L’Epée Enchantée

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Titre Original: The Magic Sword

De: Bert I. Gordon

Avec Gary Lockwood, Liam Sullivan, Basil Rathbone, Estelle Winwood, Anne Helm, Maila Nurmi, Merritt Stone, Jacques Gallo, David R. Cross, John Mauldin, Taldo Kenyon, Angus Duncan, Leroy Johnson, Jack Kosslyn (l’ogre)

Année : 1962

Pays : Etats-Unis

Genre : Fantasy, Sword and sorcery

Scénario : Bert I. Gordon, Bernard C. Schoenfeld

Résumé :

La jolie princesse Helen âgé de 18 années est enlevée par un méchant sorcier dénommé Lodac qui souhaite de la sorte se venger du père du Roi, qui jadis fît exécuter la sœur de ce dernier le jour de ses 18 ans, en lui lançant un défi. Sir Branton, chevalier à la cour et allécher par la belle va se proposer de relever le challenge, en contrepartie le Roi devra accepter qu’il se marie avec elle, sans savoir que le turpide et profiteur Sir Branton a fait un pacte avec le sorcier chacun devant en tirer profit. C’était sans compter sur George, jeune homme vivant avec sa mère adoptive la sorcière Sybil, amoureux d’Helen et qui passe son temps à rêver en épiant secrètement la belle au travers du lac magique, courageux et naïf il va donc se porter volontaire pour l’arracher au griffe de son kidnappeur, contre le bon vouloir de sa mère. Il aura préalablement obtenu de celle-ci des atouts magiques : un costume que nulle arme ne peut transpercer, un bouclier, le cheval le plus rapide du monde (Bayard) et bien sûr la fameuse épée enchantée ‘Ascalon’ qui vainc la magie noire à son simple contact, à cela s’ajoute 6 chevaliers (chacun étant le meilleur de son pays) qu’il a délivré d’un sortilège et qui le serviront en remerciement.

Nos 7 compagnons et le vil personnage vont alors partir affronter les 7 fléaux de Lodac dans l’espoir de sauver la jolie princesse.

Avis :

« L’épée enchantée » fait partie des films de fantasy chevaleresque, de sword and sorcery et est réalisé par Bert I. Gordon un spécialiste des séries B surnommé par certains « Mr. BIG » (prenez les premières lettres de ses noms) en raison de sa catégorie de prédilection à savoir le gigantisme (humain et animalier) : « King Dinosaur » (1955, premier long), « Le cyclope » (1957), « Le fantastique homme colosse» (1957) et sa suite « Le retour de l’homme colosse » (1958), « Earth vs. The Spider » (1958), « Soudain … les monstres » (1976) ou encore « L’empire des fourmis » (1977). Il s’est aussi essayé au thriller inquiétant avec « Le détraqué » (1973), l’aventure même « The boy and the pirates » (1960), ou à l’horreur « Tormented » (1960), « Necromancy » (1973) parmi d’autres, en bon artisan qu’il est.

Basil Rathbone

Possédant les ingrédients nécessaires pour créer une ambiance propre au genre, le méchant sorcier, la quête, les décors et éclairages (lac mortel, brumes mystérieuses…), des créatures diverses (nains, hommes-oiseaux, dragon, ogre à tête en pain de sucre ou au choix de loup-garou-raté-édenté, des personnages aux têtes allongées en forme de cône, certainement de la même famille que les ‘coneheads’ du film homonyme)… Le film tient malheureusement sur un scénario des plus conventionnels, une aventures très classique avec une belle au bout du chemin, durant laquelle les 8 chevaliers vont affronter 7 fléaux et ce n’est certainement pas cela qui créera la surprise car comme l’on s’en doute chacune de ces épreuves verra un ou plusieurs personnages succomber, le charognard Branton espérant en conséquence se retrouver seul rescaper du ‘voyage de la terreur’ et remporter son ‘lot’ grâce au pacte manigancé avec Lodac.

Loin de pouvoir prétendre à des ambitions folles par ses moyens très restreints, ce ne sont pas les effets spéciaux qui vont remporter un franc succès, l’animation et les trucages inégaux laissent à désirer mais font preuve d’une certaine débrouillardise. Manque de fougue évident, les affrontements et évènements se déroulant lors du périple ne sont pas exaltants non plus malgré quelques idées amusantes, que ce soit l’affrontement face à l’ogre-loup-garou (qui tombera après avoir eu le tournis), en passant par un tourbillon hypnotique de grande chaleur dont on peut se demander comment les deux chevaliers se sont laissés avoir, jusqu’au final où, après avoir terrassé le dragon à deux têtes bien rapidement, George doit affronter le septième et dernier fléau qui n’est autre que Lodac lui-même qui est encore plus vite expédié ! Cependant comme dit précédemment, le budget n’est pas le même pour ces productions que ceux alloués aux canons de l’époque, la même année vient de sortir « Jack le tueur de géant » et 4 ans plus tôt sortait « Le septième voyage de Sinbad » tout deux réalisé par Nathan Juran et en 1963 sortira « Jason et les argonautes » de Don Chaffey qui ont, quant à eux, bénéficié de l’apport du maître en la matière Ray Harryhausen.

L'épée enchantée

Il y a aussi concernant la direction d’acteurs quelques dommages certains. Les acteurs sont peu convaincants et font preuve par moment d’un jeu trop théâtral avec des intonations, regards ou gestes mal appropriés. En revanche cela colle bien à d’autres telle Sybil la sorcière, personnage présent principalement pour apporter un ressort comique à chacune de ses apparitions et interprété par Estelle Winwood (qui jouera d’ailleurs une tante ‘Enchantra’ dans « Ma sorcière bien aimée », quelques années plus tard). Des passages humoristiques pas forcement mal venus, qui toutefois adoucissent foncièrement les choses et rendent encore plus rigolo/naïf l’objet, notamment lors des séquences dans l’antre de Sybil se transformant en panthère noire. C’est une sorcière peu habile avec la magie, une catastrophe parfois (à un moment elle va essayer de centupler la force de George en augmentant celle de ses attributs magiques, mais finalement va lui enlever tout pouvoir se trompant dans la formule utilisée) mais à l’amour maternelle salvateur. Antre où l’on trouve un chimpanzé qui ne fait pas grand-chose, des siamois chauves en serviteurs plus ou moins amusants (avec leurs voix et attitudes de gros bêtas). Un effet comique qui est accentué aussi par les bruitages utilisés comme une ponctuation humoristique, que ce soit lors de ces instants ou d’autres (apparitions/disparitions des sorciers, le miroir magique, la confection d’une potion et ses bruits de grenouilles/crapauds etc.).

En ce qui concerne le reste de la distribution ont retrouvent Basil Rathbone (« Le fils de Frankenstein », 1939, Rowland V. Lee), figure emblématique de Sherlock Holmes (14 films en incarnant le personnage, dont le premier est « Le chien des Baskerville », 1939, Sidney Lanfield), en grand méchant de l’histoire, comme dans bon nombre de ses films, ici sous les traits du sorcier Lodac. Et à ses côtés, certaines têtes peu connues à première vues :

–          Gary Lockwood y incarne George, en 1968 il tiendra le rôle du professeur Frank Poole dans « 2001, l’odyssée de l’espace » (Stanley Kubrick).

–          Maila Nurmi est la célèbre Vampira, présentatrice de film d’épouvante dans les années 50 aux Etats-Unis avec l’émission « Movie Maccabre » et la femme vampire du « Plan 9 from Outer Space » d’Ed Wood (1959), dont il s’inspira fortement de son personnage de Vampira, elle apparaît ici à plusieurs reprises, tout d’abord l’apparition fantomatique d’une sorcière enlevant la princesse puis la monstruosité qui va séduire le chevalier français.

Les siamois et le chimpanzé

Ceci dit, il y a un capital sympathie qui prend place dans ce métrage et on passe outre bon nombre de défauts pour peu que l’on veuille bien se laisser porter par le côté on fait vraiment ce que l’on peut avec les moyens du bord pour livrer un bon divertissement. Une sympathique série B plutôt inoffensive qui peut prêter à sourire s’adressant plus aux enfants, malgré quelques fragments morbides (squelette resurgissant de l’eau, une sorcière au visage repoussant voir effrayant, des chevaliers brûlés au visage) et de légères allusions sexuelles (nains qui veulent faire « pouêt-pouêt » à la princesse, une poitrine généreuse qui ne demanderait qu’à sortir) qui lui valurent une interdiction malencontreuse et bien exagérée au moins de 13 ans en Angleterre alors que le film vise clairement la jeunesse…

A voir pour tout amateur et nostalgique de ce genre de production au charme désuet fort agréable, les autres pourront passer leur chemin sans regrets.

Note : 12/20

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Par Serval

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