novembre 30, 2020

La Créature est Parmi Nous

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Titre Original : The Creature Walks Among Us

De: John Sherwood

Avec Jeff Morrow, Rex Reason, Leigh Snowden, Gregg Palmer

Année: 1956

Pays: Etats-Unis

Genre: Fantastique, Horreur

Résumé :

La créature est capturée par un scientifique qui l’utilise pour certains de ses travaux. Jusqu’à ce qu’elle s’échappe et parte se venger en ville.

Avis :

Seul monstre à avoir été créé par les studios Universal, l’étrange créature du lac noir est complètement à part dans la panoplie des monstres de la belle époque. Au milieu de la créature de Frankenstein, du comte Dracula ou encore de la Momie, ce monstre marin se détache par ses rapports avec l’humain et la relation étroite qu’il entretient avec King Kong. Plus proche de l’animal que du monstre, cette créature s’est dotée d’un premier film touchant et intéressant et d’une première suite qui s’amusait à dénoncer les méfaits des parcs zoologiques et la folie des hommes à toujours vouloir tout contrôler, même ce qui est sauvage. D’un point de vue purement écologique et critique sociétale, l’étrange créature était le catalyseur d’un cinéma fantastique intelligent et dénonçant des dérives humaines. Dérives pour lesquelles les hommes vont payer de leur peau. La Créature est Parmi Nous est le dernier film mettant en avant l’étrange créature du lac noir, et pour le coup, le film arrive  trouver un nouvel axe pour ne pas ennuyer son spectateur. Mais le seul problème, c’est que John Sherwood, assistant de Jack Arnold, réalise un film qui frôle le documentaire scientifique et qui en oublie l’essentiel, divertir.

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Car c’est là le principal problème de ce film très court, à peine une heure et quart, c’est qu’il parle énormément de sciences et de manipulation génétique, sans pour autant assumer son statut de film fantastico-horrifique. Dès le départ, le ton est donné et on retrouve les éléments essentiels de ce genre de film, avec la capture de la créature. Ici, l’importance est donnée sur les nouvelles technologies, permettant de voir sous l’eau grâce à un sonar ou encore d’endormir la créature avec un anesthésiant puissant. Et si le départ essaye de brasser d’autres genres avec notamment la femme du médecin qui sème le trouble dans le groupe à cause de son charme certain, le film se perd dans des tergiversations pas forcément nécessaires. D’autre part, si le film se centralise beaucoup sur les manipulations génétiques et la physionomie de la créature, marquant du coup un changement de design, on perd en efficacité et en action. Si on ne demande pas à ce qu’elle soit frénétique, il manque clairement des moments plus tendus où la créature prend une place centrale.

Dans une volonté de placer la violence du côté humain, John Sherwood préfère axer son histoire sur la relation tumultueuse entre le médecin, jaloux et agressif, et sa femme qui en a ras-le-bol du métier de son mari. Si c’est une bonne idée, on remarquera là aussi que tout cela manque de panache et de finesse. D’autant plus que lorsque la créature commence à être apprivoisée, cette violence ne viendra pas de l’homme, mais d’un animal qui cherche à se nourrir. De ce fait, on a l’impression que le réalisateur cherche à dédouaner l’imbécilité humaine par un instinct animalier justifié. Et c’est dommage car tout le cheminement pour arriver à la conclusion finale est plutôt bien pensé et même s’il parait un peu long, il demeure logique. Les élucubrations biologiques sont intéressantes et font preuve d’une certaine naïveté, surtout quand on le recontextualise aujourd’hui. Cependant, il y a une réelle recherche dans les différentes fonctions vitales du monstre, chainon manquant entre l’homme et le poisson. On y retrouve alors les thèmes sur les manipulations génétiques et sur les mutations physiques. Devenant plus humaine, la créature change et montre comment l’homme, par son idiotie, va essayer de la faire devenir docile pour faire plus de recherche.

Fort heureusement, la toute fin va relever le niveau et propose de véritables moments de violence exacerbée, d’une part chez l’homme, puis chez la créature. Tout d’abord, c’est la nature même de l’homme qui va faire surface, avec une jalousie explosive qui va conduire à une tentative de meurtre. La créature voyant cela, elle va péter un plomb et essayer de tuer les individus qui représentent un danger pour elle. Ainsi, dans un dernier acte fougueux, on va avoir droit à une séquence de destruction et à une certaine humanisation de la bête, qui va se contrôler et qui va finalement avoir de la miséricorde, comme une sensation de pitié, pour devenir presque plus humaine que l’homme. Et c’est dans ce miroir inversé que le réalisateur trouve une réelle portée à son film, apportant une réflexion majeur sur ce que l’on est, profondément, et ce que l’on fait subir à la nature. Il est juste dommage que le film se perde tant dans des palabres scientifiques quasiment inutiles.

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Au final, La Créature est Parmi Nous de John Sherwood est un film sympathique et relativement intéressant dans son dernier quart, mais il est le moins bon des trois films. Très bavard, le film se perd surtout dans des élucubrations scientifiques souvent barbantes et qui sont, pour le coup, antinomique du divertissement, chose première que doit être un film. Loin d’être désagréable, il en ressort un film un peu trop déséquilibré mais qui rattrape son spectateur sur la fin grâce à une violence percutante et un message éthique important.

Note : 12/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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