octobre 26, 2020

Vanishing Waves

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Titre Original : Aurora

De : Kristina Buozyte

Avec Brice Fournier, Sharunas Bartas, Vytautas Kaniusonis, Frédéric Andrau

Année : 2013

Pays : Lituanie, France, Belgique

Genre : Romance, Science-Fiction, Erotique

Résumé :

Lukas, un jeune scientifique, participe à une expérience inédite dans le domaine de la recherche neurologique : entrer en communication avec l’esprit d’une femme plongée dans le coma à la suite d’un accident de voiture.
Au début, il ne perçoit que des sons et des images confuses, avant de rencontrer la femme inconnue, qu’il nomme Aurora.
Contrevenant aux règles du protocole de recherche, il cache sa découverte au reste de l’équipe scientifique. A chaque nouvelle connexion, Lukas plonge davantage dans l’univers fantasmatique d’Aurora, avec laquelle il développe une relation exclusive et fusionnelle, en marge du monde réel.

Avis :

La Lituanie est un tout petit pays dans l’Europe de l’Est et comme chaque pays, elle a ses productions cinématographiques, mais très peu arrivent jusqu’à chez nous. Quand on consulte des sites qui parlent du cinéma lituanien, on ne trouve pas grand-chose et la plupart du temps, c’est le nom de Kristina Buozyte qui revient. Bon, il faut dire que la réalisatrice a son propre univers et que « Vanishing Waves« , qui est son troisième film, a de quoi marquer les esprits durablement, tant l’objet est un ovni.

« Vanishing Waves » est donc un objet expérimental rare qui a tout de même trouver le chemin de nos salles de cinéma en 2013. Comme vous vous en doutez, le film est passé totalement inaperçu. Ce qui est dommage car même si le film a des longueurs et aura parfois tendance à se répéter, son scénario, son propos et l’expérience visuelle envoûtante sont des plus plaisants. Après, cela reste un film enfermé dans son concept et son expérience, il vaut donc mieux savoir où l’on met les pieds avant de se lancer, car sinon, vous risquez d’être déstabilisé et il n’est pas sûr que l’objet de Kristina Buozyte plaise à tous.

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Lukas est un jeune scientifique qui travaille sur un projet audacieux. On peut même parler d’une expérience inédite. L’expérience en question consiste à le plonger pendant plusieurs minutes quand un coma artificiel et de le connecter de façon neuronale à une patiente plongée dans un coma profond des suites d’un accident de voiture. Le but de Lukas est d’entrer en contact avec la dite patiente et essayer de la faire réagir. Très vite, le contact va se produire, mais ne sachant trop pourquoi, Lukas va alors cacher ces rencontres avec celle qu’il va nommer Aurora. Au fur et à mesure que les scientifiques plongent Lukas dans ce coma, au fur et à mesure de ces rencontres, Lukas entreprend une relation étrange, charnelle et spirituelle avec cette inconnue. Mais jusqu’où cette expérience interdite peut-elle aller ?

Il est très difficile de parler de « Vanishing Waves« , tant l’expérience est étrange et sort des sentiers battus sur lesquels nous avons l’habitude de traîner. « Vanishing Waves » est un mélange très intéressant entre « L’expérience interdite » de Joel Schumacher, mixé au « Inception » de Nolan, le tout dans une ambiance qui n’est pas sans rappeler le cinéma de David Cronenberg ou encore David Lynch. Avec ce troisième film, Kristina Buozyte ose s’aventurer sur un terrain glissant, et même si son film n’est pas une réussite totale, il n’en reste pas moins un objet des plus intéressants et envoûtants.

L’idée en elle-même est totalement géniale et folle à la fois et c’est dans une ambiance glaciale et chaude, aussi futuriste que rétro, que Kristina Buozyte nous entraîne dans l’inconscient d’un homme et une expérience inédite. Que se passerait-il s’il l’on mettait deux cerveaux en contact ? A Quoi ressemblerait cette rencontre rêvée ? Le scénario que la réalisatrice a écrit tient bien la route d’une certaine façon et se révèle être efficace dans ses grandes lignes. Et même si parfois, on aura la sensation d’être largué ne sachant trop où la réalisatrice a l’intention de nous amener, c’est pourtant sans trop de difficulté qu’elle arrive à nous convaincre de la « vérité » de son expérience. Offrant son lot de mystères, de suspens et de scènes marquantes, on reste d’une certaine façon complètement obnubilé par ce qui se joue sur notre écran. Et malgré les longueurs, car il y en a, avec ce rythme très contemplatif et les incompréhensions (il va falloir attendre la fin pour être sûr de ce que l’on a vu), l’ambiance est si saisissante qu’on se laisse envahir.

Si l’intrigue est belle et bonne, « Vanishing Waves » est un coup de cœur dans la mise en scène et cela malgré les longueurs. Alors qu’avec un sujet pareil, la machine hollywoodienne aurait fait le choix du spectaculaire, Kristina Buozyte a fait le choix inverse, offrant une expérience intime appuyée par une mise en scène sublime. « Vanishing Waves » dégage quelque chose de très sensuel quand on plonge dans l’inconscient des personnages. Une fois que l’on passe dans le coma, le film change et part à contre-sens de l’ambiance froide et le côté expérimental des scientifiques. D’un coup, le fil devient chaud, charnel, sexuel et d’un romantisme étrange. La réalisatrice offre un rêve magnifique et diabolique. Un doux rêve d’une tristesse qui ne pourra laisser indifférent au final. Jouant beaucoup avec l’univers d’un rêve et ses décors, Kristina Buozyte peut se permettre beaucoup de choses. Et entre les effets spéciaux bien tenus, une scène de partouze déstabilisante, comme toutes les scènes de sexes d’ailleurs, ou encore un dîner étrange, on retiendra surtout ce traveling final incroyable, d’une poésie rare et d’une émotion qui l’est tout autant.

« Vanishing Waves« , c’est aussi la rencontre rêvée et spirituelle de deux personnages tenus par deux acteurs qui sont de jolies découvertes. Aurora est jouée la charmante Jurga Jutaite qui se trouve être prenante à plus d’une reprise. L’actrice, qui tient un personnage complexe, puisqu’elle ne sait pas la condition de son personnage, passe d’un sentiment à l’autre en un clignement de cil et l’on sera très séduit par son joli talent. Mais « Vanishing Waves« , c’est avant tout son partenaire. C’est Marius Jampolskis qui incarne Lukas et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’acteur a une facilité à crever l’écran, aussi bien par la lignée de son personnage que par ce charisme et ce magnétisme prenant qu’il dégage. Acteur fétiche de la réalisatrice, Kristina Buozyte sait parfaitement le filmer et surtout l’emporter au bout de lui-même. On reste pris, curieux, intrigué, inquiet, ou fasciné à chacune de ses scènes et « Vanishing Waves » a très peu de scènes sans lui.

L’expérience « Vanishing Waves » fut donc belle et bonne. Kristina Buozyte a bousculée les codes et offre un objet filmique osé complétement envouté malgré ses longueurs. Très intéressant dans son propos, son expérience et ses enjeux, « Vanishing Waves » marque de par son intrigue, mais aussi son ambiance et cette mise en scène qui mélange habilement l’intime et l’étrangeté d’un rêvé sublime et d’une beauté poétique, érotique, d’un cauchemar qui n’est pas si terrifiant que ça.

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« Vanishing Waves » est une expérience folle, osée et unique. Mais attention, c’est aussi un film radical qui sort des sentiers habituels et dont le côté cinéma expérimental risque aussi fort bien d’en laisser plus d’un sur le carreau. Donc si jamais vous accrochez dans le premier quart d’heure, laissez-vous envahir, pour les autres qui auraient tendance à décrocher, sachez que le film sera ainsi jusqu’à la fin. À vous de voir maintenant si l’expérience lituanienne vous tente ou pas…

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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