septembre 24, 2020

Gazelle Twin – Unflesh

Gazelle Twin Unflesh

Avis :

Il arrive que parfois, certains musiciens se découvrent sur la tard et se sentent transcender par une démonstration scénique, leur donnant envie d’aller de l’avant dans un style parfois incongru. C’est le cas d’Elizabeth Bernholz qui s’est transfigurée avec la performance de Fever Ray et qui a décidé de monter sur scène avec un masque. Un masque qui ne laisse que sa bouche et cache le reste du visage, faisant comme si elle n’avait pas d’yeux ou de nez. Personnage énigmatique, elle se fait connaître en 2011 sous le nom de Gazelle Twin et son premier album, The Entire City, connait un immense succès critique. Officiant dans un genre électro complètement barré et très difficile d’accès, Gazelle Twin se fait une petite réputation dans le milieu underground anglais et commence petit à petit à percer les frontières. C’est trois ans plus tard qu’elle décide de sortir un deuxième album, Unflesh, qui recevra lui aussi un accueil assez chaleureux de la part de la presse spécialisée. Cependant, après plusieurs écoutes, on peut émettre de grandes réserves sur ce skeud qui demeure déroutant, surprenant, mais aussi très redondant et très anti-musical, dans le sens où les structures des morceaux sont inhabituelles et les rythmiques quasiment inexistantes.

L’album commence avec le titre Unflesh, un morceau qui annonce rapidement la couleur. Une musique électro lourde qui pourrait presque passée pour l’indus, puis une voix bizarre qui répète inlassablement « come and get me ». On se rend vite compte que le titre n’a pas de structure propre, qu’il n’a pas de rythmique intéressante, mais qu’il possède un univers très particulier. En fait, en écoutant ce titre, on ressent un profond malaise, comme si l’on plonger dans un cauchemar sans fin, arpentant lentement des couloirs d’un asile de fous. Si cela peut paraître intéressant, c’est surtout déroutant de trouver cela dans un album d’électro, voire de deep house. Le plus gênant dans tout ça, c’est la redondance de cette absence de rythmique. Durant toute la durée du skeud, on a la sensation d’entendre le même titre inlassablement, à quelques exceptions près. D’ailleurs, le dernier titre, Still Life, fait directement écho au premier, notamment dans les cris de femme. Mais ce manque de variation est assez préjudiciable pour l’entièreté de l’album et on a plus la sensation de se retrouver devant une branlette électro de quelques minutes plus qu’à une réelle performance musicale. Exorcise peut en attester par son vide intersidérale et ses sonorités électro qui n’arrivent jamais à convaincre à moins d’avoir pris des substances illicites auparavant. On peut aussi citer Good Death et sa lenteur insupportable ou encore Child et son inintérêt.

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Mais tout est-il à jeter dans cet album ? Non, mais on n’en pas loin. Il faut dire qu’il faut vraiment gratter la surface de l’album pour trouver des morceaux plus originaux, sortant du marasme pseudo musical dans lequel baigne l’album. On pourra donc compter sur Guts et son beat imbattable qui fait immédiatement hocher la tête malgré des ajouts sonores inutiles et parfois pénibles. On peut aussi parler Anti Body qui demeure un morceau étrange mais rythmé et qui peut parfois faire penser à une intervention de la chanteuse du groupe de métal Otep, car les intonations du morceau sont assez similaires avec sa voix. Néanmoins, point de guitare dans ce morceau, ce serait trop demander à la Gazelle Twin qui se repose sur de l’électro pur et dur. On peut aussi trouver un peu d’apaisement dans Premonition, un morceau qui se rapproche de ce que pourrait faire Emilie Loizeau chez nous, avec une certaine douceur mécanique et une envie de faire plus calme. On a bien Belly of the Beast dont la fin fait penser à une pointe de hardcore, mais le reste du morceau est inintéressant. Quoiqu’il en soit, si certains morceaux sortent du lot, ce n’est pas non plus la panacée, chaque titre étant assez complexe dans sa structure et n’arrivant pas à se sortir d’un carcan imposé pour être à part, pour être différent des autres.

Au final, Unflesh, le dernier album en date de Gazelle Twin, est une expérience sensorielle très bizarre et laisse finalement sur le carreau tant tout est anticonformiste. Très souvent ponctué de vide et de non-sens musical, cet album ne doit son salut qu’à quelques fulgurances électro qui ne sont pas non plus extraordinaires. Bref, un album trop expérimental, pas assez musical et qui n’arrive jamais à se sortir de son genre pour pondre quelque chose d’un peu plus abordable.

  1. Unflesh
  2. Guts
  3. Exorcise
  4. Good Death
  5. Anti Body
  6. Child
  7. Premonition
  8. A1 Receptor
  9. Belly of the Beast
  10. Human Touch
  11. I Feel Blood
  12. Still Life

Note : 05/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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