Prick Up Your Ears

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De : Stephen Frears

Avec Gary Oldman, Alfred Molina, Vanessa Redgrave, Frances Barber

Année: 1987

Pays: Angleterre

Genre: Biopic

Résumé:

Lorsque la police découvre les corps du célèbre dramaturge Joe Orton et de son amant, l’agent littéraire d’Orton récupère le journal de l’écrivain. Plusieurs années après, un homme qui souhaite écrire la biographie d’Orton met la main sur le journal. Il y découvre le récit tourmenté des débuts difficiles du dramaturge et de sa relation passionnelle avec son amant, puis des années de gloire…

Avis :

Stephen Frears est un réalisateur britannique qui vient d’être remarqué avec son précédent film, le très beau « My Beautiful Laundrette« , un film qui suit l’histoire d’amour entre un jeune anglais paumé et un jeune Pakistanais. Alors que le réalisateur a déjà une belle carrière derrière lui, le succès du film lui ouvre de nouvelles portes et avant de cartonner avec son adaptation des « Liaisons dangereuses« , il va réaliser « Prick Up Your Ears« , un film qui sera mainte fois récompensé.

Pour ce film, Stephen Frears a décidé de se lancer dans le biopic et ainsi nous raconter en grande partie la vie bohème du dramaturge anglais John Kingsley Orton, connu son le nom de Joe Orton, un dramaturge assassiné par son amant alors qu’il était en pleine ascension. Donc, après les amours entre Daniel-Day Lewis et Gordon Warnecke, Stephen Frears réitère et nous raconte cette fois-ci la relation passionnée et tumultueuse en Gary Oldman et Alfred Molina dans un film sombre, tragique et vraiment intéressant.

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Joe Orton est un jeune auteur à succès. Ses pièces sont toutes plébiscitées par la presse et le public. Mais son succès s’arrête tragiquement par sa mort. À trente-quatre ans, Joe meurt sous les coups de son amant, auteur et comédien raté jaloux de son succès. Quelques années après le drame, l’agent de Joe décide de publier une biographie vérité de l’auteur. Avec un écrivain, elle replonge alors dans la vie de Joe. De son adolescence à la campagne où il passait le concours de secrétariat au Londres qui l’adule en passant par sa rencontre avec Kenneth Halliwell son ami, son amant, sans oublier les confessions débridées de Joe sur sa vie sexuelle très active dans une Angleterre qui punit encore de prison l’homosexualité, l’agent de Joe va découvrir une vie très riche.

Stephen Frears est un immense réalisateur anglais, dont je connais que trop peu le début de carrière. Tout est donc prétexte à découvrir ses premiers films et après le très beau « The Hit » et l’excellent « My Beautiful Laundrette« , c’est au tour du coquin « Prick Up Your Ears » (le titre dans un argot anglais veut dire « Bite dressé »…) dont j’ignorais l’existence et qui fut une très belle surprise.

Plus qu’un biopic, c’est avec tout un drame humain bouleversant que nous raconte Stephen Frears. D’une tranche de vie que nous racontent certains témoins pour la future biographie sur l’auteur assassiné, Stephen Frears va s’évertuer à dresser le portrait d’un couple dysfonctionnel, aussi soudé que séparé. Si bien entendu le film suit en permanence le personnage de Joe Orton, on ne pourrait nier le fait que le film parlera aussi bien d’Orton que de son compagnon et c’est ensemble qu’ils avancent.

Ce qui est assez surprenant dans le film de Frears, c’est le côté tendu qu’il dégage. Après la rencontre, après les premières années de sourires et de complicité, le film s’assombrit peu à peu et comme la fin est connue d’avance, on reste tendu et mal à l’aise en suivant les personnages et particulièrement celui de Joe qui bouffe littéralement la vie, allant vers sa morts. Stephen Frears arrive à installer un suspens qui sera presque insoutenable au fur et à mesure qu’on s’approche de la fin. « Prick up … » est un film très riche dans son scénario, car hormis le fait qu’il nous raconte l’ascension de son auteur, Stephen Frears, grâce à un scénario astucieux, en profite pour aborder une foule de thèmes dont le principal qui en ressorte est l’homosexualité dans l’Angleterre des années 60. Comment elle était vue, vécue et cachée. Le réalisateur, avec un regard pudique, arrive tout de même à très bien nous la décrire, ne masquant pas une certaine réalité (lieu de drague, couple libre, sexualité débridée). « Prick up … »  est aussi l’histoire d’un couple qui finit par s’autodétruire. Ainsi, Stephen Frears en profite pour analyser le couple, l’amour, ce qui unit, le regard que porte l’autre sur son compagnon, l’envie qu’il réussisse tout en étant rongé de l’intérieur face à son propre échec. Le scénario ira même plus loin, analysant l’ambition, la gloire, l’envie et surtout la jalousie. Une jalousie qui coûtera la vie aux deux protagonistes. Cette jalousie qui rendra inoubliable sa victime, fauchée en pleine gloire.

Le film est tenu par deux jeunes acteurs qu’on ne présente plus aujourd’hui, Gary Oldman et Alfred Molina, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils crèvent l’écran tous les deux. Gary Oldman est génial et très touchant dans le rôle de ce jeune auteur qui bouffe la vie. L’acteur est complétement dans son personnage, tour à tour magnétique, agaçant, car un poil prétentieux, ou très touchant, on s’attache au personnage, à sa liberté, à son naturel et c’est ce qui le rendra encore plus touchant au moment de sa mort. Alfred Molina est tout aussi génial, mais dans un tout autre registre. On ira même jusqu’à dire que le rôle qu’il tient là est plus complexe, puisque Molina trouve un personnage étrange. Un personnage qui dérange, qui ferait presque malsain. Un personnage en dehors du temps, plein de tocs et de névroses. Un personnage qui est d’autant plus renforcé grâce au physique et la gueule atypique d’Alfred Molina. Puis enfin, pour les accompagner, on retrouvera d’autres acteurs qu’on aime beaucoup (Vanessa Redgrave, Julie Walters, Wallace Shawn ou encore Lindsay Duncan) et qui seront justes dans leurs rôles.

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« Prick Up … » est donc une très belle surprise. Stephen Frears s’aventure dans le biopic et il s’en sort avec les honneurs, offrant un film riche, complexe, qui porte un beau et dur regard sur cette relation faite d’amour et de haine. « Prick Up … » est aussi un film porté par deux comédiens extraordinaires qu’on découvre dans des rôles inhabituels et tout comme leur réalisateur, ils assurent.

Note : 16/20

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Par Cinéted

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