mars 3, 2021

Scintilla

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De : Billy O’Brien

Avec John Lynch, Morjana Alaoui, Craig Conway, Antonia Thomas

Année: 2014

Pays: Angleterre

Genre: Science-Fiction, Horreur

Résumé :

Une équipe de mercenaires surentraînée est engagée pour une mission secrète, au sein d’une ancienne station de l’Etat soviétique. Leur tâche consiste à protéger des spécimens hybrides: humains et extraterrestres. Ils ne sont pas les seuls à bord…

Avis :

C’est en 2005 qu’un petit film d’horreur d’origine britannique fait son petit effet dans plusieurs festivals et trouve rapidement la case dvd dans notre pays. Isolation était un pur film de flippe se déroulant dans la campagne irlandaise avec pour sujet une vache mutante qui commençait à bouffer tout le monde. Si le sujet prête à rire à la lecture du synopsis, le traitement intelligent de Billy O’Brien, implantant son film dans une critique acerbe de la mal bouffe, des OGM et des manipulations génétiques pour améliorer les rendements, a fait de ce métrage une réussite. Jusqu’à la mise en scène soignée, qui faisait penser au Alien, le Huitième Passager de Ridley Scott dans cette volonté de ne jamais montrer entièrement le monstre. Mais que s’est-il passé ensuite pour le réalisateur ? On se pose encore la question quand on jette un œil à sa filmographie bien maigre qui n’a jamais décollé après ce premier succès.

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C’est en 2011 qui signe un petit retour avec un téléfilm pour la saga Man Eaters, Ferocious Planet, un titre qui veut tout dire quant à la qualité intrinsèque du film et qui s’inscrit dans une collection franchement pas reluisante. Néanmoins, cela signait le retour d’un garçon intéressant derrière la caméra et c’est trois ans plus tard qu’il signe, encore une fois en toute discrétion, Scintilla, un film mélangeant SF et horreur et s’inscrivant dans une ambiance guerre froide futuriste. Le marché du film d’horreur étant au point mort en ce moment, il était donc intéressant de jeter un coup d’œil à la nouvelle œuvre de Billy O’Brien qui a bien du mal à transformer son essai avec un Isolation réussi. Et ce ne sera pas avec Scintilla qu’il arrivera à sortir de l’ombre, car il s’agit là d’un film fauché, guère intéressant et au pitch complètement ravagé.

Le film prend place dans un environnement hostile, froid et désolé. D’entrée de jeu Billy O’Brien veut montrer que son film sera quelque chose d’austère, cachant un mystère effroyable. Seulement, l’aspect taiseux et énigmatique ne marche pas, la faute à des plans qui ne fonctionnent pas, se voulant bien trop contemplatif et pas forcément nécessaire. Quant à l’aspect fauché, il éclate au grand jour dès le départ, avec un éclairage minimal et une mise en scène sobre, mais à l’image granuleuse et grisonnante. A partir de là, le film essaye de prendre une autre tournure pour s’appuyer sur le film d’infiltration ainsi que vers un aspect science-fiction peu intéressant, la faute à un scénario indigent et presque insultant. En effet, Billy O’Brien n’arrivera jamais à donner à son film un rythme relativement énergique pour accrocher le spectateur et lui faire sentir les changements de genre. Il faut dire que l’aspect « amateur » et fauché du film ne permet pas une immersion totale et lorsque le principal enjeu du film arrive, on reste dubitatif sur les raisons d’un tel film.

Car le film n’arrive jamais à tenir sur la longueur, offrant un pitch décevant et complètement barré. On va se retrouver au milieu de manipulations génétiques par l’armée russe pour créer des êtres hybrides grâce à une roche tombée de l’espace. Et derrière la dénonciation des scientifiques qui œuvrent sur des patients humains, le film essaye désespérément de parler de l’humain face à l’inconnu et du rapport qu’il peut avoir avec une créature supérieur. Malheureusement, encore une fois, le manque de budget se fait terriblement sentir, jusqu’à des effets visuels désuets et inintéressants (les yeux de la créature en CGI sont affreux) qui finalement desservent le film. Mais le pire dans tout ça, c’est quand le film veut se concentrer sur un dérapage horrifique et n’arrive jamais à proposer une vraie leçon de cinéma. Si Isolation était une réussite dans l’aspect glauque et gore sans jamais réellement montrer les choses, Scintilla n’est qu’une succession d’effets gorasses qui plus mauvais effet à cause d’une mauvaise gestion des effets spéciaux et surtout, d’un manque  d’idées dans la mise en scène. Et c’est bien là tout le problème avec Scintilla qui n’arrive jamais à dépasser son statut de série B, voire Z, se prenant trop au sérieux et ne bénéficiant pas du budget nécessaire pour faire un film au croisement de la SF et de l’horreur avec une mise en scène ingénieuse.

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Au final, Scintilla est un mauvais film et signe un peu l’arrêt de Billy O’Brien qui n’aura connu qu’un certain succès avec son premier film mettant en scène une vache carnivore. Ce troisième film demeure bien trop ambitieux malgré le scénario indigent et manque cruellement d’idées de mise en scène, se révélant insipide et ennuyeux à cause d’un traitement trop auteurisant alors qu’il possède un pitch stupide. Bref, Scintilla est une déception, un film mal foutu et qui ne mérite pas vraiment que l’on s’y attarde.

Note : 04/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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