octobre 27, 2020

La Revanche de la Créature

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Titre Original : Revenge of the Creature

De: Jack Arnold

Avec John Agar, Lori Nelson, John Bromfield, Robert B. Williams

Année: 1955

Pays: Etats-Unis

Genre: Fantastique, Horreur

Résumé :

La créature est ramenée d’Amazonie jusqu’en Floride où les scientifiques qui l’étudient essaient de la domestiquer.

Avis :

Parmi toutes les créatures diaboliques de chez Universal, il y en a une qui ne sort pas d’un quelconque folklore ou d’une œuvre littéraire à succès, c’est l’étrange créature du lac noir. Création inédite de la part du studio qui déjà à l’époque ne prenait pas trop de risque afin d’engendrer un maximum d’argent, servant à financer les prochains films. Quoiqu’il en soit, cette créature aquatique était le chaînon manquant entre le poisson et l’être humain. Sorte de monstruosité que l’on vient déranger dans son environnement, la créature du lac noir sera une réponse à King Kong, tous les deux étant des monstres quasi préhistoriques et refusant une certaine évolution. Fort d’un premier succès signé Jack Arnold, le revoilà aux commandes d’une suite qui sera l’occasion d’aborder d’autres thèmes et de montrer la créature sous un nouveau jour, celui d’une bête traquée pour la recherche scientifique mais aussi et surtout pour son aspect mercantile dans un aquarium. Un film d’horreur donc, mais qui n’oublie pas son propos critique envers une société qui croit détenir la recette magique de l’évolution des espèces.

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Le film démarre comme le premier, avec une expédition scientifique en Amazonie. Sauf que cette fois-ci, les scientifiques sont équipés et vont arriver à capturer la créature, non sans mal. Dès le départ, on sent un profond mépris envers les espèces animales de la part des protagonistes humains. Sûrs d’eux, ils vont tout faire pour capturer cette pauvre bête, utilisant même des bombes afin de l’assommer et laissant des milliers de poissons flottant à la surface. Dès le départ, le film donne un ton assez pessimiste sur l’être humain et sa volonté de tout contrôler. Mais le pire n’est pas là. La suite sera relativement abjecte sur le comportement humain. Enfermant la créature dans un aquarium pour la montrer à un public, le film montre l’aspect commercial de l’exploitation animale. Ainsi, la créature est devenue une bête de foire, enchaînée au fond d’un bassin afin de ne blesser personne. Et malgré la bonté de certains scientifiques, on sent la critique acerbe de Jack Arnold envers un monde qui recherche toujours le sensationnel au mépris des autres espèces, même en voie de disparition.

Cependant, ce n’est pas le seul thème brassé par le métrage. En effet, le film va aussi lorgner du côté de King Kong ou de La Belle et la Bête. Avec la présence de la sublime Lori Nelson (qui ne trouvera d’autres rôles à la hauteur de sa beauté), la bête va commencer à se faire apprivoiser et va tomber amoureuse de la jeune ichtyologue. Il va naître alors une relation ambiguë, incompréhensible pour l’homme et fataliste pour la créature. Une relation qui rappelle bien évidemment les films précités, mais qui a pour vocation de donner plus de profondeur au monstre. C’est grâce à ce schéma que la créature va toucher le spectateur, que l’on ressentira de l’empathie pour elle. On ne pourra s’empêcher de ressentir de la tristesse pour cette bestiole qui est la dernière de son espèce et qui tente par tous les moyens de trouver une partenaire. Cela est d’autant plus flagrant que lors de la première partie, lorsque l’un des scientifiques porte un scaphandre, la créature fait un signe de la main, comme pour charmer une partenaire. Cet aspect, très souvent délaissé pour les autres créatures, demeure le point fort du film et le fait que l’on s’attache à cette créature malgré un costume parfois trop visible.

Le seul petit défaut du film provient de sa mise en scène, un peu trop classieuse et classique et de son amourette qui semble être un passage obligé pour chaque film de cette époque. Néanmoins, le film regorge de plans aquatiques, ce qui était rare en 1955 et ces derniers sont très réussis. Que ce soit dans un milieu naturel ou dans un aquarium géant, Jack Arnold arrive à faire ressentir une certaine solitude chez la créature, notamment en filmant les poissons qui nagent, indifférent face à la créature. On retrouve donc quelques fulgurances dans la mise en scène, et notamment sur la fin aussi, qui déroule une certaine violence, comme lorsque la créature tue gratuitement deux adolescent, dont un en le balançant contre un arbre. Enfin, pour la petite anecdote, on pourra voir un tout jeune Clint Eastwood dans son tout premier rôle au cinéma.

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Au final, La Revanche de la Créature est une suite qui vaut le coup d’œil. Elle vaut le coup d’œil pour son message critique envers la société moderne (qui n’a pas tant changé que ça) qui ne veut que du spectacle et envers la science qui se fout royalement de l’humain et du vivant afin d’arriver à ses fins. Un film plus intelligent qu’il n’y parait, et qui renforce en plus le mythe de la créature du lac noir, qui mériterait amplement d’être réhabilitée aujourd’hui, sans pour autant changer grand-chose au message véhiculée. Bref, une suite de qualité.

Note : 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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