Les Naufragés d’Ythaq

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Auteurs : Scotch Arleston et Adrien Floc’h

Editeur : Soleil

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Officier sur le vaisseau « Brume de comète », Granite est une jeune femme vivante et légèrement indisciplinée. Ses écarts lui valent de finir la croisière en tant que serveuse !
Soudain malmené dans une tempête sans précédent, le vaisseau se disloque et dérive vers une planète inconnue. Rescapés de ce naufrage, Granite, la belle Callista et le jeune technicien Narvath vont devoir s’unir pour survivre. Le sort leur réservera bien des surprises…

Avis :

Parmi tous les éditeurs de bandes-dessinées, l’éditeur Soleil se démarque largement par sa prolifération, mais aussi et surtout par une ligne éditoriale parfois douteuse. Lanceur émérite de séries comme Lanfeust de Troy, qui est un peu le porte-parole de la fantasy en BD (avec l’incontournable La Quête de l’Oiseau du Temps de Loisel), Soleil s’est fait une spécialité dans la BD rentable et les longues séries de SF ou de Fantasy. Cependant, à force d’exploiter des filons pour en faire du fric, la maison d’édition s’est quelque peu perdue avec des séries de plus ou moins bonne qualité et continuant sans trouver de pause dans des sagas interminables et partant à vau l’eau. Les Forêts d’Opale en est le parfait exemple avec deux derniers tomes d’une médiocrité sans nom alors que le début était d’excellente facture. Mais ce n’est pas tout, Soleil s’est spécialisé dans la série à courte durée de vie, car si les ventes n’explosent pas, l’éditeur n’hésite pas une seconde à supprimer la BD, laissant sur les carreaux certains fans.

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Très clairement, Les Naufragés d’Ythaq fait partie de la première catégorie. Commençant de manière fort sympathique avec un mélange de Science-Fiction et de Fantasy, la série arrivait, dans son premier cycle, à tenir son lecteur en haleine grâce à une intrigue intéressante et une galerie de personnages bien trouvée. Arpentant le même schéma que Lanfeust de Troy ou les Forêts d’Opale, c’est-à-dire une quête avec un groupe de personnages, la série pouvait prétendre à être l’une des meilleures de son genre, offrant un genre nouveau et une histoire intéressante sur fond de jeu et d’entité supérieure. Le dessin allait aussi dans ce sens, privilégiant les différentes races extraterrestres ainsi que leur lieu de vie, changeant en fonction de leur affinité. Et c’est donc tout naturellement que Les Naufragés d’Ythaq s’était imposé comme une série majeure, surtout dans le catalogue de Soleil, continuant son exploration d’un genre de manière agréable et spontanée.

Alors certes, la série ne fait pas de trop chamboulement dans le domaine de la SF et certains puristes iront même jusqu’à dire que c’est une série mineure surfant sur la monde des autres séries Soleil, à destination d’un public jeune. Mais la nudité assumée, les relations amoureuses et certains élans politiques font que Les Naufragés d’Ythaq est plus que ce que laisse prétendre la couverture et le catalogue de l’éditeur. Seulement, chassez le naturel il revient au galop, car c’est après neuf tomes que la série tombe dans les dérives de l’éditeur et ne fournit plus qu’une pâle copie visant à faire de l’argent et rien d’autre. Alors qu’après neuf tomes la série arrivait à donner une fin crédible et acceptable, avec quelques retournements de situation inattendus, il a fallu que les créateurs poursuivent sur une idée complètement saugrenue et inutile.

En effet, alors que la saga s’éloigne de la planète d’Ythaq, nos héros se retrouvent dans une situation ambigüe où la politique se mêle de ce qui ne la regarde pas et envoie les protagonistes dans des situations improbables. Le scénario devient alors tristement simpliste et les tomes se succèdent ne racontant que du vide et changeant carrément les caractères de certains personnages principaux. Ainsi, Granite, l’héroïne, alors déterminée et forte, devient irascible et soupe au lait, s’emportant pour un rien, devenant insupportable de tome en tome. Pire, elle en devient détestable et certaines de ses réactions sont complètement hors de propos. En dehors des personnages, qui deviennent de plus en plus transparents, l’humour de la série va en se dégradant. Si certaines idées sont bonnes comme les humanoïdes qui peuvent changer de sexe à volonté, d’autres sont d’une banalité affligeante et les vannes que s’envoient les personnages dédramatisent complètement les phases plus tendues comme la prise d’assaut lors du treizième tome. On se retrouve face à une série qui n’est plus que l’ombre d’elle-même et qui n’affiche clairement rien de bon, alignant les tomes pour présenter des choses sans jamais aller au bout et terminant sur des cliffhangers pour forcer la main et le porte-monnaie de ceux qui suivent la saga depuis le début. Même le dessin change et devient plus enfantin, presque plus manga sur certaines expressions et on ne retrouve plus vraiment l’identité d’Adrien Floc’h, pourtant si investi au début.

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Au final, Les Naufragés d’Ythaq est à la fois une bonne série et une saga qui va de mal en pis. Si jusqu’au neuvième tome on avait droit à une série honnête, pas parfaite mais généreuse et agréable, on sent que le deuxième cycle n’a qu’un but mercantile. Suite inutile qui se veut politique, la série n’arrive plus à gérer les évolutions des personnages et les conflits des sénateurs n’est qu’une pâle copie de ce que l’on connait déjà. Bref, encore une fois, Soleil dénature l’une de ses séries phares pour en faire un objet commercial sans autre but que de faire de l’argent et le spectateur peut se sentir floué par un tel manque d’égard.

Note : 09/20

Par AqME

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