décembre 5, 2020

Le Kid de Cincinnati

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Titre Original : The Cincinnati Kid

De : Norman Jewison

Avec Steve McQueen, Karl Swenson, Andy Albin, Edward G. Robinson

Année: 1965

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Dans les années 1930, Eric Stoner est un brillant joueur de poker occasionnel en Nouvelle-Orléans. Afin de fortifier sa réputation, son manager profite du passage dans la ville de Lance Howard, un maître du jeu, pour arranger une partie entre les deux hommes.

Avis:

On ne présente plus Norman Jewison, imposant cinéaste canadien qui a offert au monde du cinéma des films indémodables comme « Dans la chaleur de la nuit« , « L’Affaire Thomas Crown« , « F.I.S.T. » ou plus « récemment », « Hurricane Carter« . Le réalisateur, aujourd’hui en retraite, nous laisse une œuvre de vingt-quatre films que l’on va se faire un plaisir de découvrir ou redécouvrir.

Découvrir un film de Norman Jewison est donc toujours une bonne nouvelle qu’on a hâte de voir. Dans ses films cultes qu’il manquait à l’appel aujourd’hui, on s’arrête sur « Le Kid de Cincinnati« , troisième film du réalisateur. Excellent moment de cinéma, Norman Jewison nous entraîne dans un film bien plus brillant et intelligent qu’il n’y parait. Un film qui tourne autour du poker, qui offre un duel tendu et surtout qui est porté par un Steve McQueen charismatique. Bref, encore une petite merveille de la part d’un réalisateur qui a décidément tout compris.

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Eric Stoner est un brillant joueur de poker. Ici, à Cincinnati, il est surnommé le Kid et se révèle de loin être le meilleur joueur de la ville. De passage en ville, Lance Howard est le joueur invaincu. Connu de tous, il est surnommé le maître. Un ami et joueur du Kid, le Tireur, organise alors une rencontre entre les deux joueurs. Une partie qui s’annonce tendue dont personne ne peut véritablement en assurer l’issue. Mais si jamais le Kid gagne, il entrera dans « la cour des grands ».

Plus qu’un simple film sur le poker, Norman Jewison réalise un drame intime qui dénonce sans lourdeur l’accoutumance au jeu. Soutenu par un scénario brillant, « Le Kid de Cincinnati » est donc une belle descente dans l’univers du jeu. Mais ce qui le différencie des autres films, c’est la subtilité avec laquelle il va peindre la dépendance de ses personnages. Norman Jewison n’est pas dans la dénonciation, il ne va pas peindre des personnages en souffrance permanente. Il évite ce piège, même si dans le fond, c’est ça. « Le Kid de Cincinnati » est plus nuancé et c’est entre le plaisir, l’adrénaline, les prises de risque et les conséquences que son film et ce constat prennent fond. Et c’est de manière magistrale qu’il faudra attendre le générique pour prendre toute la dimension de l’intelligence du scénario de Jewison.

Derrière le drame génial de ce film, derrière ce qu’il dit sur le jeu, Norman Jewison n’a pas oublié de faire un film divertissant et haletant. Ici, son film et le parcours de son personnage sont très bons à suivre. Norman Jewison met des éléments en place pour nous emmener vers cette partie finale qui sera intensive comme on en avait envie. Suspens, frémissement et tension sont au programme. Ce qui est très bien aussi, c’est que le réalisateur met si bien en scène cette partie, comme le reste de son film, qu’on n’a pas besoin d’être un crack au poker pour être captivé et pris dedans.

Puis enfin, on ne peut pas aborder « Le Kid de Cincinnati » sans parler du charisme incroyable de Steve McQueen qui marque ici sa première collaboration avec Norman Jewison. L’acteur est génial, joue beaucoup avec son regard. Il communique beaucoup avec nous dans les silences, il arrive à nous faire ressentir la moindre de ses émotions, et même si le film est brillamment écrit et mis en scène, il doit beaucoup à McQueen. D’ailleurs, on ne peut trop imaginer le film sans lui. Ou sans Edward G. Robinson, dit le maître, qui met du temps avant d’apparaître, mais une fois présent, il s’offre une confrontation magistrale avec le Kid. Le film est aussi peuplé de seconds rôles que le réalisateur et les acteurs font vraiment exister. On pense à Karl Malden, dit le Tireur. Tuesday Weld et Ann-Margret, qui en plus d’apporter du glamour, trouvent deux personnages intéressants qui permettent aussi d’aborder les femmes de cette époque. Puis il y a la lady fingers, Joan Blondell, qui est personnellement un très gros coup de cœur. Drôle, naturelle, la comédienne est géniale.

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Une fois encore, Norman Jewison nous fait passer un très bon moment de cinéma et l’on comprend aisément que « Le Kid de Cincinnati » jouisse d’une aussi belle réputation, car il le mérite amplement.

Note : 18,5/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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