octobre 26, 2020

Le Pont du Roi Saint-Louis

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Titre Original : The Bridge of San Luis Rey

De: Mary McGuckian

Avec Gabriel Byrne, Robert De Niro, Kathy Bates, Harvey Keitel

Année : 2005

Pays : Angleterre, Etats-Unis, Espagne

Genre : Historique

Résumé :

Le vendredi 20 juillet 1714, à midi, le plus beau pont du Pérou se rompt et précipite cinq voyageurs dans un gouffre. Témoin de la scène, le frère Juniper mène l’enquête pour répondre à cette question : la présence de ces cinq étrangers sur le pont au moment de sa rupture était-elle un « acte de Dieu » ou le simple fait du hasard ?
Convaincu que cet accident est l’exemple parfait de la mécanique divine, le moine va démêler les vies pour mieux tenter de comprendre le mystère qui les liait.

Avis :

Mary McGuckian est une réalisatrice irlandaise qui est quasi inconnue par chez nous. Pourtant « le pont du Roi Saint-Louis » n’était pas son premier film, ni même son dernier. Pourtant, c’est le seul qui ait trouvé le chemin de nos salles, car quand on jette un rapide coup d’œil sur sa filmographie, on se rend compte que la cinéaste n’a pas moins d’une dizaine de films à son compteur et qu’elle a même réalisé un remake du film de Patrice Leconte, « L’homme du train« . Un film qu’elle a réalisé en 2011 où elle a remplacé le duo Johnny Hallyday/Jean Rochefort par Donald Sutherland et Larry Mullen Jr. On restera bouche bée d’en avoir jamais entendu parler.

Adapté du célèbre roman de Thorton Wilder, pour son quatrième film, on peut dire que Mary McGuckian se lance dans un pari très osé quand on voit la complexité des thèmes qu’aborde son film. Mais voilà, « Le pont du Roi Saint-Louis« , malgré l’avalanche de très bons arguments, n’arrive jamais à passionner, décoller et finalement, c’est un film d’un ennui flagrant qu’on va suivre. Deux heures dénuées de vie, de doutes et d’émotions. Bref, cette adaptation qui donnait très envie quand on découvre la bande-annonce restera dans le domaine du fantasme, tant on préférera oublier ce film très vite.

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Par un Vendredi de Juillet 1714, le pont du Roi Saint-Louis se brise faisant tomber dans le vide cinq inconnus dont la vie s’arrête brusquement. Le frère Juniper fut le témoin « privilégié » de ce drame. Hanté par le destin tragique de ces cinq personnes, il va alors enquêter pendant près de six ans et ainsi recueillir le plus d’informations sur eux. Avec ces informations, il va écrire un livre qui sera jugé hérétique par l’église. Dans ce livre, le frère Juniper explore la question du hasard ou de la main de dieu qui a fait briser ce pont qui faisait la fierté du Pérou.

Le destin ou alors l’intervention divine pour apprendre à l’homme de ne pas être aussi prétentieux ? La foi contre le réalisme. Avec « Le pont du Roi Saint-Louis« , Mary McGuckian avait tous les ingrédients en main pour livrer un grand film qui aurait pu nous tirailler autant que le frère Juniper dans le doute.

D’ailleurs quand on jette un coup d’œil rapide, le film parait bon. L’intrigue, dans les grandes lignes, est intéressante. Le film offre une enquête qui explore le destin de tous ces personnages qui vont peu à peu emprunter les chemins qui vont les amener vers cette chute mortelle. L’intrigue développe les histoires de chacun de manière à ce que chaque personnage se croise et se recroise dans les méandres de la vie. Et grâce à tout ce que l’on va apprendre sur eux, quand ils vont emprunter ce pont, ce ne seront plus des inconnus qui vont mourir et l’on en sera d’autant plus touché. Le film est monté en flashback et ainsi, pendant que le frère nous raconte ces destins brisés et les doutes qui l’habitent, on apprendra que le film se déroule pendant son procès pour hérésie, donnant ainsi un peu plus de profondeur, de drame et d’existence à ce frère qui joue sa vie, pendant qu’il nous raconte son obsession.

Le film dans les thèmes qu’il approche a tout pour être passionnant. Il fait s’opposer la foi à ce drame, le film aborde le destin, la mort, l’amour, la religion, les différentes classes, l’envie de sortir des chemins prédéfinis, la peur, l’hypocrisie, et le tout avec un doigté de philosophie.

Ensuite visuellement, Mary McGuckian s’est donnée les moyens de son drame. Les décors sont beaux, les costumes lourds et pleins de charmes. Le film est dépaysant avec les superbes paysages du Pérou que la réalisatrice met bien en valeur.

Puis enfin, pour conclure, « Le pont du Roi Saint-Louis » fait tout simplement fantasmer quand on évoque la liste incroyable, bluffante des acteurs que Mary McGuckian a réuni devant sa caméra. Kathy Bates, Robert De Niro, Karvey Keitel, Gabriel Byrne, F. Murray Abraham, Emilie Dequenne, Geraldine Chaplin, Pilar López de Ayala, Samuel Le Bihan, Dominique Pinon, Jim Sherridan … Que du beau monde, qui serait au service d’une histoire et d’un film palpitant et troublant.

Mais voilà, tout ceci ne sera qu’un fantasme, et cela même si les acteurs pour la plupart sont bons. Même si « Le pont du Roi Saint-Louis » tient un bon scénario avec de très bonnes idées, que le film est bien filmé, malheureusement le fantasme sera très loin d’être réjouissant. Bien au contraire, et le souci vient principalement de la manière très confuse dont la réalisatrice nous raconte son histoire. Elle fait s’entrecroiser ses personnages et finalement, elle le fait de manière si hasardeuse que le film en devient complexe pour pas grand-chose. Mais à la rigueur, on aurait pu lui pardonner, mais on ajoutera à cela que le film manque de vie, ne véhicule aucune émotion, malgré qu’on ait de l’empathie pour certains personnages. Mais cette empathie n’est pas prenante, car en plus de ne pas avoir de vie dans ce film, « Le pont du Roi Saint-Louis » a un rythme incroyablement soporifique qui fait passer ses deux heures comme quatre. Alors que tout est intéressant, on s’ennuie comme cela ne devrait pas être permis. À aucun moment Mary McGuckian n’arrive à nous fait entrer dans son film. On attend en permanence qu’il finisse par enfin décoller et nous emporter dans les doutes, mais alors que l’intrigue s’écoule très très lentement, on finira par comprendre et accepter à regret que tout le film va être ainsi.

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Mary McGuckian avait les intentions et les ambitions. Elle avait les acteurs, les décors, les costumes et surtout elle avait l’histoire, mais voilà, tout ceci n’a pas suffi et alors qu’elle avait tous les ingrédients réunis pour que le film soit terrible et profond, ce « Pont du roi Saint-Louis » est donc une terrible déception où le seul sentiment qui nous parcourt est le regret de s’y être arrêté. Et ce désastre peut en partie répondre à l’étonnement qu’on a sur l’invisibilité du cinéma de la réalisatrice chez nous. Le film s’étant planté lamentablement, on peut comprendre pourquoi les autres films de Mary McGuckian n’ont finalement pas trouvé la route de nos écrans. Et on espère vraiment pour la cinéaste que ses autres films ne sont pas du même acabit que celui-là.

Note : 05/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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