décembre 2, 2020

Always

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De : Steven Spielberg

Avec Richard Dreyfuss, Holly Hunter, John Goodman, Brad Johnson, Audrey Hepburn

Année: 1989

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Un as des « pompiers volants », Pete Sandich, pilote d’élite et casse-cou invétéré accepte, de devenir un « rampant » sur les instances de sa compagne. Il s’envole pour une ultime mission dont il ne reviendra pas. Quelques mois plus tard, il se réveille dans une forêt carbonisée ou l’attend une femme tout de blanc vêtue. Cette bonne fée le renvoie sur terre…

Avis:

La mort et le deuil sont des sujets récurrents au cinéma et cela depuis les tous débuts du septième art. Brassant des genres différents comme la comédie, le drame ou encore le fantastique et même l’horreur, la mort fait partie de la intégrante de la vie et donne des sujets facilement exploitables sur grand écran. Seulement, si l’on écarte les films d’horreur assez frontaux comme Reeker qui montre la grande faucheuse comme un ramasseur d’âmes violent, l’approche du deuil se veut plus subtil et plus difficile, surtout si l’on ne veut pas faire dans un sentimentalisme exacerbé. Certain films sont d’ailleurs allés trop loin dans l’émotion et la perte, à l’image de The Impossible de Juan Antonio Bayona. Mais bien avant les deux films cités, Steven Spielberg a eu l’idée de faire un remake du film Un Nommé Joe avec Spencer Tracy, évoquant la mort tragique d’un pompier de l’air et du deuil inconsolable de la femme de sa vie. Larmoyant certes, mais Spielberg n’est pas un nouveau venu, même en 1989, et si Always comporte des moments de faiblesse, il en résulte un film attachant et intelligent.

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Concrètement, le film est divisé en trois parties. La première partie est peut-être la plus intéressante car elle présente les différents personnages qui vont graviter autour de la vie de Richard Dreyfuss, le héros avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Ce début de film, qui dure environ trois quarts d’heure, est le plus touchant et montre une relation duel entre Holly Hunter et Richard Dreyfuss. Un jeu du chat et de la souris complice et espiègle qui démontre tout l’amour qu’ils ont l’un pour l’autre. C’est joli, c’est touchant, mais c’est surtout bien joué et crédible. On retrouve tout le charme des films romantiques des années 80, qui, sans en faire des tonnes, arrivaient à proposer des personnages simples mais auxquels on pouvait facilement s’identifier. Dans cette première partie, Steven Spielberg explore l’amour, mais aussi l’amitié et la bravoure. Les scènes de vol sont particulièrement réussies au niveau de la mise en scène et on se retrouve devant des plans de vol absolument incroyables, même aujourd’hui alors que le film accuse presque trente ans.

C’est dans les deux autres parties que le film se perd un peu et l’on sent une perte de rythme. En effet, la deuxième partie traite de la découverte des pouvoirs de Richard Dreyfuss mort, qui peut encore suivre des personnages et les influencer sur leurs choix. Il va alors suivre un jeune premier dont sa femme, à l’époque, n’était pas insensible. Dérivant doucement vers le fantastique humoristique, le film perd de son intensité émotionnelle et propose une succession de saynètes qui amèneront à la rencontre de Dorinda et de Ted, le jeune volontaire voulant piloter un canadair. Très clairement, il manque un véritable élan onirique au métrage à travers les deux dernières parties. Si l’apparition d’Audrey Hepburn reste impromptue et dégage une atmosphère loufoque au sein d’une forêt calcinée, le reste du film se contente seulement de présenter un Richard Dreyfuss se baladant au milieu des autres et racontant sa vie, ses regrets et ses envies. Il manque vraiment quelque chose de touchant, même dans la disparition du héros, qui est percutante au moment de sa mort, mais qui s’avère presque trop spectaculaire.

Enfin, si la troisième partie s’avère plus plaisante et cherche une morale universelle, elle reste un poil trop gentille et recherche trop à faire le bien, à être positive. Alors certes, le ton est donné dès le départ avec une Audrey Hepburn qui annonce qu’il faut faire les choses pour les autres et non pas pour soi, et il faut du temps pour que Richard Dreyfuss s’en rende compte, mais le film aurait pu chercher un poil plus loin vers une morale plus ambigüe, moins tendre et attendue. Néanmoins, il faut avouer que cela marche tout de même, notamment grâce à une première partie qui montre une relation d’amour extrême et que cette relation revient en fin de film, mais d’une façon différente, comme une acceptation de sa condition et du fait qu’il faut libérer l’autre si on l’aime vraiment. A partir de là, le film prend une vraie dimension poétique, mais sur un sujet que l’on a déjà vu et revu, même à l’époque et du coup, le film en devient intéressant, mais moins percutant.

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Au final, Always est un film plaisant et qui garde encore aujourd’hui une certaine fraîcheur, notamment dans les personnages et les acteurs qui s’accordent parfaitement. Cependant, entre un film scindé de façon trop distincte et un manque de rythme évident, Always s’avère juste intéressant à défaut d’être culte ou purement onirique. Alors c’est beau, c’est parfois touchant, souvent spectaculaire, surtout sur les scènes de vol et d’incendie, mais il manque vraiment une dimension émouvante au film, à cause d’un traitement trop conventionnel, d’un rythme en dents de scie et d’une certaine prévisibilité.

Note: 14/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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