Sidilarsen – Dancefloor Bastards

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Avis :

On a souvent tendance à dire que le rock et le métal sont une affaire de pays anglophones. Mais on aime trop dénigrer notre propre pays pour ne pas voir des groupes émergents ou qui durent depuis des années et offrants des riffs ravageur ainsi qu’une bonne répartie à un grand nombre de groupes anglo-saxons ou américains. Lofofora, AqME, Gojira, Dagoba, Mass Hysteria, Breed Machine, Psykup, Tagada Jones, autant de groupes français qui font honneur  ce genre trop méprisé par nos radios et nos chaines de télévision. Parmi tous ces groupes, Sidilarsen marque son identité avec une volonté de mélanger deux genres à priori antonymes, le métal et l’électro. Souvent qualifié de rock électro métal, Sidilarsen voit le jour vers Toulouse à la fin des années 90 et n’a malheureusement pas autant marqué les esprits que d’autres groupes de la même époque. Et pourtant, c’est près de vingt ans après sa création et quinze après leur premier album que le groupe revient sur le devant de la scène métal avec leur sixième album, Dancefloor Bastards. Un album relativement complet qui montre que le groupe n’a pas perdu de sa superbe, proposant comme à son habitude un mix, parfois étrange, parfois fulgurant, de métal et d’électro.

Le skeud commence de façon très rock avec Spread It. Laissant un petit moment les subterfuges électros, le groupe se concentre essentiellement sur des riffs rapides et relativement agressifs et sur une rythmique efficace. Autant le dire tout de suite, le groupe rentre dans le vif du sujet et montre qu’il est toujours présent. Toujours présent avec une volonté de faire les choses différemment des autres formations françaises. Et si le premier titre demeure efficace mais assez classique, ce ne sera pas le cas de Dancefloor Bastards, qui, autant dans ses paroles que dans son instrumentalisation, respire le métissage des genres. Mélangeant allègrement électro et hard rock, le groupe prouve une fois de plus que ce mix, en étant parfaitement dosé, peut donner de bons titres. Néanmoins, on peut parfois trouver quelques faiblesses dans les compos de l’album. A titre d’exemple, on peut citer Go Fast qui être la pièce la moins intéressante du skeud. Se plongeant trop dans une rythmique électro bête et méchante, le morceau ne tient pas la distance, autant dans ses paroles baignant dans le non-sens que dans son instrumentalisation qui rappelle presque les mongols en bagnole tunée. Et ce n’est pas le seul titre à être un poil en-dessous des autres, à l’image de Religare qui résonne comme une redite du titre L’Enfer des Hommes de Mass Hysteria dans ses paroles, et qui demeure trop transparente ou encore Sois mon Rêve qui distille mal ses émotions dans un brouhaha où les paroles sont à peine audibles.

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Mais fort heureusement, le groupe possède de belles fulgurances qui transplanteront les mauvais moments. Frapper la Terre est l’exemple même de ce que le groupe fait de mieux. Une rythmique rapide, des riffs agressifs, une introduction parfaite à la guitare et surtout, des paroles pleine de sens qui s’allient parfaitement à la musique et un refrain qui rentre rapidement en tête. On peut aussi citer Guerres à Vendre, un long morceau qui a à peu près la même structure que Frapper la Terre, mais avec une ambiance plus travaillée et un beat électro un peu plu présent. Néanmoins, le groupe prouve avec ce titre qu’il est capable de fournir des morceaux qui ont la rage et dont l’alliance électro/métal fonctionne à merveille. On retrouvera cette sensation sur Walls of Shame et son introduction arabique électro. Le titre est là aussi très réussi, notamment grâce à un équilibre parfait entre les styles et une énergie débordante absolument jouissive. Pour autant, le groupe n’oublie pas d’être poétique à ses heures perdues et fournit comme dans tout album qui se respecte, une ballade d’une beauté transcendante. Le Jour Médian est une réussite sur bien des points, surtout dans sa faculté à emporter l’auditeur vers un titre plus aérien, plus léger, plus touchant, sans pour autant faire intervenir des riffs de folie ou de l’électro à gogo.

Au final, Dancefloor Bastards, le dernier album en date de Sidilarsen, est une belle réussite même s’il contient quelques petits points faibles. Si des titres comme Go Fast ou Sois mon Rêve restent assez décevants, le gros titres seront suffisamment intéressants pour que l’on pardonne au groupe ces petits écarts. Il réside dans cet album une générosité sans faille et une énergie débordante, se démarquant des formations françaises par un métissage électro/rock relativement bien dosé et par un professionnalisme évident. Bref, un excellent album de rock français, peut-être même le top du moment.

  1. Spread It
  2. Dancefloor Bastards
  3. Frapper la Terre
  4. Go Fast
  5. Guerres à Vendre
  6. Le Jour Médian
  7. Walls of Shame
  8. Méditerranée Damnée
  9. Religare
  10. Sois mon Rêve
  11. Au Maximum
  12. I Feel Fine
  13. 1976

Note : 17/20

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Par AqME

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