Zoo – James Patterson et Michael Ledwidge

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Auteurs : James Patterson et Michael Ledwidge

Editeur : L’Archipel

Genre : Thriller

Résumé :

À Los Angeles, deux lions dévorent leur gardien. Dans l’État de New York, des chasseurs sont tués par des ours bruns. En Inde, un éléphant piétine à mort son cornac…
Partout, les bêtes, sauvages et domestiques, se montrent brusquement d’une agressivité inouïe à l’encontre d’une espèce bien particulière : l’homme.
Seul Jackson Oz, docteur en biologie à l’université de Californie, a conscience de la menace : l’humanité court à sa perte. Bientôt la Terre ne sera plus qu’un vaste zoo sans cages, dont les animaux auront pris le contrôle.

Avis :

Si l’homme se retrouve en haut de la chaîne alimentaire grâce sa pseudo-intelligence, sa place est souvent mise à mal dans des fictions qui les confrontent à des prédateurs naturels. Cette propension à retourner l’équilibre des forces naturelles a même donné un genre particulièrement prisé par les cinéphiles amateurs de séries B, le survival animalier. On associe moins facilement le règne animal comme cause principale d’une apocalypse en devenir. La chose est désormais rectifiée avec Zoo, nouvelle collaboration entre James Patterson et Michael Ledwidge.

Loin des nombreux polars et autres thrillers que le duo offre habituellement, l’histoire lorgne du côté du fantastique et éventuellement de l’horreur dans ses intentions. Grossièrement, Zoo s’accapare ce qui fait l’attrait premier du survival animalier (à savoir, une bête qui s’en prend à l’homme) en le globalisant à l’échelle planétaire pour n’épargner personne. Cela reste très schématique, car Zoo fait montre d’une intrigue beaucoup plus travaillée et plausible qu’à l’accoutumée. Le domaine étant malheureusement trop pourvu en productions de seconde zone et les références du genre en littérature sont très rares (Peter Benchley…).

Aussi, le récit s’apparente davantage à un thriller d’anticipation avec une bonne dose de réalisme et d’arguments à l’appui pour étayer ses propos. On nous offre un voyage autour du globe assez éclectique (Botswana, États-Unis, Russie…) qui permet de se faire une idée générale de l’ampleur du « problème ». Un tour d’horizon bienvenu et néanmoins trop furtif. Car Zoo est ambitieux ; peut-être un peu trop pour un unique livre. Le sujet, les conséquences à l’échelle mondiale, ainsi que les enjeux auraient mérité un traitement plus approfondi. Pas forcément en géopolitique (ce qu’il tente discrètement, çà et là), mais sur les conséquences d’un tel phénomène.

Bien sûr, la structure générale est enlevée, le suspense entretenu comme il se doit et les situations assez variées dans l’ensemble. Seulement, on a l’impression de survoler les événements sans vraiment s’y impliquer. On a beau multiplier les points de vue (les chapitres concernant uniquement les animaux sont originaux et appropriés), jouer sur un ordre temporel assez large (on peut scinder l’intrigue en deux parties distinctes séparées par 5 années), c’est comme si on nous offrait une synthèse accélérée de faits potentiellement envisageables, rien de plus. En dehors d’un catastrophisme clairement établi, l’atmosphère demeure assez froide et détachée, pour ne pas dire indifférente et fataliste.

Une approche sujette à discussion qui n’enlève rien à la qualité de l’ensemble, mais qui nuance les émotions suscitées et les idées véhiculées. Fort heureusement, on ne se retrouve pas dans un pamphlet pro-écologiste qui prend le pas sur l’histoire. Les réalités scientifiques sont respectées et les justifications trouvées s’avèrent aussi singulières que plausibles. En cela, la construction du livre laisse à penser à une enquête policière minutieuse où il faut déceler les causes et cerner les comportements anormaux pour mieux coincer le coupable. Le passif des deux écrivains n’est sans doute pas étranger à un tel traitement.

Au final, Zoo fait figure d’exception dans la bibliographie de James Patterson et Michael Ledwidge. En délaissant le polar (notamment, la série Michael Bennett), les deux auteurs détournent avec une certaine habileté les codes du survival animalier au profit d’un thriller d’anticipation réussi dans son ensemble. Rythme excellent, trame convaincante, suspense de rigueur, Zoo a tout pour être un ouvrage indispensable si ce n’est qu’il lui manque une atmosphère plus percutante. La faute à des ambitions à moitié atteintes et des événements trop nombreux et succincts pour impliquer le lecteur autrement qu’au stade de témoin passif. Il n’en reste pas moins un bon livre qui propose une fin du monde plus réaliste, nuancée et originale qu’une épidémie de zombies ou une invasion extraterrestre.

Note : 14/20

Par Dante

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