décembre 2, 2020

1941

18941331.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

De : Steven Spielberg

Avec Dan Aykroyd, Ned Beatty, John Belushi, Nancy Allen

Année: 1980

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie

Résumé:

En 1941, alors que les Américains décident d’entrer en guerre, un sous-marin japonais fait surface au large de Los Angeles. Face à cette menace, les habitants de Hollywood tentent vainement d’organiser la résistance…

Avis:

Si la Seconde Guerre Mondiale a donné des ailes à Steven Spielberg, lui permettant avec son Il Faut Sauver le Soldat Ryan de connaître un énorme succès, dans les années 80, il avait déjà réalisé un film se déroulant sur cette même période. Mais laissant de côté le drame et l’absurdité de la guerre, il décide à cette époque de faire une comédie loufoque, détournant l’aspect dramaturgique de la guerre pour mieux critiquer un système en déroute complet et se moquer allègrement des gens de Hollywood, si superficiels et si imbéciles. Car malgré son titre accrocheur, 1941 est une comédie complètement folle sur un fait divers inventé pour l’occasion, montrant les incompétences notoires des soldats pour protéger un immense pays alors que l’ennemi demeure visible et seul. Mais si c’est Spielberg qui est derrière la caméra, tout n’est pas parfait et on retiendra surtout l’hystérie collective du métrage et l’absence d’enjeux vraiment forts.

18941326.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Le principal attrait de 1941, c’est de détourner la guerre de son premier aspect, l’horreur et la violence, pour en faire une comédie loufoque, barrée, mais qui garde un certain cynisme envers un système en totale roue libre. Comme le disait Clémenceau, cette guerre est trop importante pour la laisser à des militaires, sous-entendant qu’ils sont trop stupides pour établir une stratégie. Et il faut croire que c’est ce qui a motivé Spielberg pour faire ce film, qui demeure très intéressant dans les grandes lignes et dans cette volonté indéfectible de tourner le soldat en dérision, le présentant comme un queutard incompétent. On notera que le réalisateur n’y va pas de main morte, et présente chaque personnage comme soit un imbécile, soit quelqu’un de très spécial, d’original, et qui n’a rien à faire sur un champ de bataille. Mais l’armée n’est pas la chose institution à en prendre plein la gueule. En effet, Spielberg en profite aussi pour se moquer allègrement des gens qui ne se sont pas lancés dans le charnier. On y retrouve une famille qui accepte de poser un canon longue portée chez eux, mais aussi des filles qui doivent danser pour les soldats et qui s’en donnent à cœur joie, dans l’espoir de dégoter un mari. L’aspect superficiel est très bien rendu, rentrant parfaitement dans les clichés véhiculés par Hollywood et consorts.

Le seul problème dans ce film, et il est majeur, c’est qu’il manque cruellement du liant entre chaque scène. Voulant à tout prix rester dans une sorte d’hystérie collective, le film part souvent en eau de boudin et le spectateur aura bien du mal à suivre certaines actions, ou tout du moins la nécessité de certaines séquences. A titre d’exemple, on peut citer la maladie de cette jeune femme qui ne prend son pied que lorsqu’elle fait l’amour dans un avion en plein vol. Si c’est plutôt drôle au départ, la suite des évènements manque de sens et se révèle presque inutile pour la poursuite du scénario. D’ailleurs, l’histoire manque totalement d’enjeux dramatiques, car même si nous sommes dans une comédie loufoque, il n’y a pas grand-chose pour accrocher le spectateur. C’est bien simple, hormis la menace du sous-marin et l’aviateur complètement cinglé incarné par John Belushi, tout le reste demeure vide de sens, comme l’amourette entre le danseur pacifiste et une jolie jeune fille dont un militaire s’éprend. Si la volubilité est bien présente, elle bouffe trop l’écran et dépasse son sujet de base qui s’avère balancé en second plan.

Et c’est bien dommage car le film de tonton Spielberg est une tuerie sur le plan de la réalisation. Le film a beau accuser plus de 35 ans d’âge, il demeure d’une maîtrise technique hallucinante. Pour le constater, il suffit de voir cette course-poursuite en avion complètement folle dans les rues de Los Angeles, ou encore la course en moto dans une usine de peinture dont le rendu fait très cartoon, collant ainsi à cette volonté de rendre l’ensemble complètement surréaliste. D’autant plus que le cinéaste a un certain regard sur sa carrière, proposant alors une variation des Dents de la Mer au tout début du film, reprenant le score si célèbre et s’amusant à changer le requin par un immense sous-marin. C’est drôle, cela colle parfaitement à l’atmosphère déjantée du film et il aurait été bon de retrouver des séquences comme celle-ci.

18941329.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Au final, 1941 est un film sympathique, mais qui demeure en retrait dans la grande carrière du réalisateur. Si l’humour absurde est bien présent et qu’il sert brillamment à critiquer l’armée et l’intelligence de ses hommes, le film manque d’enjeux dans son histoire et le scénario oublie qu’il faut du liant entre les scènes pour proposant une véritable histoire avec un sens profond. Sans être dramatique non plus, le film mise trop sur une hystérie intempestive qui bouffe le fil rouge et les enjeux au profit d’un humour parfois douteux, parfois lourd. Bref, un film mineur dans la carrière de Steven Spielberg même s’il comporte des moments de mise en scène sublimes.

Note: 12/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.