octobre 28, 2020

Ils Sont Partout – Anti Antisémite

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De : Yvan Attal

Avec : Yvan Attal, Benoit Poelvoorde, Valérie Bonneton, Dany Boon, Charlotte Gainsbourg, Denis Podalydès, Grégory Gadeboit, Gilles Lellouche, François Damiens, …

Scénario : Yvan Attal et Emilie Frèche

Année : 2016

Genre : Comédie

Résumé :

Yvan se sent persécuté par un antisémitisme grandissant et il a l’habitude de s’entendre dire qu’il exagère, qu’il est paranoïaque. Lors de séances chez son psy, Yvan parle donc de ce qui le concerne : son identité, être français et juif aujourd’hui. Mais ces rendez-vous sont aussi et surtout une sorte de fil rouge reliant entre elles plusieurs histoires courtes qui tentent de démonter, sur le mode tragi-comique, les clichés antisémites les plus tenaces.

Avis :

Le sujet est sensible depuis toujours et l’est encore plus depuis les violentes montées d’antisémitisme actuelles (Fofana, Merah, Coulibaly, …). Yvan Attal (ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants), comme le reste de la communauté juive, est bouleversé par tant de haine et, au lieu de prendre les armes, Attal a choisi d’en rire.

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Après avoir réalisé un sketch pour le film New York, I love you, Attal nous propose une succession de saynètes tout simplement hilarantes. Drôle, mais surtout très bien écrit, car si l’on pouvait craindre que le film soit un condensé de propagande judaïque, il n’en est absolument rien. Oui le film est pro-juif (forcément), mais il ne nous dit pas qu’ils sont les meilleurs et est plutôt une ode à la réflexion et à la tolérance.

Malgré son casting de stars confirmées (Benoit Poelvoorde, Valérie Bonneton, Dany Boon, Charlotte Gainsbourg, Denis Podalydès, Grégory Gadeboit, Gilles Lellouche, François Damiens, …), Yvan Attal réalise là son film le plus personnel et s’il se moque ouvertement du de certains aspects de notre société (le FN, le gouvernement, …) il n’hésite pas non plus à utiliser l’autodérision et rigole aussi de sa propre religion. Le casting est impressionnant, mais personne ne se marche dessus étant donné le format du film qui sied parfaitement au propos et qui était probablement la meilleure manière d’aborder des clichés tels que « ils sont partout », « Les juifs ont de l’argent » ou encore « les juifs ont tué Jésus ».

Le sujet est très sérieux pour Attal, comme il le dit dans ses interviews : la haine anti-juive a ces dernières années violemment refait surface en France comme dans d‘autres pays d’Europe, plus personne ne peut le nier. On tue aujourd’hui en France des gens parce qu’ils sont juifs ! On préfère être dans le déni ? Ne pas vouloir en parler est presque pire […] Je crois qu’il faut continuer à dire les choses, à les répéter inlassablement, surtout en ces temps où on veut moins les entendre – voilà pourquoi ce projet me tient tant à cœur, pourquoi il devenait nécessaire pour moi de faire ce film, je n’ai pas l’espoir de faire changer l’avis des antisémites – mais je me dis en revanche que si je pouvais faire réfléchir les nouvelles générations, ça serait déjà énorme.

Chaque sketch est différent du précédent et nous emmène tantôt dans la vie intime d’une responsable d’un parti d’extrême droite, tantôt dans les cités, tantôt dans une synagogue dans l’Antiquité ou encore dans un appartement pour un sketch tordant.

Le seul défaut majeur du film est de vouloir trop en faire et les sketchs se révèlent parfois trop court, parfois trop long, certains étant même dispensables (le sketch de Jésus frise le n’importe quoi), mais dans l’ensemble, Attal nous propose un film drôle, réfléchi, absolument pas moralisateur et qui ne rentre pas en campagne pour la glorification du « peuple élu », ce qui était le piège qui lui était tendu.

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Ils sont partout est un film utile, rappelant au plus grand nombre que les juifs sont des gens comme les autres, bien loin des clichés qui semblent les poursuivre depuis trop longtemps. A aucun moment le film ne prône la colère ou le jugement, mais plutôt la réflexion quant à nos préjugés parfois faciles dans lesquels on risque de se retrouver par moments. On rit mais on réfléchit aussi, on ne rit pas des juifs mais on rit avec les juifs, ce que n’a pas réussi à faire un film comme Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? avec ses blagues racistes de supermarché.

Et puis, il est devenu si rare qu’une comédie française soit drôle, Mazel Tov Yvan !

Note : 17/20

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Par Trasher

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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