Otep – Generation Doom

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Avis :

L’univers cinématographique offre des idées dans tous les autres domaines culturels. Si le jeu vidéo ou encore la littérature en sont des preuves flagrantes et prégnantes, la musique n’est pas en reste, que ce soit dans ses thèmes, dans son look ou encore dans la volonté de trouver un crédo pour un album. Il semblerait qu’Otep, groupe américain de Nu Métal, fut très inspiré par Mad Max pour son dernier album, Generation Doom, du moins en atteste cette jaquette dans laquelle la chanteuse se montre dans une tenue post-apocalyptique et dont le titre fait penser à une certaine fin du monde. Mais est-ce la fin d’Otep ? On peut se poser la question quand on voit la qualité plus que moyenne de l’avant-dernier album, Hydra, qui était entrecoupé de moments parlés où la chanteuse se laissait aller à raconter des frasques ou poèmes, chose qu’elle aime par-dessus tout. Mais Generation Doom est certainement là pour rassurer, offrant un album complet, avec des moments phrasés en fin de morceaux, évitant ainsi la surenchère de coupures intempestives et parfois difficilement compréhensibles pour le non anglophone. Mais au-delà du simple fait que ce septième album montre qu’Otep est en pleine forme, il démontre aussi que le Nu Métal, fusion du rap et du métal né à l’aube des années 2000, n’est pas mort, loin de là.

Le skeud commence très fort avec Zero. Dès le départ, le groupe annonce la couleur de son skeud, avec des riffs hyper agressifs et une chanteuse qui donne tout ce qu’elle a au niveau de la voix, offrant une jolie palette d’octaves. Alternant magnifiquement les moments de growl et les moments plus chantés en poussant sa voix vers les aigus, Shamaya Otep ne fait pas dans la dentelle et montre qu’elle est toujours présente et fait partie de ses femmes à voix de la scène métal. On retrouvera cette énergie destructrice dans d’autres titres comme Generation Doom, qui est presque à la limite du supportable tant ça braille, mais on ne peut s’empêcher de penser à la prouesse vocale de la chanteuse. Feeding Frenzy en est aussi un exemple flagrant, malgré une rythmique plus scandée qui fait irrémédiablement penser au Nu Métal des années 2000, à la manière d’un titre rétrograde mais honorable de tous les points de vue, car le groupe fait bien les choses et offre un titre d’une qualité indéniable. En fait, il n’y a rien de has been dans ce titre, mais juste une sorte d’hommage à peine déguisé à des années où le métal était mieux vu. Bien entendu, certains titres sont moins bons que les autres, comme God is a Gun ou encore Down, qui sont des morceaux très rapides, assez efficaces sur le moment, mais dont on ne retient pas grand-chose, la faute à un univers pas assez développé, contrairement à Lords of War par exemple, qui demeure un titre complet et puissant.

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Mais finalement, Generation Doom n’est pas qu’un album ultra violent dans lequel la chanteuse livre toute sa puissance et sa haine. Et c’est ce qui est intéressant car les morceaux les plus réussis sont ceux qui possèdent une ambiance plus lancinante avec des insertions de rage à l’intérieur. A titre d’exemple, Royals est une tuerie avec une variation exemplaire et une structure simple, mais ultra efficace, notamment grâce à un refrain qui rentre vite en tête et un équilibre parfait entre growl et chant clair. On peut aussi parler du plus commercial In Cold Blood qui demeure très réussi et offre une bouffée de calme dans cet album globalement violent et sans concession. Il n’est d’ailleurs pas étonnant de voir le titre comme premier tube de l’album. Quant à Lie, on ressent tout un amour pour le Nu Métal des années 2000, car on y entend comme une référence au groupe Adema, avec une ambiance délétère et des riffs moins agressifs qu’à l’accoutumée, mais une certaine colère contenue et une mélancolie puissante. Enfin, difficile de passer à côté du hit en puissance Equal Rights, Equal Lefts, un titre qui mélange de manière astucieuse rap, métal et électro pour un résultat détonnant et d’une puissance inégalable. Encore une fois, la chanteuse prouve qu’elle peut tout faire et maîtrise amplement ses cordes vocales. Pour conclure l’album, le groupe fait le choix de la ballade avec On the Shore, un morceau calme, posé, qui termine de façon idéale un album complet et emplit de rage.

Au final, Generation Doom, le dernier album d’Otep, et une belle réussite. Après un skeud très décevant (Hydra), le groupe revient en grande forme et propose un album varié, plein de colère et de rage, mais au service de titres intéressants, brassant autant de genres que le rap, le métal ou encore l’électro. Groupe majeur de la scène Nu Métal, Otep est toujours debout après seize ans d’existence et démontre qu’il peut toujours surprendre en composant pourtant des titres classiques et référentiels à une époque qui pourrait sembler révolue.

  1. Zero
  2. Feeding Frenzy
  3. Lords of War
  4. Royals
  5. In Cold Blood
  6. Down
  7. God is a Gun
  8. Equal Rights, Equal Lefts
  9. No Color
  10. Lie
  11. Generation Doom
  12. On the Shore

Note : 16/20

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Par AqME

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