Bis

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De : Dominique Farrugia

Avec Kad Mérad, Franck Dubosc, Gérard Darmon, Alexandra Lamy

Année : 2015

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Éric et Patrice sont amis depuis le lycée. Au fil des années, chacun a pris un chemin très différent : d’un côté Éric, hédoniste sans attaches aux multiples conquêtes, et de l’autre Patrice, père de famille « monogame » à la vie bien rangée. Après une soirée bien arrosée, les deux amis d’enfance se retrouvent propulsés en 1986 alors qu’ils n’ont que 17 ans. Ce retour dans le passé est l’occasion rêvée pour tenter de changer le cours de leur vie. Que vont-ils faire de cette seconde chance ?

Avis :

Le cinéma est un éternel recommencement, un cercle vicieux, un serpent qui se mord la queue, surtout quand on commence à voir poindre des remakes, des reboots ou encore des films qui brassent les mêmes thématiques comme les voyages temporels. Et il faut croire que Peggy Sue se Marie de Francis Ford Coppola a fait des émules un peu partout dans le monde et plus particulièrement en France. Car si Camille Redouble de Noémie Lvovsky fut une réussite critique et commerciale, il faut croire que certains journalistes ont la mémoire courte et la plume facile, car personne n’a fait la corrélation avec la version ricaine qu’elle plagie honteusement. Quoiqu’il en soit, le fait de partir dans le passé de sa jeunesse pour pouvoir balayer ses regrets d’un revers de main, c’est du déjà vu dans le cinéma contemporain et les scénaristes ont bien du mal à faire du neuf avec du vieux. Bis n’échappera pas à la règle, et pire que ça, il chutera dans les méandres des navets français à cause de deux acteurs en perpétuel surjeu et des gags qui tombent constamment à plat.

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Non pas que l’on remette en cause l’humour de Dominique Farrugia qui se place derrière la caméra, même si le temps des Nuls est depuis longtemps révolu, mais Bis est un condensé de tout ce qu’il ne faut pas faire pour parfaire une comédie. Et le principal problème provient des personnages qui sont détestables. Le film se base sur le concept du buddy movie avec un médecin à la vie de famille tranquille et un homme endetté à la vie frivole. Perclus de clichés, le film n’arrivera jamais à nous faire aimer ces deux personnages qui n’ont que des regrets, chacun voulant vire la vie de l’autre. Leur relation amicale n’est que très peu exploitée, peu explicite et elle ne sera qu’un prétexte à des rixes autour des nanas dans un passé assez proche.

Un passé dans les années 80 qui permettra au scénariste de s’appuyer sur des gags temporels très lourds et qui ne fonctionneront jamais. A titre d’exemple, pourquoi chanter Les Dix Commandements ou essayer de faire passer le scénario de mauvais films pour essayer de gagner de l’argent ? Est-ce là la culture française ? Se limiter aux Visiteurs ou à une comédie musicale de merde ? Du coup, le film prend un tournant relativement nauséabond, continuant dans sa démarche de faire dans le mauvais et dans les jeux de mots vaseux. Certains moments en sont même gênants, comme la longue discussion autour de l’heure d’un coup de fil qui est d’une nullité affligeante. Mais pire que cela, le duo ne marchera jamais, on ne croira jamais à cette histoire de retour dans le passé et les tenants et aboutissants sont d’une maigreur à faire passer un somalien pour un obèse. Cela démontre toute l’étendue de l’étroitesse d’esprit de la nouvelle comédie française, qui se base sur la moquerie (pauvre Desireless qui en prend plein la gueule pour pas un rond) ou sur une recherche d’une autre vie sans jamais réussir à l’obtenir.

D’ailleurs, le propos profond du métrage est puant. En effet, si pour l’un des personnages, il y a une réelle remise en question autour de sa vie plan-plan, qu’il redécouvre avec bonheur, pour l’autre, ce retour lui permettra de changer le futur et de réécrire un brouillon de vie pas très réjouissant. Et c’est moche de bien montrer aux gens que leur brouillon de vie, qu’ils garderont pour toujours, ne pourra jamais se réécrire. Il y a vraiment un côté fallacieux dans ce film qui expose de façon appuyée la vie de merde qu’ils ont et qu’ils ne pourront jamais la changer. Plutôt que de travailler sur l’évolution des mœurs (à peine effleuré pour les technologies), le film se contente du minimum syndical et n’aborde à aucun moment le fait de se taper une plus jeune que soi. C’est-à-dire que même si physiquement les personnages paraissent 17 ans, ils ont une mentalité de quarantenaire et de ce fait, il doit bien y avoir un problème d’éthique. Mais le film fait complètement l’impasse sur cet aspect là faisant presque passer Dubosc et Mérad pour des pédophiles.

Alors après, il y a bien des moments plus touchants que d’autres et des instants de vérité, à l’image de la relation entre Dubosc et son père, qui se sont disputés cette année-là pour une broutille, conduisant à un silence jusqu’à la mort du père, et dont le retour permet une certaine réparation, mais encore une fois, ces moments sont trop rares, alors que c’est là-dessus que le réalisateur aurait dû s’appuyer.

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Au final, Bis de Dominique Farrugia est un très mauvais film, une comédie d’une bassesse sans nom et qui peut se targuer de ne pas être drôle. Se voulant profonde et originale, le film accumule les facilités et en devient presque dérangeant lorsqu’il fait des références à des films tout aussi mauvais (Camping pour ne citer que lui). D’autant plus que le retour en arrière n’aura jamais aucune explication, facilitant ainsi un travail d’écriture qui laisse déjà à désirer. Bref, une comédie à éviter absolument.

Note : 02/20

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Par AqME

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