Lacuna Coil – Delirium

original

Avis :

S’il y a bien un pays qui ne verse pas trop dans le métal, c’est l’Italie. Certes, certains groupes doivent exister, mais ils ont du mal à traverser les frontières, ce qui est d’autant plus vrai s’ils ne chantent pas dans la langue de Shakespeare. Il faut dire que la langue italienne, assez douce, ne se prête pas vraiment à des chants gutturaux ou à des élans de violence, si ce n’est dans les chants grégoriens. Quoiqu’il en soit, Lacuna Coil est LE représentant du métal latin et cela depuis la fin des années 90. Et si Delirium est leur neuvième album studio, nous n’étions pas resté en bons termes avec la formation, puisque deux ans auparavant sortait Broken Crown Halo qui n’avait convaincu personne, s’aliénant trop avec de la pop du plus mauvais goût. Le challenge était donc de proposer quelque chose de plus vif, de plus nerveux, mais aussi de moins mercantile dans sa démarche artistique. Seulement, après avoir goûté de près au succès et à la reconnaissance, il est difficile de faire marche arrière, hormis une bonne claque dans la tronche, comme ce fut le cas pour Linkin Park. Et même si le temps de Comalies ou Karmacode est loin, Delirium est tout de même bien plaisant et offre plusieurs degrés d’écoute.

Le skeud débute avec le morceau le plus long, House of Shame et il surprend dès son introduction. Après quelques litanies, le chanteur lâche un énorme growl pour faire rugir les grattes sur des riffs rapides et agressifs. A partir de là, on va vite se rendre compte qu’une place plus importante est laissée au chanteur, alors que Christina Scabbia aura des parties plus douces, comme le refrain, où les guitares sont moins denses. Quoiqu’il en soit, le départ est fulgurant et étonne par cette volonté entre le thrash et le power de fournir un morceau d’une telle qualité et loin des aspects commerciaux que l’on pouvait reprocher au groupe. D’ailleurs, et malgré une intro moins percutante, le groupe poursuit son effort avec Broken Things, dont les riffs se rapprochent du djent, tout en restant plus abordable et écoutable. On retrouve parfois les travers du tube mercantile avec des couplets posés pour que la chanteuse puisse poser sa jolie voix, mais globalement, le titre reste bien agressif. On pourrait reprocher la voix parfois trop nasillarde de la chanteuse dans les moments plus puissants, mais cela reste franchement tolérable. On retrouvera ces mêmes schémas musicaux avec de nombreux titres dans l’album comme Claustrophobia, My Demons ou encore Delirium, qui sont des morceaux qui se ressemblent un peu.

Lacuna-Coil-2012

Et c’est certainement là le point faible du groupe, qui n’arrive pas à fournir des titres suffisamment variés ou avec des structures différentes pour rester en tête. Si chaque titre passe relativement bien, grâce à des structures simples et des riffs assez agressifs, il faut dire que tout cela manque de panache. D’ailleurs, seulement deux titres oseront le défi du solo de gratte comme sur Claustrophobia, rajoutant une plus-value considérable au morceau, mais pour le reste, on a la sensation que le groupe se contente parfois du minimum syndical pour complaire aux fans. Ne trouvant jamais un vrai équilibre entre efficacité et technicité, le groupe se perd dans des titres efficaces sur le moment, mais vite oubliable et c’est dommageable. D’autant plus que l’on sent un véritable effort pour apporter de la variété et parfois cela marche, comme sur la pseudo ballade Downfall, qui sera une piste plus calme et réussie. Après, on ne peut pas non plus reprocher au groupe de fournir des pistes plus accessibles avec des refrains entêtants comme Take me Home par exemple, qui reste binaire mais dont on se surprendra à chanter en même temps que la chanteuse durant le refrain.

Au final, Delirium, le dernier album en date de Lacuna Coil, n’est pas mauvais, loin de là, il reste d’ailleurs nettement supérieur au précédent album, permettant au groupe de renouer avec une musique qui colle plus à leur style. Certains titres sont très efficaces, et dans sa globalité, l’album est plutôt plaisant. Mais comme à son habitude, le groupe a du mal à se sortir d’un carcan mercantile, n’arrivant plus à fournir des titres de grande envergure sans tomber dans une facilité structurelle. Mais ne boudons pas notre plaisir immédiat face  un album tout de même fort sympathique et recommandable pour les fans de métal.

  1. House of Shame
  2. Broken Things
  3. Delirium
  4. Blood, Tears, Dust
  5. Downfall
  6. Take me Home
  7. You Love Me Cause I Hate You
  8. Ghost in the Midst
  9. My Demons
  10. Claustrophobia
  11. Ultima Ratio

Note: 14/20

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Par AqME

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