Batman

Batman

De : Tim Burton

Avec Michael Keaton, Jack Nicholson, Kim Basinger, Robert Wuhl

Année : 1989

Pays : Etats-Unis, Angleterre

Genre : Super-Héros

Résumé :

Le célèbre et impitoyable justicier, Batman, est de retour. Plus beau, plus fort et plus dépoussiéré que jamais, il s’apprête à nettoyer Gotham City et à affronter le terrible Joker…

Avis :

S’il y a bien un exercice difficile, c’est adapter les comics book au cinéma. Si certains y sont arrivés avec brio, c’est parce qu’ils ont pris une certaine liberté de ton et ont adopté une vision plus mature, un environnement plus réaliste, pour finalement réaliser quelque chose qui se situe plus du côté du thriller que du film de super-héros. Bien évidemment, en écrivant ses lignes, on pense immédiatement à la trilogie du Dark Knight de Christopher Nolan, qui a su insuffler un relent épique et sombre à un héros qui en avait bien besoin. Seulement, on pourrait reprocher à ces films, et surtout le dernier, de ne pas aller suffisamment loin dans l’effet comics et d’altérer une base pourtant solide et chère à certains fans. Et si l’on doit trouver une œuvre qui correspond au mieux au Batman des années 70, c’est bien celui de Tim Burton, qui réussit là où beaucoup ont échoué, c’est-à-dire allier une certaine noirceur avec un effet comic book surprenant et plus coloré.

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D’entrée de jeu, ce qui frappe dans le film de Tim Burton, c’est l’aspect gothique, présent dans le comic, et qui est parfaitement conservé ici. La ville de Gotham possède un charme certain même si elle est aussi très angoissante de par sa structure et son architecture tentaculaire. Mais c’est l’un des gros points forts du film, qui réussit à donner une âme à cette ville, la rendant insalubre, dans laquelle on ne se sent pas en sécurité. De plus, pour appuyer son amour du format papier, Tim Burton utilise beaucoup d’images dessinées pour les plans larges, donnant un certain cachet à Gotham et alliant deux formats qui deviendront indissociables du Chevalier Noir.

Mais au-delà des simples aspects techniques qui sont irréprochables et collent parfaitement à la peau du super-héros, les thématiques utilisées dans ce film sont très intelligentes et posent plusieurs questions, notamment sur la question du mal et des vigilantes. Une thématique qui explose en fin de film lorsque le Joker dit au Batman que c’est lui qui l’a créé, ce à quoi Batman répond que c’est le Joker qui a créé Batman. Une réflexion intéressante, presque religieuse, faisant immédiatement référence à Dieu et au Diable, où l’un ne peut pas exister sans l’autre, offrant un équilibre salvateur. Le film explore aussi la folie, avec le personnage du Joker, un homme fou, qui n’a aucune conscience mais qui sait ce qu’il fait malgré tout. Un homme assoiffé de violence et de pouvoir qui ne trouve le plaisir que dans la destruction. Quant à Batman, on peut y voir des questionnements sur le dédoublement de la personnalité, sur cette volonté de se venger sans pour autant tuer, mais aussi et surtout sur le fait de mener une double vie, offrant un effet miroir sur chaque personne, car tout le monde a deux facettes qui deviennent plus ou moins fortes en fonction du moment.

Mais la grande force du film réside dans le bon équilibre dans le ton. En effet, le film de Burton ne tombe jamais dans la surenchère et trouve toujours la solution pour éviter de faire trop d’humour ou alors de tomber dans une noirceur extrême. Si le personnage du Joker est à la fois loufoque et violent, il y a toujours un flottement qui entoure le personnage, le rendant dangereux et pourtant drôle. Il faut dire que la prestation de Jack Nicholson est parfaite, offrant un personnage haut en couleurs. C’est d’ailleurs lui qui met en avant un Batman sobre, bien tenu par un Michael Keaton qui fait juste ce qu’il faut pour donner ses lettres de noblesse au chevalier noir. En fait, au-delà des deux personnages, ce qui fait la réussite de ce film, c’est que malgré tous les gags et le méchant improbable, l’histoire reste crédible, l’ambiance reste crédible, occultant volontairement des phénomènes de foire ou des gadgets qui frôlent parfois la science-fiction et qui aurait rompu le charme de ce film presque terre à terre.

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Au final, Batman de Tim Burton est aujourd’hui encore une belle réussite. Si le film a vieilli sur certains effets spéciaux, il n’en demeure une relecture fidèle au super-héros des comics books tout en y apportant une cure de jouvence et un méchant à sa hauteur, le faisant briller de mille feux. Un film qui est une référence dans ce genre qui s’est émancipé depuis ces dernières années, offrant des super-héros quasiment chaque mois dans les salles obscures. Un Batman qui s’éloigne des bases tracées aujourd’hui dans le cinéma d’adaptation de comics books et qui montre que l’on peut faire autre chose avec une bonne histoire et des acteurs en béton.

Note : 17/20

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Par AqME

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