octobre 26, 2020

Rango

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De : Gore Verbinski

Avec les Voix de Johnny Depp, Isla Fisher, Abigail Breslin, Ned Beatty

Année : 2011

Pays : Etats-Unis

Genre : Animation

Résumé :

Alors qu’il mène sa vie sans histoire d’animal de compagnie, Rango, caméléon peu aventurier, est en pleine crise d’identité : à quoi bon avoir des ambitions quand tout ce qu’on vous demande, c’est de vous fondre dans la masse ?
Un jour, Rango échoue par hasard dans la petite ville de Poussière, dans l’Ouest sauvage, où de sournoises créatures venues du désert font régner la terreur. Contre toute attente, notre caméléon, qui ne brille pas par son courage, comprend qu’il peut enfin se rendre utile. Dernier espoir des habitants de Poussière, Rango s’improvise shérif et n’a d’autre choix que d’assumer ses nouvelles fonctions. Affrontant des personnages plus extravagants les uns que les autres, Rango va-t-il devenir le héros qu’il se contentait jusque-là d’imiter ?

Avis :

Depuis l’avènement des effets spéciaux et le développement fulgurant de l’informatique, le cinéma d’animation s’est clairement développé, au point d’envahir les grands écrans à raison de quasiment un film toutes les deux semaines. Et si le crayon est toujours privilégié par le cinéma d’auteur pour livrer des œuvres plus intimistes, les effets numériques ont bouffé tout le reste, enlevant un petit peu d’humanisme à toutes ces créations. Sauf que Pixar est passé par là et le studio a réussi à faire plus humain que les traits de feutre grâce à des histoires touchantes et émouvantes. Et  ce cinéma s’est tellement démocratisé que de grands réalisateurs ont décidé de tenter l’aventure, comme Steven Spielberg et Peter Jackson avec Les Aventures de Tintin ou encore Gore Verbinski et son Rango. Et si l’émotion est moins prégnante que dans un film de chez Pixar, il en résulte un film hybride qui s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes avec des références dans tous les sens.

Rango
Rango

Et c’est peut-être bien là le principal défaut de Rango qui n’arrive pas  trouver un juste équilibre entre le ton enfantin et le ton adulte pour satisfaire tout le monde. Si on trouve dans le métrage tout ce qui fait partie du cinéma pour enfants avec des gags et des situations loufoques, le film sera tout de même bien plus mature que bien d‘autres œuvres et donc difficile d’accès pour de jeunes enfants. Entre les références sur le western, sur la recherche de soi et l’esprit de l’Ouest, ainsi que des passages assez violent, notamment au niveau des dialogues, Rango a du mal à se situer dans le ton à employer. D’ailleurs, la scène d’introduction est très bizarre, avec un personnage principal jouant la comédie et un tatou qui se fait écraser, donnant directement le ton d’un film parfois barré, parfois plus terre à terre. Même au niveau du graphisme, on retrouve un certain réalisme qui colle plus à un film pour ado qu’un film pour enfants.

Néanmoins, le message que veut véhiculer le film est totalement louable même s’il reste difficile à comprendre. Rango évoque le chemin de la vie que l’on emprunte et les différentes difficultés à surmonter pour devenir celui que l’on rêve d’être. Le film part alors d’un personnage plein de rêves mais qui va se retrouver devant un défi un peu trop gros pour lui. Il faudra alors qu’il trouve du courage pour réussir dans ce chemin qui va le révéler. Un chemin parfois ambigu, avec un personnage souvent peureux et lâche mais qui va toujours retomber dans ses bottes pour aider les autres. De ce fait, les jeunes y verront un message d’espoir et d’abnégation qui fait du bien dans un monde égoïste, un message dont on a besoin pour développer un altruisme disparaissant petit à petit. En transparence, le film développe aussi le problème de la sécheresse aux Etats-Unis et plus précisément en Californie, où les villes assèchent les déserts pour se développer. Du coup, on aura aussi un message écologique fort, mais qui ne prend pas le dessus sur le message premier, qui vise les plus jeunes.

Mais là où le film frappe fort, c’est dans sa réalisation et Gore Verbinski se lâche complètement dans une mise en scène folle qui fourmille d’idées. Si les passages de palabres sont assez anecdotiques, malgré quelques jeux de caméra qui rappellent le cinéma live, ce sont les scènes d’action qui sont très impressionnantes. Il suffit de voir la scène de combat dans les airs à dos de chauve-souris pour découvrir tout le talent du réalisateur des Pirates des Caraïbes. Rondement menée, cette scène vaut à elle seule la vision du film, tout comme lorsque le rapace poursuit Rango dans une bouteille de verre. Cela est d’autant plus impressionnant que le graphisme, relativement réaliste, renforce ce côté nerveux, cet aspect épique qui habite le métrage.

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Au final, Rango de Gore Verbinski est un film d’animation qui se ressemble à aucun autre. Nanti d’une réalisation au cordeau et de séquences incroyables, le film demeure intéressant dans son fond, mais ne trouve pas le bon équilibre pour le public visé. Il est certain que la plupart des enfants n’y trouveront pas leur compte, ne comprenant pas forcément le quart des références et ne voyant pas la projection vers un monde humain qui ne souhaite qu’une chose, le développement à tout prix et l’argent au mépris de l’écologie et des autres personnes. Un film donc intéressant, rondement mené, mais avec des défauts plus ou moins importants en fonction du public visé.

Note : 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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