octobre 29, 2020

Evolve

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Résumé :

Une équipe de quatre chasseurs répartis en quatre classes affrontent un monstre dans une grande zone. Le monstre peut évoluer en mangeant des créatures de la faune locale. Chaque classe comporte plusieurs personnages et différents monstres sont disponibles.

Avis :

Ayant travaillé sur Counter Strike avant de se concentrer sur Left 4 dead, Turtle Rock Studios est un spécialiste de l’action et des FPS nerveux. Des titres attrayants, voire indispensables, pour tous les amateurs de multijoueur en ligne. Car s’ils mènent à bien leurs projets, le studio chapeauté par 2K Games se focalise uniquement sur cet aspect communautaire, au grand dam des joueurs solos. Il est vrai que la plupart des jeux actuels (et particulièrement les FPS) disposent d’un multi reléguant souvent au second plan la campagne principale. Malgré la présence d’un mode solo, Evolve prend tout son sens à plusieurs. Pour les solitaires, l’intérêt du titre s’essoufflera beaucoup trop vite.

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Si le contexte de science-fiction est sympathique, l‘introduction aguicheuse, on en restera là. Pourquoi ? L’histoire est aux abonnés absents. Tout juste nous apprend-on que la conquête spatiale est devenue une réalité dans un futur plus ou moins éloigné. Cependant, l’une des colonies humaines est habitée par une faune monstrueuse tout droit sortie de visions cauchemardesques que ne renierait pas un certain Lovecraft (le kraken). Encore une fois, le point de départ est très intéressant. Seulement, il ne sera jamais développé à sa juste valeur. Pire que cela, il ne s’agira que d’un vulgaire prétexte à un défouloir brouillon dont tous les aspects tactiques seront minimisés pendant de longues heures de jeu.

On a beau avoir une arborescence des compétences, soigner son entrée en matière pour augmenter l’expérience de sa créature ou de son groupe de mercenaires, cela n’a guère d’importance quand les hostilités commencent. Dans l’ensemble, les batailles demeurent assez aisées. Dans le cas contraire, c’est la défaite garantie. Vous pouvez progresser selon un plan d’attaque préparé et élaborer des stratégies en cours de route, tout s’effondre dans le feu de l’action. Cette dernière se révèle confuse et les distances à parcourir (parfois en un temps imparti) vous assurent l’échec de votre mission. Pas forcément frustrant, car Evolve ne procure presque aucune sensation.

Malgré une planète étrangère à explorer, on se cantonne à des zones restreintes et peu vivantes. Il y a bien une faune locale, mais celle-ci n’influe guère sur votre façon de jouer. Tout juste s’agit-il d’un garde-manger ambulant quand vous incarnez un monstre. Pour le reste, on a droit à des terrains aux reliefs abrupts, de sombres forêts et des installations humaines terriblement froides et impersonnelles. Rien d’original à se mettre sous la dent. Pire que cela, le level design d’Evolve sent le réchauffé, comme si on avait déjà exploré ses contrées en d’autres circonstances. Là encore, le background est bâclé pour mieux privilégier le surréalisme et le spectaculaire. Un peu comme le ferait un blockbuster hollywoodien.

Contraste d’autant plus saisissant que le bestiaire a fait l’objet d’un soin tout particulier, pour ne pas dire exceptionnel. Goliath, Gorgone, Behemoth ou Kraken sont autant d’exemples d’une imagination débordante et débridée. La nourriture est nécessaire pour les voir évoluer sous des formes plus élaborées. Leurs compétences sont accrues, leur apparence encore plus redoutable. Chacun ayant ses spécificités propres, libres à vous de les découvrir quand vous les aurez débloquées. Pour les humains, le quatuor illustre des tronches badass assez dissemblables, mais qui véhiculent des clichés affligeants pour coller aux rôles qui leur sont alloués (soigneur, trappeur, soutien…).

De fait, la richesse sous-jacente du gameplay (les améliorations évoquent les MMOFPS ou MMORPG) ne comblera que les plus acharnés et les férus de parties en réseau. De ce côté, Evolve remplit son office avec une multitude de modes en pagailles (chasse, sauvetage, nid, défense…) et des situations propres à réjouir les joueurs les plus sociaux. L’intérêt grimpe sensiblement lorsqu’on a affaire à des intelligences bien réelles, mais les approches demeurent assez limitées. Entre les protections d’installations, les extractions de survivants ou la destruction des colonies humaines, le ton reste le même. Le travail d’équipe est primordial pour immobiliser les créatures, les désorienter et les achever. Dans le camp des monstres, tuez en priorité le soigneur. C’est aussi simple et bête que cela.

Cet aspect rejoint une durée de vie très disparate selon votre enthousiasme. Avec une campagne solo absente baptisée mode évacuation, le challenge est minime. Vous disposez de 5 parties pour asseoir votre domination sur Shear ou repartir penaud. Dans le pire des cas, une heure peut suffire à savoir si l’on accrochera à Evolve ou non. Pour les férus de FPS multijoueur ou ceux qui possèdent une tripotée d’amis sur le Net, les sessions peuvent défiler et s’étirer sur plusieurs heures avec des situations et des objectifs plus variés que les maps en elle-même (ce qui est loin d’être un gage de qualité). Pour apprécier pleinement ces parties, perfectionner ses compétences se révélera vite indispensable.

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Le plus grand défaut d’Evolve est sans doute de s’adresser à une seule catégorie de joueur. Délaissant les amateurs d’aventures solos (même une campagne de cinq heures aurait pu faire l’affaire), les développeurs se sont uniquement concentrés sur l’aspect multijoueur (en réseau, puisque le local n’est pas de rigueur). En le considérant comme tel, on pourrait le trouver fun. Pour autant, il manque cruellement d’inspiration (les contrées explorables de Shear) et ne laisse que peu de marges stratégiques au cœur de l’action. L’ensemble est souvent confus et, en compagnie d’intelligence artificielle, l’issue des affrontements n’offre que peu de retournements de situation. Derrière des subterfuges propres à privilégier une dynamique clinquante, Evolve est un jeu nerveux, mais surtout bancal. Le titre de Turtle Rock Studios a pour seul mérite de proposer un tableau de monstres réussis.

Note : 08/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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