The Walking Dead Saison 2

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Résumé :

 

Apeurée, Clémentine l’est toujours (un peu), fillette en revanche, beaucoup moins. Plus de 16 mois (sans doute près de deux ans) après la disparition de Lee, Clem a grandi, sa voix n’est plus aussi fluette, son visage s’est légèrement affiné et son innocence s’est en partie envolée. Seule, perdue, affamée, agressée, l’enfant adoptif de quelques millions de joueurs commence à appliquer les leçons que nous lui avons prodiguées.

Avis :

Avec la première saison de The Walking Dead, Telltale Games avait insufflé une réelle identité dans un jeu à licence, chose assez rare pour le souligner. Mieux encore, le développeur américain avait peaufiné sa vision novatrice du point’n click pour offrir au genre un second souffle avec des mécaniques simples et bien huilées. Il en ressortait un titre original, immersif et non dénué d’une touche émotionnelle. Au vu d’une conclusion percutante, il était presque obligatoire de voir arriver dans la foulée une suite pour reprendre l’histoire là où on l’avait laissée. L’alchimie fonctionne-t-elle toujours ?

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Pour ceux et celles qui auraient parcouru le premier volet, on peut conserver sa sauvegarde avec tous les choix que l’on a faits auparavant. Dans le cas contraire, vous démarrez une partie avec certaines bases au niveau de l’intrigue et des personnages sans entrer en contradiction avec la saison précédente. Loin d’être un gadget ou un clin d’œil pour de fidèles amateurs, on appréciera la transition qui, néanmoins, laisse de côté l’épisode additionnel 400 Days. Pour autant, les conséquences de chaque décision et de certaines prises de position sont réelles. Si on a déjà pu voir des concepts similaires dans d’autres titres, ils n’offraient que peu d’incidences sur la suite des événements. À la rigueur, le comportement du joueur était perceptible via un dénouement multiple.

Ici, c’est à chaque épisode (eux-mêmes décomposés en chapitres) que la tournure des faits change. Il faut faire preuve de réflexes et de jugeotes pour donner une réponse qui nécessite parfois de la rapidité. Une situation d’urgence, un plan à préparer, des priorités à privilégier… L’on a beau se retrouver dans la peau d’une petite fille, le monde dans lequel elle progresse n’est pas fait pour les enfants. C’est là qu’on remarque l’évolution de la personnalité de Clementine au regard de ce qu’elle a pu vivre précédemment. Si l’écriture demeure inchangée, il s’en dégage une plus grande maturité dans la manière d’aborder les faits. En découle des situations encore plus dures que ce que l’on a pu voir précédemment.

Il est vrai que les deux premiers épisodes démontrent quelques difficultés à démarrer. La progression reste assez convenue tout en s’agrémentant de quelques sursauts et retournements de situation. Au fil de l’histoire, l’atmosphère gagne en pessimisme et n’hésite pas à malmener les protagonistes (et le joueur, par la même occasion) en les acculant ou en les confrontant aux autres. De fait, l’on en oublierait presque la menace des morts-vivants qui agit en filigrane au regard de l’aspect survivaliste qu’elle provoque. Recherche de vivres, découverte d’un refuge, intégration à une communauté ou nouveaux intervenants qui viennent se greffer au groupe. La succession d’événements entretient une certaine variété sans léser la cohérence de l’ensemble.

Cela reste assez réaliste (du moins, si l’on extrapole sur ce type de situation extrême et inédite) et l’on retrouve l’atmosphère sensible, non dénuée de sentiments, qui passe par une écriture soignée des personnages. Pour autant, si la fibre émotionnelle est présente et sollicite le joueur dans son avancement, celui-ci est moins impliqué pour les phases d’exploration. Si le précédent opus demandait une prise de contrôle minimale, ici, le statut d’histoire interactive est clairement de rigueur. On ne nous donne que peu d’occasions de manier Clementine. Certes, ce n’est pas le centre d’intérêt du titre, mais cet aspect aurait gagné à offrir un challenge (les énigmes et puzzles sont inexistants) en lieu et place d’une certaine linéarité.

Si le plaisir de suivre le récit est réel, la durée de vie, elle, ne dépasse pas la dizaine d’heures. Étant donné le peu de rejouabilité propre aux point’n click, le contenu se révèle assez minimaliste. L’absence de bonus à débloquer (artworks, making of ou autres extras), ainsi que des trophées qu’on obtient un peu hasard ou selon l’orientation qu’on privilégie, limite l’envie d’y revenir aussitôt. Étant donné que l’intérêt de l’intrigue reste prépondérant, il est possible de réitérer l’expérience pour explorer les différents embranchements. Cependant, une telle volonté de s’y remettre (ou appelez cela de la curiosité) nécessite d’oublier en partie les tenants et les aboutissants pour qu’on prenne vraiment plaisir à le redécouvrir. En somme, la démarche est similaire à un film, une série ou un bon roman.

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Au final, The Walking Dead – Saison 2 effectue très peu de changement dans sa formule de base. La prise en main est minimaliste, le concept de choix identique et la progression en ménageant un suspense pas forcément surprenant semblent être la Sainte Trinité de Telltale Games. Si cela fonctionne toujours autant, et ce, malgré un démarrage poussif, cette histoire interactive se démarque par la fibre émotionnelle qu’elle suscite chez le joueur avec un panel de personnages crédibles, tantôt attachants, tantôt pathétiques. Un aspect qui aurait gagné en vigueur avec une bande-son plus présente au fil des chapitres. Il n’en demeure pas moins que ces quelques écueils (et non des défauts) s’effacent bien vite quand on s’immerge pour suivre le parcours de Clementine. L’intrigue tente même de repousser certaines limites fixées par son prédécesseur pour en faire un titre encore plus mature et nihiliste. Un très bon jeu qui privilégie néanmoins sa narration à une quelconque nouveauté ou innovation sur la forme.

Note : 16/20

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Par Dante

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