Mon Idole

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De : Guillaume Canet

Avec Guillaume Canet, François Berléand, Diane Kruger, Philippe Lefebvre

Année : 2002

Pays : France

Genre : Comédie dramatique

Résumé :

Bastien, un jeune homme de 28 ans, est chauffeur de salle pour une émission télévisée à succès intitulée « Envoyez les mouchoirs ». Il est également l’assistant de Philippe Metzger, un animateur vedette quelque peu arrogant, et son souffre-douleur. Cette situation lui permet tout de même d’approcher son idole, un producteur de génie s’appelant Jean-Louis Broustal.
Un jour, ce dernier l’invite à passer un week-end à la campagne afin de travailler sur un nouveau concept d’émission que Bastien a imaginé : « La Preuve en images ». Celui-ci accepte sa proposition et fait la connaissance de sa charmante épouse, Clara. Le jeune homme ambitieux ne va pas tarder à découvrir la face cachée de son employeur et ses véritables intentions.

Avis :

Guillaume Canet est l’un des comédiens français les plus populaires. Il commence sa carrière au début des années 90 et trouve très vite les bons rôles qui le font sortir au milieu des autres. Travaillant avec d’excellents et grands réalisateurs, Pierre Jolivet, Philippe Haïm, Patrice Chéreau, Andrzej Zulawski ou encore Danny Boyle, le monde du cinéma semble lui ouvrir les portes en grand. Mais être comédien ne lui suffit pas et Guillaume Cannet caresse la douce envie de réaliser. Très vite, même, l’acteur passe aux courts-métrages. Entre 1995 et 2000, Guillaume Canet va alors réaliser quatre courts-métrages pour arriver enfin en 2002 avec son premier long, « Mon Idole« .

« Mon Idole » est donc le premier film de Guillaume Canet et l’on peut dire que le comédien commence bien sa carrière derrière la caméra en livrant un film plus qu’intéressant. Un film dur et cynique, qui mélange habilement l’humour noir et le drame. Un film qui surprend aussi de par ses thématiques et l’œil acerbe qu’il jette sur le monde de la télévision, mais aussi sur la société de consommation. Mais c’est aussi un film qui aura ses défauts et ses maladresses et notamment un côté très (trop) démonstratif dans la mise en scène qui ressemble quelque peu à un déballage de compétences, ce qui donne à « Mon Idole » un côté brouillon.

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Bastien est un jeune qui travaille comme chauffeur de salle à la télévision. Bastien est aussi l’assistant personnel de Philippe Metzger qui est l’animateur vedette de la plus grosse émission du studio. Pour Bastien, ses deux jobs n’ont qu’un but, se faire une place petit à petit et peut-être se faire repérer par Monsieur Broustal, le patron du studio. Bastien a même une idée d’émission, « La preuve en image », qui s’accorderait pile-poil avec ce que Monsieur Broustal recherche. L’homme l’ayant repéré, il l’invite à passer un weekend chez lui avec sa femme. Un weekend qui pourrait bien être la chance de sa vie… Mais ce weekend de travail comme l’avait imaginé Bastien va être radicalement différent de tout ce qu’il aurait pu imaginer.

Avec ce premier film, Guillaume Canet livre un film très surprenant de par son ton virulent envers le monde de la télévision. « Mon Idole » est un film loin de toute convention qui n’hésitera pas à entrer dans la caricature pour en grossir les défauts jusqu’à l’absurde. Souvent dramatiquement très drôle, « Mon Idole » est aussi un film très violent aussi bien dans son propos que visuellement.

Sur un scénario signé de Guillaume Canet lui-même, aidé de son complice Philippe Lefebvre, le jeune réalisateur nous invite à entrer dans un monde de faux-semblant qui ferait rêver beaucoup, comme le personnage principal du film. Mais derrière les paillettes, la gloire et la richesse se cache en réalité un monde d’horreur, de cynisme et de rapaces. Un monde où seul compte le résultat. Un monde à l’image de l’ouverture du film. Guillaume Canet ouvre son film sur une émission immonde, qui ne respecte rien, qui tombe dans le sensationnel pour accrocher le public. Bienvenue à la télévision et étrangement, le genre d’émission que se sont amusées à écrire Canet et Lefebvre, dans le sensationnalisme, est étrangement prémonitoire de ce qui peut se faire aujourd’hui, afin d’empêcher un public toujours plus en demande de zapper. L’intrigue de Canet ira plus loin encore dans sa critique, puisque c’est loin des plateaux que va se dérouler son abject sadisme. Emportant et enfermant ses personnages dans une maison de campagne, Guillaume Canet va nous décrire un couple en mal de sensations. Un couple perdu et déconnecté de la réalité qui après avoir tout eu, s’ennuie à mourir dans leur vie. Plusieurs scènes seront dérangeantes, notamment une proposition très malsaine. Et c’est bercé dans un humour noir presque foudroyant que Guillaume Canet va nous faire autant sourire que réfléchir et nous tenir jusqu’à sa conclusion. Une conclusion pleine de sens, qui mettra un très beau point final à son film.

Comme vous pourrez le constater, dans le scénario, on n’aura trop rien à reprocher à « Mon Idole » et c’est avec plaisir qu’on s’aperçoit que Guillaume Canet tient très bien la route. Mais comme on le disait plus haut, « Mon Idole » a ses défauts et en plus d’un rythme parfois inégal, le plus dérangeant sera celui de vouloir trop en faire. Quand on regarde « Mon Idole« , on a la désagréable sensation que Guillaume Canet ne sait pas trop comment s’y prendre pour nous démontrer qu’il sait filmer et qu’il sait tout filmer. Ainsi, le film a le droit à de jolies séquences animées, de beaux plans, puis pour donner plus d’action et de vie, Guillaume Canet va s’amuser à accrocher sa caméra un peu partout, sur un pommeau de douche, sur une cuillère, sur son torse et le tout donne un aspect très brouillon qui part dans tous les sens. Alors que le rythme est assez lent, on reste surpris et presque agressé par ses plans-là. Des plans qui ne sont pas toujours bons en plus de ça. Après, ça reste de petites erreurs et surtout des maladresses qui font que le réalisateur apprend, puisque ce côté, on ne le retrouvera pas dans « Ne le dis à personne » ou « Les petits mouchoirs« . Et malgré tout, le film reste très divertissant et agréable sur son ensemble.

Le film est desservi par des comédiens qui s’en donnent à cœur joie, comme François Berléand qui est absolument hilarant d’horreur à chaque réplique. Les rapports qu’il entretient avec Guillaume Canet, qui incarne Bastien, sont tour à tour tristes, drôles, tendus et violents… Bref, ils sont le centre du film et se révèlent passionnants tout le temps. On trouvera aussi Diane Kruger qui démontre un certain talent pour le cynisme. Pour le reste du casting, on remarquera que Guillaume Canet a fait appel à ce qui sera sa clique habituelle. Ainsi, on trouve dans divers petits rôles, Gilles Lellouche, Anne Marivin, Laurent Lafitte, Philippe Lefebvre ou encore Clotilde Courau.

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Donc malgré ce côté brouillon, malgré le manque de rythme, avec ce premier film, Guillaume Canet démontre un sacré joli talent et c’est le bon côté, cet humour dérangeant, ou encore ce portrait sans langue de bois, qui est si grossi qu’il tourne à la farce, qu’on retiendra.

Note : 13,5/20

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Par Cinéted

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