Mirrors

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De : Alexandre Aja

Avec Kierfer Sutherland, Paula Patton, Amy Smart, Cameron Boyce

Année : 2008

Pays : Etats-Unis, Allemagne, Roumanie

Genre : Horreur

Résumé :

Un ancien flic, forcé de démissionner de son travail après un accident ayant couté la vie de son associé, travaille à présent comme veilleur de nuit dans un grand magasin brûlé et abandonné. Seuls quelques miroirs ont survécu aux flammes. Il réalise que ceux-ci cachent un horrible secret qui les menace, lui et sa famille.

Avis :

Après des débuts fracassants sur la scène cinématographique française avec Furya puis Haute Tension, il a fallu qu’Alexandre Aja s’exile aux Etats-Unis pour laisser libre cours à son imagination et surtout à son envie de faire du cinéma d’horreur. Plutôt mal vu en France (et son excellent Haute Tension est même maintenant renié par l’une de ses actrices principales, Maïwenn), le réalisateur et fils d’Alexandre Arcady va faire ses armes aux States sur le remake de La Colline a des Yeux de Wes Craven et il va signer un film fracassant et brillant. Il n’en fallait pas plus pour que les producteurs lui fassent les yeux doux et c’est ainsi qu’il s’est retrouvé les bras chargés de projets. C’est d’ailleurs comme cela qu’il a obtenu le scénario de Into the Mirror, un film d’horreur coréen qu’on lui a demandé de remettre à la sauce américaine. Sauf que, et on a beau dire qu’Aja n’a pas encore fait son film personnel, mais rien que des adaptations ou des remakes, le script de base ne lui plaisait pas trop et seule l’idée des miroirs lui paraissait intéressante. C’est ainsi qu’est né Mirrors, le seul film d’ambiance d’Aja et qui est pour l’instant son moins abouti.

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Et pourtant, le réalisateur s’est donné beaucoup de mal sur son projet avec des décors relativement grandioses venus tout droit de Roumanie. Dans Mirrors, il y a une réelle recherche dans la photographie et dans la volonté d’imposer un lieu comme personnage vivant. Un peu à la manière d’un Amityville, Aja installe se magasin gigantesque en ruine comme une entité propre du film et face à laquelle on se sent tout petit. Cela est bien évidemment accentué par des plans en contre-plongée qui font que l’on se sent minuscule. En tant que vrai artisan, le cinéaste français a préféré mettre en avant de vrais décors, avec de vrais éléments et notamment de vrais miroirs. Ainsi donc, ce film se présente comme un jeu de réflexion entre l’image et son reflet, collant parfaitement au thème. Tout cela permet d’installer une ambiance assez pesante et poisseuse. C’est bien simple, avec ce film, on ne se sent jamais en sûreté et il y règne constamment une chape lourde.

Cette ambiance oppressante est renforcée par le fait que le danger peut venir n’importe quand. En effet, au niveau de la réalisation, Alexandre Aja s’est amusé avec les reflets et démontre avec grâce toutes les possibilités pour un esprit de se refléter quelque part. Flaque d’eau, poignée de porte, robinet, tout y passe et le réalisateur se montre très habile pour jongler avec tout ça afin de montrer que la menace est omniprésente. Cette menace sera d’autant plus prégnante dans le grand magasin, avec les reflets qui montrent des personnes en train de brûler, le cinéaste revenant à ses premiers amours, le gore. On trouvera d’ailleurs certains passages bien flippants qui ne sont pa sans rappeler Silent Hill de Christophe Gans, du moins dans l’ambiance et les couleurs. D’un point de vue technique, il n’y a pas grand-chose à dire, le fil remplit son cahier des charges et profite même d’une mise en scène soignée et efficace.

Le problème avec ce film, c’est son script. Voulant s’éloigner volontairement du matériau de base, Alexandre Aja et son acolyte de toujours, Grégory Levasseur, ont écrit une histoire assez pataude qui rentre dans tous les clichés du genre. On retrouve donc des personnages assez caricaturaux, à l’image de Kiefer Sutherland, un ancien flic torturé par une bavure et qui s’énerve pour un rien. On aura aussi l’ex-femme qui a peur de son mari mais qui reste amoureuse ou encore la jeune sœur qui épaule son frère, alors dans la tourmente. D’un point de vue des personnages, c’est un peu limite et même si les acteurs jouent bien, on a du mal à s’identifier à eux et à prendre peur pour eux. Cependant, le scénario est malin et mélange habilement le thriller avec l’épouvante et le film prend des allures de polar vers la fin du milieu. Le seul problème, c’est que le climax n’est pas terrible et la fin du film vire complètement au Z. D’un film de fantôme, on passe à un film de possession et la confrontation finale fait un peu de peine aujourd’hui, car elle n’est plus efficace et ne colle pas du tout avec l’ambiance alors imposée depuis le début du métrage. En fait, il ne manque pas grand-chose à Mirrors pour être parfait, mais on ressentira une certaine légèreté dans l’écriture des personnages et dans les quelques effets de peur. Mais on ne peut enlever au film des qualités indéniables, comme les effets spéciaux qui sont relativement bluffants.

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Au final, Mirrors est un bon film d’épouvante doublé d’une enquête presque policière. Mélangeant les styles pour essayer d’apposer sa propre patte sur un matériau déjà connu, Alexandre Aja en oublie le fond et livre des personnages assez clichés et auxquels on a du mal  s’identifier malgré une ambiance léchée et une mise en scène exemplaire dans la gestion de la peur. Et si Mirrors est peut-être le film le moins abouti de son géniteur, il n’en demeure pas moins un bon film qui fait son office et qui prouve qu’il y a du génie chez ce cinéaste.

Note : 14/20

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Par AqME

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