décembre 2, 2020

FKA Twigs – LP 1

FKA-twigs-LP1

Avis :

Né Tahliah Debrett Barnett, FKA Twigs est une auteure-compositrice-interprète-productrice britannique d’origine britannico-jamaïco-espagnole. Sous son pseudonyme se cache en fait la formule Formerly Known As, ce qui signifie Précédemment connu sous le nom de. Née en Angleterre d’un père danseur de jazz qu’elle n’a quasiment jamais connu et d’une mère danseuse et gymnaste, la jeune fille évolue dans un milieu culturel adéquat et privilégié pour la danse. D’ailleurs, elle commence sa carrière en tant que danseuse de second plan pour des artistes comme Kylie Minogue, Ed Sheeran ou Jessie J. C’est donc tout naturellement qu’elle en est venue à la musique et à composer dans un style hybride, entre deep house et r’n’b. Si LP1 est son premier album, il ne doit sa mise en lumière qu’à un seul fait, sa relation amoureuse avec Robert Pattinson, l’acteur de Twilight qui brille en plein jour. Cette relation a valu à la jeune artiste une haine inconsidérée de la part des midinettes qui se touchent à l’évocation des suceurs de sang prudes mais aussi une mise en avant sur sa personnalité et donc la musique dans laquelle elle évolue. Mais un buzz médiatique fait-il pour autant une excellente artiste ? Il faut croire que non, car malgré le succès critique de ce premier album, plus ou moins dû à une hype qui touche au non-sens, FKA Twigs offre un skeud ignoble, d’une monotonie dépressive et qui montre les limites d’un raz de marée médiatique.

Le skeud débute avec une intro qui répond au doux nom de Preface. Débutant comme un chant religieux (il faut dire que la chanteuse était dans une école catholique durant sa jeunesse, étant la seule métisse de tout l’établissement, cela a dû laisser des traces), cette introduction aura pour but de donner tout le liant à l’album, tout son crédo. Relativement lent, ce titre durant moins de deux minutes pose les bases de ce que sera l’album dans son ensemble, à savoir une musique électro lente à grands renforts d’infrabasses et un chant aigu maîtrisé mais qui ne semble pas capable de fournir quelque chose de lisible. Ces craintes seront affirmées par Lights On, le vrai premier morceau, qui reste dans la même veine, à savoir quelque chose d’hybride entre électro et r’n’b, se voulant fortement antinomique de l’adjectif mercantile. Alors on pourrait penser à Massive Attack, mais la chanteuse n’arrivera jamais à vraiment poser un univers, la faute à une succession de titres qui se ressemblent tous et qui n’ont pas de véritable harmonie. En fait, dans son ensemble, on pourrait dire que LP 1 est un seul gros morceau dépassant les quarante minutes, mais sans jamais aborder la moindre variation. C’est très déstabilisant, cela aurait pu être culotté, mais finalement, c’est très ennuyeux et révèle d’une incompétence à fournir autre chose qu’une musique électro déjà entendue mille fois et une voix doucereuse que l’on retrouve dans n’importe quel formation r’n’b.

FKA-twigs

Si Two Weeks s’emballe sur son refrain, le reste est d’une lenteur démesurée et manque cruellement de fond. C’est exactement le même ressenti avec Hours ou encore Pendulum, qui sont des titres difficiles d’accès et qui ne mérite certainement tout le buzz qui tourne autour. Mais le pire dans tout ça, c’est qu’aucun morceau ne vaut le coup et à chaque fois, on a l’impression que notre lecteur nous joue des tours, repassant inlassablement le même titre, coup sur coup. Il est évident qu’avoir un univers est important pour un artiste, surtout si celui-ci est bien exploité, malheureusement, FKA Twigs n’arrive jamais à bien faire la part des choses en présentant des titres plus variés mais surtout moins monotones. C’est bien simple, tout, absolument tout, est sur le même tempo et on frise parfois l’étouffement tant on se sent pris dans un monde inexorablement au bord de la rupture ou de l’endormissement. Le succès de la chanteuse est d’ailleurs incompréhensible et semble plus tenir sur une hype savamment orchestrée par les producteurs de la demoiselle. Il est plus qu’étrange que sa notoriété explose au moment où l’on dévoile sa liaison avec l’acteur Robert Pattinson et c’est bien entendu là qu’intervient les limites du buzz médiatique et cette volonté de pousser quelqu’un qui risque de rapporter du pognon. FKA Twigs, de par son physique et son univers atypiques font qu’elle peut trouver une niche de personnes aptes à trouver ce qu’elle fait magnifique. Malheureusement, il est difficile de combler du vide par du vide.

Au final, LP 1, le premier album de FKA Twigs, est une amère déception, surtout quand on sait le succès qu’elle connait en ce moment, faisant même les journaux télévisés. Seulement, derrière ce buzz médiatique, on se rend vite compte de la vacuité d’une telle musique qui ne propose rien de nouveau, mais qui surtout propose tout le temps la même chose sur dix titres. Bref, un album à éviter, sauf si l’on est amateur de deep house (encore un sous-genre qui ne veut rien dire) et de r’n’b classique et sans surprise dans la voix.

  1. Preface
  2. Lights On
  3. Two Weeks
  4. Hours
  5. Pendulum
  6. Video Girl
  7. Numbers
  8. Closer
  9. Give Up
  10. Kicks

Note : 03/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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