septembre 28, 2020

Cascadeur – Ghost Surfer

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Avis:

Comme on le sait tous, le marché du disque s’est effondré quand internet est devenu une zone de non-droits avec une disponibilité de folie au niveau des artistes et surtout, un marché de la gratuité qui a tué certains producteurs. Et si d’un côté ce système a brisé beaucoup de personnes, il a permis à d’autres de s’exprimer plus librement et de se faire de la pub sans pour autant passer par les grandes majors qui bouffent tout cru les jeunes premiers et qui ont tendance à prendre peu de risques, ne mettant en avant que ce qui se vend. L’avènement du net a permis aussi de voir l’émergence de certaines idées, de certains artistes avec un feeling, avec un truc bien à eux qui permet de travailler un univers qui n’aurait jamais vu le jour à la télé. On sait que le talent doit tout de même être présent, mais c’est un fait avéré, avec quelques fanfreluches, on peut arriver à se faire un nom. Ce fut le cas des Daft Punk et leurs masques de robot, c’est aussi le cas avec le français Cascadeur, aussi connu sous le nom d’Alexandre Longo. Claviériste puis pianiste, il s’inspire d’un personnage qu’il avait enfant pour son nom et son look de scène, celui d’un cascadeur vintage qui l’on pouvait retrouver sur une moto-cross ou dans un canon. Il se fait vite repérer pour son look mais aussi et surtout pour sa musique qui ne rentre dans aucun style, si ce n’est un mélange d’électro-pop avec quelques pincées de rock. Il connait une certaine renommée avec son premier album, The Human Octopus et confirme avec Ghost Surfer, son second album qui continue sur une bonne lancée.

Le skeud s’ouvre sur Casino et une voix électro qui rappelle immédiatement l’intro de la reprise de Behind Blue Eye de Limp Bizkit. Et si la comparaison s’arrête là, ce premier titre nous permet de rentrer à fond dans l’univers du chanteur. Complètement aérien, voire stratosphérique, ce premier titre est d’une efficacité sans faille, avec un piano, une voix qui fait très féminine et des chœurs qui renforce un aspect presque christique de science-fiction. C’est assez lent, mais l’ambiance est bien prégnante et on se laisse porter par ce style qui peut rappeler à bien des égards à du Pink Floyd, avec ce qu’il faut de rock psychédélique et d’atmosphère aérienne. Cette sensation de flottement agréable sera ensuite confirmée avec Visage Pâle, un titre à la guitare sèche et basse, permettant au chanteur de poser sa voix doucereuse, aidé par des chœurs féminins et l’ensemble est très reposant, très calme, mais d’une beauté indéniable. On aura encore cette sensation avec les deux titres suivants, Ghost Surfer et Kisses, deux jolis titres qui poussent au repos et à la réflexion.

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Si l’on prend l’album dans sa globalité, Ghost Surfer est un excellent skeud, reposant et qui possède quelques compositions fort intéressantes par leur structure et leur ambiance si forte. Cependant, on peut reprocher beaucoup de choses à ce second album, qui peuvent ressembler à des erreurs de jeunesse. En premier lieu, l’album manque vraiment de variété. Tout le skeud est sur la même tonalité et le même tempo. Il y a très peu de titres qui sortent du lot et parfois, c’est assez ennuyant, car finalement, rien ne reste vraiment en tête. D’autant plus que dans un élan de générosité, Cascadeur a offert seize titres dans cet album, ce qui fait beaucoup de morceaux à mémoriser et c’est assez difficile de se souvenir de tout. C’est un peu le problème des albums avec beaucoup de titres à l’intérieur, c’est que l’on ne peut pas prendre le temps de plusieurs écoutes que déjà on a oublié le morceau précédent. Mais il faudrait être vache de tacler l’album sur cela, car rares sont les artistes aujourd’hui qui fournissent autant d’effort pour parfaire leur petit bébé. Enfin quelques titres sont moins intéressants que d’autres comme The Crossing ou Dark Passenger qui sont de morceaux honorables mais que l’on oublie aussi sec.

Au final, Ghost Surfer, le dernier album en date de Cascadeur, est un album tout ce qu’il y a de plus mélodique et reposant, grâce à des compositions gracieuses et un style très aérien qui prône le rêve et la détente Cependant, trop de morceaux parsèment cet album qui perd parfois en intensité et qui n’arrive pas toujours à emporter son auditeur, la faute à une propension exagérée dans l’écriture et un tempo qui reste toujours le même. Bref, un album éminemment sympathique mais auquel il manque quelques petites choses pour être parfait.

  1. Casino feat Eric Pudilo and Tim Smith
  2. Visage Pâle feat Eric Pudilo and Tim Smith
  3. Ghost Surfer feat Dj Pfel
  4. Kisses
  5. Mohawk
  6. The Odyssey
  7. The Crossing feat Stuart A. Staples and Médéric Colligon
  8. Ladyday (Lady Double) feat Tigran Hamasyan
  9. Standalone
  10. Scarface
  11. White Space feat Eric Pudilo , Tim Smith, Médéric Colligon
  12. Dark Passenger feat Anne-Catherine Gillet
  13. Babylone, Babylon feat Eric Pudilo and Tim Smith
  14. Collector feat Christophe
  15. Road Movie Part 1
  16. Road Movie Part 2

Note: 14/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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