décembre 5, 2020

Le Temps des Aveux

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De : Régis Wargnier

Avec Raphaël Personnaz, Kompheak Phoeung, Olivier Gourmet, Thanet Thorn

Année: 2014

Pays: France, Belgique, Cambodge

Genre: Drame

Résumé:

Cambodge, 1971.
Alors qu’il travaille à la restauration des temples d’Angkor, François Bizot, ethnologue français, est capturé par les Khmers rouges. Détenu dans un camp perdu dans la jungle, Bizot est accusé d’être un espion de la CIA. Sa seule chance de salut, convaincre Douch, le jeune chef du camp, de son innocence. Tandis que le français découvre la réalité de l’embrigadement des Khmers rouges, se construit entre le prisonnier et son geôlier un lien indéfinissable…

Avis

Régis Wargnier fait partie de ce cercle de réalisateurs français, un peu comme Jeunet, Annaud ou Rappenau, qui prennent leur temps pour réaliser un film. Un peu comme Jeunet et Annaud, Régis Wargnier est attendu. Il faut dire que le réalisateur a fait peu de faux pas dans sa carrière offrant d’excellents moments de cinéma. On se souvient bien entendu d’ »Indochine« , mais aussi d’ »Une femme française« , « Est-Ouest » ou encore de « Man to Man« . Bref, le réalisateur s’est imposé comme une valeur sûre du cinéma français en très peu de films (neuf films en trente ans).

Aujourd’hui, on va revenir sur le dernier film du réalisateur. Sorti en 2014, « Le temps des aveux » est un film qui est passé relativement inaperçu, malgré un super sujet et une bande-annonce qui donne bien envie. Distribué dans peu de cinéma, le film de Wargnier est vraiment intéressant, mais il manque de souffle, de vie et de sentiments. Et c’est dommage, car il ne lui manque vraiment que ça pour être un grand film.

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Cambodge 1971. François Bizot est ethnologue. Français, il s’est installé au Cambodge il y a cinq ans. Il vit avec Néang, avec laquelle il a eu une fille. Un matin, il se fait arrêter par les Khmers rouges qui le jugent comme un espion pour le compte de la CIA. Prisonnier, s’il veut retrouver la liberté, il doit convaincre Douch, un jeune chef de camp idéaliste, qu’il est innocent.

« Le temps des aveux » est typiquement le genre de film qui s’avère très intéressant, aussi bien dans l’histoire qu’il va nous raconter que dans l’instruction en générale qu’il apporte. Régis Wargnier a choisi de raconter la révolution cambodgienne menée par les Khmers rouges. Ce pan de l’histoire cambodgienne est un sujet qui n’a pas été souvent traité au cinéma et c’est l’occasion, en plus d’aller voir un bon film, d’en apprendre un peu plus sur l’histoire d’un pays. On était donc ravi de l’initiative de Régis Wargnier, qui en plus, n’inventera pas une fiction, mais appuiera son film avec des personnages ayant vraiment existé. On sera donc plus du côté du biopic avec comme une guerre qui instaurera une dictature.

Inspiré de faits réels, Régis Wargnier va nous raconter en détail l’enfer qu’a subi un homme parmi tant d’autres. Accusé à tort d’espionnage, ce sera à lui de convaincre ses « ravisseurs » du contraire s’il veut avoir la vie sauve. Le film va petit à petit installer une relation ambiguë et fascinante (pour les personnages) entre le captif et le chef du camp. Avec cette relation, Régis Wargnier en profite pour aborder les abus du régime des Khmers rouges qui jugeait ses prisonniers à la va-vite. Le film abordera aussi le règlement de régimes, la vision de celui-ci ou encore la hiérarchie. Il aborde l’idéalisme, l’envie d’un autre pays, d’un changement, d’une révolution. Alors dans un sens, « le temps des aveux » est un film riche, qui respire le travail de documentation fait en amont du tournage. C’est avec plaisir et ambiguïté que Wargnier ne juge aucun de ses personnages. Le réalisateur ne fait que relater des faits, il les filme et nous les expose, sans nous dire si telle ou telle chose est bien ou mal. D’ailleurs, c’est avec étonnement qu’on regarde un film sur une guerre sans y entendre un coup de feu ou assister à une exécution. Dans ce film, tout est fait hors champs, tout est suggéré. Et c’est de manière intelligente que tout laisse planer un petit doute. Bref, de ce point de vue-là, le film de Régis Wargnier est vraiment très intéressant et ira bien plus loin que ce que sa bande-annonce ne laissait présager. On y ira même dire que « Le temps des aveux » est une réussite de ce côté-là.

Mais voilà, si ce côté est parfaitement mené, on restera quelque peu déçu par les relations entre le bourreau et son captif. Cette relation qui est faite d’ambiguïtés, de nuances et de fascination, est aussi une relation dans laquelle il manque un souffle, une vie, une dureté, une souffrance, un affrontement. Quand on découvre le film, même si c’est très bien filmé, que les acteurs jouent bien, il manque vraiment quelque chose pour emmener vraiment le spectateur. Et ce qui peut être dérangeant, c’est lorsque l’on regarde le personnage joué par Raphaël Personnaz, on n’a pas vraiment l’impression qu’il désire retrouver sa liberté à tout prix. On a l’impression que les éléments glissent sur lui ou sur son bourreau. Sans tomber dans un drame larmoyant, Wargnier est plus intelligent que ça, on aurait aimé une relation plus sombre, plus dure encore et plus violente même. À aucun moment par exemple, et cela même si Raphaël Personnaz est très bon, on ne peut dire qu’on a peur pour son personnage. On sait ce qui va lui arriver et finalement, on ne frissonne pas, et comme son personnage, on est intéressé, intrigué au départ, puis après, on finit par attendre que ça se passe, tout en gardant l’espoir. Il n’y a donc pas de tension, de suspens… Et c’est ce qu’il manque à ce film pour être génial. On a l’impression que Régis Wargnier reste dans les clous et ne prend aucun risque pour secouer son spectateur. C’est vraiment dommage, car hormis ceci, les acteurs sont convaincants, la reconstitution et les décors sont beaux, et il y a la beauté du Cambodge.

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On est donc partagé avec « Le temps des aveux« . Régis Wargnier déçoit quelque peu, tout en offrant un bon film. Un film intéressant à plusieurs niveaux, mais qui malheureusement reste trop linéaire et conventionnel pour passionner. Et l’on attendait que ça, d’être passionné.

Note : 13/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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