décembre 5, 2020

Blink-182 – California

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Avis :

Pour tous les fans de musique rock, il y a un moment dans la vie qui fait que l’on accroche plus à un style qu’un autre. Cependant, à force d’écoute et d’évolution, on se rend compte aussi que la musique rock est un cycle circulaire où chaque style arrive, disparait pour réapparaître quelques temps plus tard, comme une mode qui fait des va et viens incessants afin de rappeler au monde que ce style de musique est riche et que chaque sous-genre est important. Au tout début des années 2000, nous autres français découvrirent un genre qui fera grand bruit, le punk rock californien. Mené par des groupes comme Blink-182, Sum 41 ou encore Good Charlotte, ce sous-genre entre le rock et le punk va devenir une référence pour de nombreux skateurs et une génération qui aime les contre-cultures. Fer de lance du genre, Blink-182 va connaître une gloire sans précédent avec leur troisième album, Enema of the State et surtout leur quatrième, Take Off Your Pants and Jacket. Mais après des disputes entre Matt et Tom, le groupe se sépare en 2005 pendant près de 5 ans. Faisant un retour discret en 2011 avec Neighborhoods, le groupe décide de se séparer de Tom une bonne fois pour toute afin d’être plus serein et de livrer un septième album plus dans l’esprit du bon vieux punk rock californien. C’est alors que surgit California, un septième qui renoue avec les us et coutumes du groupe et qui prouve que Blink-182 semble bien décidé à rester sur le devant de la scène.

Et le public suit avec joie ce retour, puisque c’est le premier album qui détrône Drake et son Views dans les charts américains, alors sur le toit du monde depuis neuf semaines. Quoiqu’il en soit, California débute avec Cynical, un titre qui dure moins de deux minutes, mais qui annonce la couleur. Oui, Blink-182 est bien de retour et oui, ils sont toujours aussi cyniques et drôles quand il le faut. Cependant, c’est surtout Bored to Death qui retiendra notre attention, le titre phare de l’album, qui sera toujours dans un esprit rebelle, surtout sur la thématique, mais qui aura une aura assez sombre. En effet, le titre est plus rock, plus dense et démontre une certaine maturité pour le groupe. Et on retrouvera cette sensation sur plusieurs pistes de l’album, comme l’excellent Los Angeles, un titre plus chanté, avec un refrain puissant et qui laisse de côté l’aspect drôle et second degré de la formation. On pourra aussi se délecter de San Diego, qui garde un esprit punk dans le refrain, mais qui reste tout de même plus rock que punk. Il faut croire que l’arrivée de Matt Skiba dans la formation apporte un regain d’énergie, mais surtout une patte plus technique au groupe, qui se permet plus de variations dans les compositions, offrant des titres plus complexes et plus intéressants qu’auparavant.

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Mais Blink-182 n’oublie pas ce qu’il est, et c’est bien là le plus important. En effet, le groupe fournit aussi des morceaux plus courts, plus dynamiques et des partitions de quelques secondes pour faire rire. On pourra donc se réjouir de voir des interludes comme Built This Pool ou encore Brohemian Rhapsody, qui ont fait le succès de la formation auprès de la jeune génération que nous étions. Ensuite, certains titres immédiatement écho à cette culture punk et libertaire, à l’image de She’s Out Her Mind ou encore No Future et son refrain scandé qui marche de façon automatique. En fait, avec ce septième album, Blink-182 trouve le parfait équilibre entre ce que le groupe faisait avant et un futur pas si éloigné que cela. Ainsi, la formation trouve un second souffle inespéré et se libère d’un punk rock trop rétrograde, tout en ne reniant pas ce qui a fait son succès. Certains titres sont dans cet axe choisi à l’image de Kings of the Weekend ou encore Teenage Satellites, alliant parfaitement le punk et le rock au sein du même morceau. Enfin, difficile de passer à côté de pistes plus douces, s’affichant presque comme des ballades, à l’image de Home is Such a Lonely Place, qui se révèle touchante et pleine de tendresse ou encore California, un éloge à cet état dont est originaire le groupe, qui livre ici un titre rempli d’amour. Le seul reproche que ‘on pourrait faire à l’album, c’est de fournir parfois des morceaux qui sont calqués sur le même moule et qui ont une structure vraiment similaire.

Au final, California, le dernier album de Blink-182, est une belle réussite, montrant que le groupe est bel et bien de retour et qu’il a l’intention de rester longtemps sur le devant de la scène. Avec ce septième effort, le groupe fournit l’album de la maturité et livre une prestation presque sans faille, renouant avec le passé tout en gardant un œil vers le futur. Bref, un album presque parfait qui fait plaisir à entendre et qui permettra aux trentenaires de retrouver leur jeunesse adolescente.

  1. Cynical
  2. Bored to Death
  3. She’s Out Her Mind
  4. Los Angeles
  5. Sober
  6. Built This Pool
  7. No Future
  8. Home is Such a Lonely Place
  9. Kings of the Weekend
  10. Teenage Satellites
  11. Left Alone
  12. Rabbit Hole
  13. San Diego
  14. The Only Thing That Matters
  15. California
  16. Brohemian Rhapsody

Note: 16/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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