novembre 30, 2020

She-Wolf of London

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De : Jean Yarbrough

Avec June Lockhart, Don Porter, Sara Haden, Jan Wiley

Année: 1946

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

La ville de Londres est secouée par une série d’horribles meurtres. Une belle jeune femme est rapidement soupçonnée, car la rumeur court que sa famille serait soumise à une étrange malédiction…

Avis:

La légende du loup-garou provient d’une malédiction qui touche un certain nombre de personnes. A chaque pleine lune, des gens étant atteint de lycanthropie deviennent des loups et doivent tuer une personne pour retrouver une forme normale. Très répandu parmi les cultures tziganes, le mythe du loup-garou a eu un certain succès au cinéma, permettant d’explorer le mal-être d’un homme souhaitant redevenir humain ou mourir car il lui est insupportable de donner la mort. Etrangement, si l’axe de réflexion du lycanthrope est intéressant, il fut assez peu exploité au cinéma, préférant inclure le loup-garou dans des réunions de grands monstres comme la créature de Frankenstein ou encore le comte Dracula. En 1935, Le Monstre de Londres sortait sur les écrans, et proposait une vision totalement différente du loup-garou, voulant abandonner l’aspect ésotérique de la chose pour en aborder le côté scientifique. Il en résultait un film assez bancal, parfois ennuyeux, mais qui avait le mérite d’aller chercher des points d’accroche ailleurs que dans la redite. C’est aussi ce qu’il va se passer avec She-Wolf of London, qui possédera un titre bien trompeur.

June - blood on hands

Au début du film, tout laisse à penser qu’un loup-garou sévit dans un parc londonien. On aura droit à des meurtres, seulement suggérés, et à une jeune fille qui pense que sa famille est maudite à cause d’une vieille légende. Elle tombe alors dans une sorte de dépression et essaye tant bien que mal de s’enfermer. Jusque-là, on tombe dans le domaine du connu, puisque nous avions la même chose avec le premier personnage du Loup-Garou tenu par Lon Chaney Jr., un personnage qui cherchait la rédemption et une solution radicale à son problème. Sauf que She-Wolf of London sera bien différent dans sa suite. Le film durant moins d’une heure, il fallait bien faire une intrigue assez courte et plutôt convenue. Une intrigue qui démarre bien et qui maintient un certain suspens sur l’éventuel loup-garou. Car notre héroïne, jouée par June Lockhart, sera gardée par deux autres femmes, dont les comportements laissent à désirer. A partir de là, le film tombe dans le policier, essayant de tromper le spectateur sur l’éventuel meurtrier ou loup-garou. C’est d’ailleurs grâce à cela que le film ne tombe pas dans l’ennui et la redite, essayant au maximum de brouiller les pistes et de proposer le mythe du loup-garou sous une autre forme.

Car on s’éloigne grandement de l’aspect scientifique afin d’aboutir à quelque chose de plus ésotérique, même si dans le fond, on demeure dans un fond très terre à terre. Peut-être trop car le métrage a bien du mal à garder son secret scellé, le spectateur contemporain comprenant très vite les tenants et les aboutissants du film. Si on peut pardonner cela à un film comme Crimson Peak aujourd’hui, notamment grâce à une réalisation de folie et une ambiance gothique, il est plus difficile de pardonner à She-Wolf of London qui possède une mise en scène classique et sans panache. Même les séquences d’extérieur sont assez fades et ne permettent pas de dire que ce film est un grand film. Encore pire sur les séquences d’attaque, qui sont toutes occultées et qui manquent d’une vraie ambiance pour se sentir effrayé.

Mais le film tient principalement sur les frêles épaules de June Lockhart, une pauvre victime qui pense être la bête responsable de tous les maux. L’actrice est relativement juste et il est assez intéressant de voir qu’enfin, une femme tient un rôle important dans un film de monstre. En effet, on s’éloigne des personnages horrifiques masculins pour arriver à des protagonistes féminins forts, parfois malsains et cela montre un nouvel axe de la malédiction du loup-garou, celui de l’opportunisme mais aussi de la remise en question. Un axe qui a déjà été effleuré avec Le Loup-Garou de George Waggner, mais qui trouve ici tout son sens et demeure le principal intérêt du métrage. Il est juste dommage que le titre soit si trompeur sur son contenu, mais propose un réel changement avec le mythe du loup grâce à des femmes dans les rôles principaux.

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Au final, She-Wolf of London est un film très court (moins d’une heure) et qui reste assez anecdotique dans la filmographie du loup-garou. Travaillant un nouvel axe sur le mythe du loup-garou, le film de Jean Yarbrough se perd toutefois dans une réalisation assez plate et un scénario vite convenu dans ses grandes lignes qui ne laisse aucun doute sur la nature des personnages et leur motivation. Il en résulte un petit film, pas désagréable, mais loin d’être inoubliable.

Note: 11/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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