octobre 28, 2020

Independence Day Resurgence – Mauvaise Alien

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De : Roland Emmerich

Avec Liam Hemsworth, Jeff Goldblum, Bill Pullman, Jessie Usher

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Science-Fiction

Résumé :

Nous avons toujours su qu’ils reviendraient. La terre est menacée par une catastrophe d’une ampleur inimaginable. Pour la protéger, toutes les nations ont collaboré autour d’un programme de défense colossal exploitant la technologie extraterrestre récupérée. Mais rien ne peut nous préparer à la force de frappe sans précédent des aliens. Seule l’ingéniosité et le courage de quelques hommes et femmes peuvent sauver l’humanité de l’extinction.

Avis :

Les années passent, les saisons changent mais pas les gens. Ce dicton est sûrement celui qui colle le mieux à Roland Emmerich et à sa filmographie pétée de thunes mais parcourue de films de plus en plus médiocres et binaires. Et pourtant, il en a eu du temps pour mûrir et développer la suite de son Independence Day. 20 années sont passées depuis le premier film qui a fait couler beaucoup d’encre entre ceux qui ont plutôt aimé le film et qui y ont vu un second degré agréable et les autres qui y ont vu un film puant perclus de patriotisme jusqu’à la lie. Et il est difficile de choisir un camp tant le cinéaste allemand sait brouiller les pistes en fonction de ce qui l’arrange, changeant de discours lorsque le vent tourne en sa faveur ou pas. Mais depuis le catastrophique 2012, il est difficile de pardonner les tours de passe-passe du réalisateur, car on devine aisément qu’il pratique un cinéma débile, formaté pour attirer les foules dans du grand spectacle, mais avec un fond inexistant, ou alors aussi manichéen qu’un film de Michael Bay.

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Sauf que depuis quelques temps, celui que l’on pourrait prendre pour son jumeau de caméra s’est bien rattrapé avec des films au budget amoindri, aux attentes moins grandes, mais avec des messages plus subtils et intéressants comme 13 Hours ou encore No Pain No Gain. Ce qui n’est pas le cas avec Roland Emmerich, qui le prouve encore une fois avec Independence Day Resurgence, qui se veut bigger and louder par rapport au premier et qui a un mal fou à se défaire de la mauvaise image qu’on lui donne. Cependant, après visionnage, force est de constater que le cinéaste tend le bâton pour se faire battre et que ce deuxième volet ressemble au premier avec plus de moyens, mais aussi plus de bêtises.

Alors c’est bien simple, on fait revenir les aliens, avec un vaisseau plus gros et une méchante reine qui n’est pas contente du tout. Les bases sont ainsi posées et le film peut commencer sur les chapeaux de roue après des présentations sommaires avec les nouveaux venus, à savoir Liam Hemsworth qui est le nouveau héros, Jessie Usher qui est le fils de Will Smith et Maika Monroe qui est la fille du président. Des présentations qui visent à souder un groupe après une catastrophe évitée de justesse. Malheureusement, encore une fois, Emmerich se plante complètement dans le background des personnages. A force de faire des stéréotypes, le réalisateur n’arrive pas à les sortir d’un carcan prédéfini et chaque personnage a une évolution linéaire et le spectateur ne ressentira aucune empathie pour lui. Et ce n’est pas l’amourette ou la perte d’un parent qui va faire que l’on se sent proche d’eux. D’autant plus que finalement, leurs vies n’est pas tant en danger que ça et que le fait de savoir que d’autres suites sont prévues enlève tout suspense sur leur sort. Du côté des anciens personnages, c’est clairement la bérézina. Jeff Goldblum continue dans son rôle de sauveur de l’humanité avec des idées géniales et on remettra en avant le professeur chevelu et grotesque, en le rendant loufoque, gay comme un pinson et revanchard. Chaque ancien n’arrivera pas à s’affirmer dans ce film qui se contente de faire une redite du premier, sans évolution, sans la sensation d’avoir avancé dans la vie en 20 ans.

Mais au-delà des personnages qui sont clichés au possible, il y a quand même un gros trou noir au niveau du scénario et surtout de la tonalité du métrage. Si l’ensemble reste divertissant et dynamique, le film use et abuse de raccourcis scénaristiques et de dissertations scientifiques qui partent vraiment en cacahuète. C’est bien simple, les réflexions sur les méthodes pour abattre la reine mère sont incohérentes, elles n’ont aucun sens et conforte l’idée que l’on se fait sur la façon de penser d’Emmerich, il prend tout simplement le spectateur pour un con. Et contrairement à Christopher Nolan, il ne se renseigne absolument pas sur la physique ou l’astronomie, il n’en a rien à cirer et livre des théories absurdes, supposant que le spectateur passera outre, car lui, ce qu’il veut voir, c’est de la destruction massive et des fusillades. Certes, mais celui qui veut voir ça n’est pas forcément un imbécile heureux.

Mais finalement, le plus gros reproche que l’on peut faire au film, comme pour le premier, c’est cette propension à foutre de l’humour partout et en toute circonstance.  Si certains pensent que c’est du second degré, il faut vite revoir Mars Attacks !. Ici, on nage en plein délire et cet humour n’est là que pour masquer l’incompétence du réalisateur à tenir une ambiance tendue et difficile. Même les moments un peu plus emprunts au cinéma d’épouvante, notamment lorsque deux soldats pénètrent dans une salle sombre avec des aliens cachés, sont dédramatisés par un humour douteux et qui ne fonctionne pas du tout. C’est exactement pareil avec les personnages principaux qui se balancent des vannes à la tronche alors que leur vie est menacée. Il règne dans ce film un cynisme déconcertant et vraiment douteux. On pourrait presque croire que Emmerich est un publicitaire déguisé en cinéaste, aimant se foutre de la gueule du spectateur. Et puis on repassera sur les discours patriotiques à la con, où cette fois-ci, on peut voir une alliance américano-chinoise et quelques noirs pour remplir le cahier des charges.

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Au final, Independence Day Resurgence réussit l’exploit d’être pire que le premier film. Si l’aspect divertissement de masse peut marcher à quelques endroits, on se surprendra à voir le film comme un remake du premier, en plus grand, plus gros et surtout plus lourd. Se cramponnant encore une fois à ce cynisme si déplaisant, le cinéaste allemand livre un film à la morale douteuse, au fond inexistant et aux théories scientifiques ubuesques pour un résultat pétaradant mais loin de faire l’unanimité. Bref, rien ne change dans la façon de faire de Roland Emmerich, il aime toujours prendre le spectateur pour un con, leur balançant des films qui ont coûté une blinde à la face, pour finalement n’en faire qu’un objet de consommation de masse sans saveur. C’est un peu comme si vous alliez au Fouquet’s pour bouffer un Big Mac.

Note : 06/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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