 et l’épisode 8, il ne se passe quasiment rien, si ce n’est la bagarre du pasteur à vouloir faire croire en l’existence d’un Dieu et en voulant faire revenir les fidèles dans son église. C’est long, souvent ennuyeux et la thématique de fond, celle d’une religion qui se base sur du néant, n’est pas du tout exploitée. Et c’est dommage car quand on voit le résultat sur le format papier, on était en droit d’attendre quelque chose de résolument sulfureux, d’autant que le format télévisé le permet. Cependant, le dernier épisode sauve l’ensemble du désastre car il est très drôle, très cynique dans sa façon de voir Dieu et en plus de cela il annonce clairement une route qui colle plus au comics sur la deuxième saison. On pourra aussi apprécier la réalisation de certains épisodes, qui reste de qualité et qui ne lésine pas sur le gore quand il faut y aller.

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Au final, la première saison de Preacher est une petite déception, sûrement parce qu’on attendait beaucoup de cette série. La distance prise avec le comics d’entrée de jeu est trop déstabilisante, du moins pour le fan, et la suite de cette saison demeure trop mou pour pleinement convaincre tout le public. Si certains points sont intéressants et parfois drôles, c’est vraiment le dernier épisode et les personnages de Quincannon et Cassidy qui sauveront cette série du naufrage. Une série qui prend une saison entière pour s’installer sans jamais susciter l’envie de savoir la suite, sauf sur le cliffhanger du dernier épisode, ce qui reste assez maigre pour emballer le public. Reste à savoir maintenant si la saison deux sera aussi épique et folle que le comics.

Note: 11/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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