Le Météore de la Nuit

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Titre Original : It Came From Outer Space

De: Jack Arnold

Avec Richard Carlson, Barbara Rush, Charles Drake, Russell Johnson

Année: 1953

Pays: Etats-Unis

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Une soucoupe volante en panne atterrit dans le désert d’Arizona. Les extraterrestres, globes oculaires géants, prennent l’apparence des êtres humains qu’ils hypnotisent.

Avis :

Il y a des films qui marquent tellement, qu’ils en deviennent des références pour de futurs cinéastes en herbe. Quand on jette un regard sur le cinéma actuel, on a un peu de mal à voir quels films vont bercer les mémoires des réalisateurs du futur, car chaque blockbuster est formaté et les films avec un budget plus petit ne bénéficient pas d’une diffusion à grande échelle. Combien de zone en France sont des déserts culturels qui ne passent que les grosses comédies françaises ou les films faisant du chiffre au box-office ? Quoiqu’il en soit, chaque réalisateur possède un film fétiche, une référence qui va les influencer tout au long de leur carrière. Et quand on regarde Le Météore de la Nuit, il est évident qu’il fait partie des films préférés de John Carpenter tant on retrouve des scènes similaires entre une partie de ses films et celui de Jack Arnold. Car le Météore de la Nuit, en plus d’être un excellent film de science-fiction effrayant, est aussi un métrage doté d’une mise en scène iconique incroyable.

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Et c’est peut-être là que le film tape fort. Sans être tape à l’œil, ce qui était impossible à l’époque vu les moyens, Jack Arnold arrive à poser des plans qui reste gravés dans la mémoire. Mais ces plans ne sont pas là que pour faire beau, ils servent aussi à l’intrigue et à toute une symbolique qui parcourt le métrage. A titre d’exemple, lorsque le vaisseau extraterrestre s’écrase, il y a une réelle forme de gigantisme lors de sa découverte, qui est renforcé par le plan du héros se postant à côté de la porte d’ouverture. A ce moment-là, le réalisateur fait le choix d’un plan large qui montre la petitesse de l’être humain face à ce qui pourrait être une menace inconnue et géante. Mais ce n’est pas tout, afin de renforcer aussi une atmosphère étrange et pesante, Jack Arnold s’appuie sur des plans épurés, tout en profondeur, avec des lignes de fuite et des personnages immobiles. Ainsi, il émane de ces scènes, de ces images, quelque chose d’inhumain, de presque diabolique et le réalisateur a très bien réussi son coup. On retrouvera d’ailleurs plusieurs séquences du même style dans le cinéma de Carpenter par la suite.

Mais, toujours dans la réalisation, le film était aussi en avance sur son temps dans les prises de vue. Afin de garder un long mystère autour du design des monstres, le cinéaste opte pour des plans en vue subjective, avec seulement l’impression de voir à travers un gros globe oculaire. Cela renforce non seulement l’aspect immonde que l’on se fait des aliens, mais montre aussi ce que ces êtres perçoivent venant de l’être humain. Ainsi, on prend vraiment place à côté de l’extraterrestre et on peut ressentir ce qu’il perçoit de nous, notre dégoût, notre peur et cela est très intelligent, car il renforce la critique d’un être ayant peur de l’inconnu et ne voulant pas essayer de comprendre ce qu’il ne comprend pas. C’est d’ailleurs dit de façon explicite dans le film par le héros qui tente de convaincre le shérif de ne pas tuer les extraterrestres qui ont l’air pacifistes. Bref, d’un point de vue réalisation, le film de Jack Arnold est très en avance sur son temps et préfigure d’autres métrages qui lorgneront du côté de l’invasion extraterrestre.

Au-delà de ça, le scénario demeure très intelligent et il arrive à allier le manque de budget avec une grande efficacité. Evitant soigneusement les map painting ou encore les fond vert (qui sont très présents dans Les Survivants de l’Infini), le film prend réellement son ampleur avec les doppelgangers. En effet, les extraterrestres peuvent prendre apparence humaine, mais leur comportement est bizarre. Cet effet renforce l’horreur qui se dégage du métrage qui a dû être un vrai choc dans les années 50, tant pa la fraîcheur du propos que par son efficacité sans faille. D’autant plus que Le Météore de la Nuit fait la nique aux films de l’époque en mettant en avant des extraterrestres gentils qui ne veulent qu’une chose, se faire la malle de notre planète car l’être humain n’est pas encore prêt à les accueillir. Il y a une réelle maturité dans cet état de fait et une vision très juste de l’intelligence humaine, très souvent limitée, Jack Arnold en profitant pour critiquer une société qui ne se base que sur ce qu’elle sait et jamais sur ce qu’elle peut découvrir en accueillant l’étranger. Il y a donc une vraie portée humaniste dans ce film, qui essaye, en plus d’être apeurant, de faire passer un message sur une société que ne va que se dégradant.

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Au final, Le Météore de la Nuit est un excellent film de science-fiction qui n’a pas pris une ride. Est-ce dû au noir et blanc qui atténue les effets spéciaux artisanaux ? Est-ce dû à l’intelligence sans faille de Jack Arnold qui arrive à trouver le juste milieu entre propos cohérent sur notre société et réalisation digne d’un film d’horreur ? Quoiqu’il en soit, ce film est une petite pépite à découvrir dans une version restaurée de toute beauté et il serait dommage de s’en priver.

Note : 17/20

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Par AqME

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