mars 5, 2021

Série Noire pour une Nuit Blanche

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Titre Original : Into the Night

De : John Landis

Avec Jeff Goldblum, Michelle Pfeiffer, Richard Farnsworth, Irène Papas

Année: 1985

Pays: Etats-Unis

Genre : Comédie, Policier

Résumé :

Ed Okin ne contrôle plus sa vie. Il est insomniaque, sa femme le trompe et son travail est sans intérêt. Une nuit qu’il erre au hasard en voiture, il se retrouve au parking de l’aéroport de Los Angeles. Peu de temps après Diane, une magnifique jeune femme, saute dans sa voiture et la somme de démarrer car ils sont poursuivis par quatre Iraniens. Une folle course poursuite s’ensuit dans les rues de la ville…

Avis :

Certains réalisateurs résistent mieux aux affres du temps que d’autres. La preuve en est faite lorsque un film accumulant plus de quarante d’existence passe toujours à l’écran et possède des thématiques encore d’actualité et que ce n’est pas le seul dans la filmographie d’un cinéaste. Ainsi, Steven Spielberg, Stanley Kubrick ou encore Orson Welles font partie de ces génies du septième art que le poids des ans ne semblent pas toucher. Et puis il y a d’autres réalisateurs, très connus et reconnus, mais dont les œuvres subissent assez mal l’accumulation de poussière. C’est un peu le cas de John Landis, réalisateur des cultes Un Fauteuil pour Deux, Blues Brothers et Le Loup-Garou de Londres. Quand on jette un coup d’œil sur son œuvre, on se rend compte que bon nombre de ses films ont pris un petit coup dans l’aile, que ce soit dans le sujet même ou dans la mise en scène. Et Série Noire pour une Nuit Blanche n’échappe pas à la règle.

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Comédie policière loufoque, Into the Night dans son titre en version originale pourrait s’apparenter à du Buddy Movie sans l’enquête pour retrouver un criminel ou une fou furieux. Mélangeant plusieurs genres, John Landis livre un film hybride qui a du mal à trouver le bon équilibre entre le film policier, la comédie et la romance.  Car ce film c’est un peu tout ça mélangé. Sauf qu’il demeure un poil trop long. Et c’est certainement là le plus gros défaut de ce métrage qui dépasse les deux heures, sa longueur. Il y a un réel problème de rythme dans le métrage qui possède des moments très speed et d’autres moments qui ne servent à rien et font stagner l’intrigue, ce qui est assez frustrant, à l’image d’une scène où le couple trompe un escroc français et où la blague dure bien trop longtemps. En soi, ce n’est pas très grave, sauf que le film en lui-même est déjà long et il aurait gagné en efficacité en étant plus court et en coupant certaines scènes. Mais ce n’est pas là le seul défaut du film.

En effet, on ressent comme un déséquilibre constant dans la tonalité. Le métrage débute comme un drame classique avec un homme qui ne dort pas et qui découvre que sa femme le trompe. Il décide alors de partir à Vegas pour s’aérer la tête, mais il se retrouve avec une nana qui tente d’échapper à une bande d’iranien. Le film demeure assez tendu et grave et les situations qui font arriver par la suite seront plus drôles, dans une ambiance plus décontractée et cette rupture est trop nette. Il manque réellement un liant pour que les deux genres se confondent correctement et entrent dans la catégorie de L’Arme Fatale par exemple. La seule chose qui est vraiment parfaite dans le film, c’est l’aspect romance qui possède une évolution attachante et bien écrite. Certes, c’est très téléphoné, mais il est impossible de ne pas s’attacher aux deux personnages et à leurs sentiments naissants.

D’ailleurs, c’est tout ce qui fait le charme de Série Noire pour une Nuit Blanche. Outre le couple phare Jeff Goldblum/Michelle Pfeiffer qui marche à la perfection, on aura une pléthore de personnages secondaires qui mettront en valeur l’amour émergeant des deux personnages principaux. On retrouvera des têtes connus comme Dan Aykroyd ou encore David Bowie en agent spécial à côté de ses pompes, et d’autres qui le sont un peu moins aujourd’hui comme Richard Farnsworth ou encore Irène Papas en matriarche iranienne. Il est juste dommage que certains personnages ne soient pas plus exploités, à l’image de la femme de l’homme riche, dont la thématique de la veuve noire ou de la femme jalouse ayant peur de perdre un héritage aurait pu être développée. En fait, tous ces personnages apparaissent comme dans de petites saynètes et c’est peut-être ce qu’il y a de plus gênant, faisant ressembler ce film à une série de sketchs comme Landis avait pu le faire sur Hamburger Film Sandwich. Mais ce qui marche pour son deuxième film ne marche pas forcément sur celui-ci.

D’autant plus que l’intrigue est assez mince et ne sera qu’une note d’intention pour amener nos deux personnages vers une épopée folle. Ce sera tout de même l’occasion pour le cinéaste de parler de certains thèmes encore courant aujourd’hui comme cette vie que l’on ne veut pas, ce manque de volonté pour s’affirmer et il faudra au héros une bonne dose de péripéties pour s’imposer face à d’autres. Encore une fois, fort heureusement que l’évolution des personnages est intéressante et cohérente, sinon, le film en aurait pris un coup dans l’aile.

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Au final, Série Noire pour une Nuit Blanche reste un film intéressant malgré ses trente années d’existence. John Landis livre une comédie policière parfois drôle et parfois énergique, mais qui manque de juste milieu entre les deux tons, ayant du mal à trouver un équilibre entre les moments tendus et les moments plus humoristiques. Bref, un film qui a un peu vieilli à cause de la mise en scène classique de son réalisateur mais qui s’en sort avec les honneurs et qui permet de voir la symbiose entre Jeff Goldblum et Michelle Pfeiffer, deux personnages très attachants et totalement réussis.

Note : 14/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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