octobre 27, 2020

Guibord s’en va-t-en Guerre

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De : Philippe Falardeau

Avec  Patrick Huard, Irdens Exantus, Clémence Dufresne-Deslières, Suzanne Clément

Année : 2016

Pays : Canada

Genre : Comédie

Résumé :

Steve Guibord est un membre indépendant du Parlement Québec-Nord. Un coup du sort politique l’amène à effectuer seul un vote décisif : le Canada doit-il entrer en guerre avec le Moyen-Orient ? Sans expérience et sans équipe, mis à part son stagiaire Souverain, un étudiant haïtien en sciences politiques, ils embarquent alors tous deux pour une tournée politique qui les mettra sur le chemin de pacifistes, de miniers, de routiers et de groupes aborigènes…

Avis :

Le cinéma canadien regorge de petites merveilles qui de temps à autre arrivent à passer l’océan atlantique pour arriver dans nos foyers. Parmi ces petites merveilles, il y a le réalisateur Philippe Falardeau. Alors si son nom ne vous dit pas grand-chose, peut-être que « Monsieur Lazhar« , puisque c’est lui qui se trouve derrière ce film, vous dis quelque chose puisque le film a trouvé un joli petit succès chez nous. Philippe Falardeau, c’est aussi lui qui a réalisé le très beau « The Good Lie » avec la discrète Reese Witherspoon, qui est malheureusement sorti directement en DVD.

« The Good Lie » était un film sérieux, tout comme pouvait l’être « Monsieur Lazhar » et c’est avec plaisir que l’on retrouve Philippe Falardeau dans un registre plus léger (tout en restant sérieux dans le fond), puisque le réalisateur est de retour avec une vraie bonne comédie autour de la politique canadienne. En compagnie de Patrick Huard, qui est décidément le père qu’on adorerait tous avoir, le réalisateur nous offre un film délicieux, qui se déguste de la première à la dernière minute. Un joli coup de cœur !

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Steve Guibord est une ex-star du hockey sur glace, aujourd’hui reconverti dans la politique. Élu député membre du parlement du nord indépendant, le député Guibord a beaucoup à faire et peu de moyens. Un jour, une étrange loi des séries fait que lui, l’homme qui passe quelque peu inaperçu, se trouve dans la position d’être la voix d’un vote décisif. Le Canada doit-il s’engager dans une guerre avec le Moyen-Orient. Ayant un peu trop de pression sur les épaules, le député Guibord décide alors de consulter ses électeurs pour savoir s’il doit voter ou non l’entrée en guerre de son pays. Aidé de Souverain, son stagiaire venu d’Haïti, de sa fille anti-guerre et de sa femme, le député Guibord s’engage sur les routes. Son voyage va alors être très mouvementé…

 » – Qu’est-ce que tu connais de la politique canadienne ?

– Ah, hé ben, il y a un gouvernement fédéral. Dix gouvernements provinciaux. Trois territoires. Deux langues officielles. Six cent premières nations. Et deux débats nationaux permanents. La constitution… et le hockey…  »

Et en France, on se plaint que c’est compliqué de réformer ! Petits joueurs !

Philipe Falardeau ouvre presque son film avec ce petit dialogue entre le député Guibord et son jeune stagiaire qu’il rencontre pour la première fois. Dès ce petit dialogue, on comprend alors que le réalisateur nous entraîne dans un film politique qui va s’amuser à mettre en images le boxon infini qu’est la politique canadienne. Jamais complaisant, avec en permanence un ton amusé, Philippe Falardeau nous plonge alors dans une intrigue qui n’aura presque ni queue ni tête tant les avis se contredisent et les bâtons dans les roues de ce pauvre député s’entassent devant lui.

« Guibord s’en va-t-en guerre« , c’est un humour acerbe, qui dénonce la complexité incroyable de son pays, tout en restant bon enfant. Philippe Falardeau n’oublie jamais que derrière le propos politique, il veut avant tout faire rire les gens et que son film est une vraie comédie de divertissement. Ici, devant le propos, on trouve une intrigue bien ficelée qui n’arrête pas une minute. Notre député courage, comme on pourrait l’appeler, va aller de rencontre tordue en revendication encore plus tordue. Il va devoir aller au bout de lui-même, il va devoir s’armer de courage, oser se remettre en question et surtout garder la tête haute face à l’opinion public qui va le prendre à partie. Philippe Falardeau analyse la politique et le chemin d’un homme pour arriver où il en est et le pourquoi du choix de cette voie. Le réalisateur fait s’opposer les avis, et surtout les arguments. Il nous pose la question, à savoir qu’aurions-nous fait à la place du député Guibord ? Son film est donc aussi bien une belle réflexion citoyenne qu’une bonne comédie pertinente aux allures de road trip. Une comédie avec de vrais gags, des quiproquos très bien vus et des situations burlesques qui finalement vont nous toucher, car ce député courage va devoir en affronter pour prendre sa décision. Et puis il y a ces dialogues qui sont tordants, aussi bien dans leur absurdité parfois que dans leur entente, puisque le film étant en québécois, on a de quoi être bien dépaysé et retenir pour notre plus grand plaisir quelques expressions ( » –Avez-vous fini de nous prendre pour des melons ? »).

Enfin, dernier petit point génial, « Guibord s’en va-t-en guerre« , c’est bien entendu Patrick Huard. Et ce n’est pas qu’un simple Patrick Huard ! L’acteur qu’on a découvert pour la plupart d’entre nous dans « Starbuck » nous renvient plus en forme que jamais. Tendre et hilarant, dès qu’on le voit, son aura, son charisme, son naturel et sa simplicité, fait qu’on a envie d’aimer ce député courage. Génie comique, Patrick Huard nous fait rire, mais il saura aussi au détour d’une réplique ou d’un regard nous toucher et parfois même, il arrivera à nous mélanger les deux. Pour le soutenir, Philippe Falardeau a réuni une jolie brochette de comédiens derrière lui. On retrouve avec plaisir Suzanne Clément, et l’on découvre avec beaucoup de sourire les deux jeunes et talentueux Irdens Exantus et Clémence Dufresne-Deslières.

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Bien sûr, « Guibord s’en va-t-en guerre » n’a pas que des qualités et comme tout film, il a ses coquilles, mais sincèrement, le plaisir de suivre les aventures de ce député courage, l’humour génial que l’on trouve, le propos sincère de la réflexion, puis le dépaysement aussi bien vocal que visuel, puisque Philippe Falardeau, dans sa mise en scène, nous offre des plans magnifiques de son pays vaut le coup d’œil. Franchement, derrière toutes ces belles qualités et les belles valeurs que le film véhicule, ses défauts deviendraient presque invisibles. On ressort de « Guibord s’en va-t-en guerre » avec le sourire aux lèvres et la tête pleine de cette drôle d’histoire.

Note : 17/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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