janvier 19, 2021

Torment

torment-poster

De : Jordan Barker

Avec Peter DaCunha, Katharine Isabelle, Robin Dunne, Sitara Hewitt

Année : 2013

Pays : Canada, Etats-Unis, Espagne

Genre : Horreur

Résumé :

Cory et Sarah partent en vacances en compagnie de Liam, le fils de Cory. A leur arrivée, ils s’aperçoivent que la maison qu’ils louent a été occupée à l’insu du propriétaire. Les occupants indésirables semblent avoir quitté les lieux. En apparence seulement…

Avis :

Parmi les genres les plus lucratifs, l’horreur doit se placer en pole position tant il bénéfice d’un développement exponentiel dans le marché du DVD. Si les exploitations en salles se font de plus en plus rares à cause d’un public de plus en plus crétin, il semblerait que le renouveau de l’horreur et de l’épouvante réside dans le direct to video. Mais ce qui aurait pu être un gage de nouveauté et de fraîcheur a finalement un relent de rance tant les producteurs frissonnent à l’idée de perdre de l’argent dans un projet qui connaîtra un audimat moindre dans un marché qui aime les nanars et pousse les gens à consommer une merde à moindre coût. Car il ne faut pas se leurrer, très souvent, et même si ce n’est pas vrai, le fait qu’un film sorte directement en vidéo lui donne une étiquette de film bas de gamme, qui ne mérite même pas une distribution en salles. Malheureusement, ce n’est pas Torment qui va susciter l’engouement et faire reluire le marché du DTV.

Torment

Empruntant à deux genres bien distincts du cinéma d’horreur, à savoir le home invasion et le slasher, Torment n’arrivera jamais à susciter l’intérêt ou à proposer quelque chose de profond et de divertissant. Et c’est bien dommage car le film commençait plutôt bien, en présentant une famille recomposée et un jeune garçon qui a bien du mal à faire le deuil de sa mère et à accepter sa nouvelle belle-mère qui pourtant fait tout pour lui. Sans jamais tomber dans le misérabilisme ou le larmoyant, Jordan Barker, le réalisateur, arrive à fournir un lien assez attachant au sein de cette famille. Un lien qui représente un danger pour la famille, car on voit très rapidement le scénario se profiler, avec quelques zinzins qui ont décimé les voisins. Et c’est peut-être là le principal problème du film, c’est qu’il n’arrive jamais à susciter le moindre frisson à cause d’un scénario convenu et ultra prévisible.

En fait, ce n’est pas tant sur la prévisibilité de l’histoire que le film se perd, car il rentre finalement dans la catégorie de ces petits films d’horreur dont on attend que du gore et quelques moments de stress, mais on le jugera plus sur son fond qui n’a ni queue ni tête. La première thématique du film parle de la famille et on se doute bien qu’il va y avoir un rapport avec le fiston, mais les motivations des meurtriers restent obscures tout comme la façon dont ils ont trouvé cette famille recomposée. Il manque vraiment du liant et du sens au film pour pleinement convaincre et donner une vraie réflexion. Sur l’instant, le métrage pourrait presque sentir mauvais, voulant évoquer le sens de la famille traditionnel et du mal que l’on peut faire en se séparant et en refaisant sa vie. On pourrait presque y voir comme un pamphlet contre la famille recomposée alors que la mère de famille et décédée. Tout cela est très maladroit.

D’autant plus que le film lorgne une ambiance craspec à la Colline a des Yeux ou encore à La Dernière Maison sur la Gauche, mais qu’il ne parvient jamais à convaincre à cause d’une réalisation classique, mais qui s’emballe parfois lors des moments de course, donnant une envie de vomir insupportable. Et là où le film rate le coche, c’est clairement dans les mise en mort, qui sont soit simpliste, soit hors champs et complètement ratée. Certes, suggérer est souvent plus puissant que de montrer de manière frontale, encore faut-il suggérer de manière fine et en s’appuyant sur une mise en scène iconique et maline. Ce qui n’est clairement pas le cas ici, la faute certainement à un budget assez maigre et à un manque flagrant d’identité visuelle. Enfin, le film essaye désespérément de surfer sur un twist final glauque et inattendu, un twist qui surprendrait le spectateur. Mais là aussi, c’est complètement raté car ce twist tant attendu n’apporte rien à l’histoire, autant sur le plan de la surprise que sur le plan du scénario. Et c’est là que l’on voit les limites de l’écriture de ce métrage qui ne fonctionne pas vraiment, malgré le charme indiscutable de Katharine Isabelle.

torment-2013-canadian-horror-movie

Au final, Torment n’est pas vraiment un film conseillable. Commençant de manière assez agréable avec une ambiance assez glauque, le film se perd complètement dans son propos et dans l’explication de celui-ci, à un tel point qu’il devient juste un film d’horreur sans raison, plus proche d’un torture-porn masqué derrière un home invasion ou d’un pamphlet contre la famille recomposée, contre la recherche de bonheur après un drame. Bref, un film lambda qui n’arrive jamais à la cheville des aînés qu’il veut copier en y apportant un léger changement.

Note : 07/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.