Les Mille et une Nuits

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Titre Original : Arabian Nights

De : John Rawlins

Avec John Hall, Sabu, Maria Montez

Année : 1942

Pays : Etats-Unis

Genre : Aventure

Résumé :

Kamar al-Shaman blesse son jeune frère, le calife Harun al-Rashid, lors de sa tentative de prendre le trône de Bagdad. En fuite, ce dernier se réfugie dans la troupe de la belle Schéhérazade, fort convoitée. Il est pris sous la protection d’un jeune acrobate, Ali Ben Ali. Mais la petite troupe, composée entre autres de Sindbad de retour de ses voyages et d’Aladin en manque de lampe magique, est vendue par le vizir Nadan. Les membres de la troupe deviennent ses esclaves.

Avis :

Il fut un temps, lointain, où le cinéma hollywoodien savait être grandiloquent sans pour autant aligner deux mutants et trois super-héros. Pour faire rêver son public, les scénaristes puisaient leurs idées dans la littérature classique, véritable chaudron magique de conte de fées et d’histoires épiques permettant de rendre le cinéma comme une hallucination collective. Et quoi de mieux que les Mille et une Nuits pour faire rêver et enchanter son public, alors demandeur de divertissement et de grande aventure. C’est en 1942 que surgit l’une des premières adaptations cinématographiques du célèbre livre sous la houlette de John Rawlins avec Sabu, un acteur qui connaîtra une certaine notoriété, notamment pour son rôle dans Le Livre de la Jungle, bien avant le dessin animé de Disney.

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Mais revenons à nos moutons et aux Mille et une Nuits. Recueil de contes fascinant et intemporel, il est difficile de choisir une histoire parmi tant de beaux contes. C’est alors que John Rawlins choisit de narrer les mésaventures du roi Harun Al-Rashid, alors laissé pour mort par son propre frère, cupide et voulant le trône de Bagdad, et qui sera sauver par une troupe de cirque composée de Sindbad, Aladin et Ali Ben Ali ainsi que la belle Schéhérazade, alors promise à une place de reine par une prophétie. S’éloignant volontairement des histoires les plus connus, John Rawlins va réaliser un film familial intéressant, qui garde aujourd’hui un charme fou et qui assume son statut de grand film spectacle.

D’entrée de jeu, le film impose ses enjeux dramatiques en la présence d’un frère maléfique qui veut se venger et d’un conseiller qui ne semble pas innocent dans l’affaire. En parallèle, on va voir une troupe de cirque qui amuse la populace avec des acrobaties et la danse sensuelle de Shéhérazade. Dès le départ, le scénario indique clairement son manichéisme et cette volonté de faire quelque chose de simple, mais de relativement grandiloquent. En effet, le film n’hésite pas à montrer des cascades dangereuses et à fournir une mise en scène ingénieuse, montrant des décors gigantesques sur fond de Map Painting relativement bien mis en avant. John Rawlins manie la caméra comme personne et a toujours le bon goût de trouver un angle inédit pour filmer certaines scènes, offrant de grands décors en plein air, mais aussi des intérieurs somptueux. Il trouvera même des jeux de lumière intéressants suivant les péripéties, comme au tout début, où le rouge chaleureux baigne l’atmosphère bon enfant du spectacle et le bleu nuit masque la tentative d’assassinat du prince. Même si certains effets ont vieilli, cela donne un véritable charme au métrage qui reste aujourd’hui parfaitement regardable et totalement divertissant.

Divertissant dans le sens où le film se veut familial et trouve toujours le juste équilibre entre humour et moments plus rudes. A titre d’exemple, toute la petite troupe se retrouve dans une vente aux esclaves et le moment est assez difficile, avec des allusions parfois sexuelles sur la vente des femmes et une surenchère de machisme. Sauf que durant la bagarre, le réalisateur a le bon goût de donner dans un humour parfois caustique mais très souvent bon enfant, comme cet homme qui assomme des ennemis avec son venter et un son particulier. Il y a comme de l’Uderzo et du Goscinny derrière ces bastons qui sont plus un trait d’humour qu’un véritable enjeu dramatique. On retrouvera cet humour dans d’autres situations loufoques du film, comme lorsque Sabu se retrouve au milieu d’un harem. Mais cet aspect ne déborde pas sur la dramaturgie de l’histoire et le romantisme qui s’en dégage. Au-delà de la comédie d’aventure, le film est aussi une histoire d’amour passionnante entre une jeune femme détestable au départ, mais qui trouve un amour inconditionnel envers un homme qui n’est pas celui qu’il prétend être. On se retrouve donc devant une vraie romance, une histoire où seul l’amour du cœur compte. Tout cela sans nous le rabâcher des dizaines de fois pour appuyer un propos simple qui n’en a pas besoin, à mille lieues de ce que l’on nous propose maintenant.

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Au final, Les Mille et une Nuits demeure un excellent film doublé d’un très bon divertissement familial. Relativement épique dans sa volonté d’enchaîner les péripéties, le film se veut aussi dramatique dans ce fratricide que romantique dans cette histoire d’amour pure et simple. Le seul point faible serait ce White Washing, ce procédé qui vise à remplacer des acteurs arabes par des acteurs blancs, supposés plus bankable. Cela reste anecdotique, surtout pour l’époque, mais il est plus choquant de voir des acteurs blancs plein de maquillage que des acteurs au naturel. Bref, un film fort recommandable qui vient de sortir dans un formidable Bluray chez Elephant Films et qu’il serait dommage de passer à côté.

Note : 15/20

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Par AqME

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